Echopolitique

Ne pas faire de politique, c'est faire la politique de ceux qui nous imposent la leur.

Posts Tagged ‘Seguin’

En hommage à M. Allais

Posted by lolik11 sur 20 octobre, 2010

"Quelle différence y a-t-il entre les banques et les faux-monnayeurs ?" La réponse est qu'il v en a peu

Maurice Allais, grand économiste français du XXème siècle, prix Nobel d’économie en 1988 est mort la semaine dernière. Après le Général Gallois, voici un illustre français qui décède dans sa centième année. Immédiatement, la classe médiatique et politique lui a, bien entendu, rendu immédiatement un vibrant hommage, célébrant le grand intellectuel qu’il était, le grand penseur de l’économie. Mais il faut aussi se souvenir que depuis vingt ans, M.Allais avait été quasiment interdit de parole dans les médias. Que pendant vingt années, les dirigeants politiques ont fait l’exact contraire de ce qu’il défendait et pire, ont qualifié de populistes, d’extrémistes, de démagogues tous ceux qui ont repris un tant soit peu ses idées (voir la morgue de P.Lellouche et P.Moscovici contre N.Dupont-Aignan à propos de l’Euro).

A regarder de plus près, cet hommage du Vice à la Vertu est écœurant et procède davantage de la volonté d’enterrer symboliquement les idées avec l’homme. Cela avait déjà été le cas avec P.Seguin l’année dernière, dont l’enterrement aux Invalides de l’homme du « Munich social » avait réuni gravement tous ceux qui avaient clairement fait le choix de ce Munich social. Il en va de même des célébrations du Général De Gaulle qui ne sont rendues que pour bien manifester qu’il s’agit du passé, d’un passé révolu et qu’en aucun cas, l’œuvre du Général ne les guide dans le présent.

Oui mais. Car il y a toujours un mais. La réalité est différente de ce que nos politiciens ont voulu et c’est bien la pensée de Maurice Allais, de Philippe Seguin ou du Général De Gaulle qui sont les plus à même de répondre à la situation désastreuse de la France aujourd’hui. Comme l’avait prédit M. Allais, la croissance des dernières années n’était bâtie que sur des pyramides de dettes qui ont bien fini par s’écrouler. Comme il l’avait prédit aussi, sans un protectionnisme raisonné et raisonnable, nous allons assister à un dépeçage de l’industrie européenne et une grave crise des pays européens. De même que comme l’avait prédit P. Seguin, le traité de Maastrich a bien été un Munich social avec une croissance européenne de 1% sur 10 ans et surtout, un nivellement par le bas des conditions sociales en Europe. Pour le Général de Gaulle, cela est encore plus vrai. La quasi intégralité de son œuvre politique est toujours valable aujourd’hui, de l’indépendance de la France, à la position dans l’OTAN, de la situation européenne à la participation, de la modernisation de l’Etat à la politique industrielle…

Mais revenons à Maurice Allais et ses idées. Il croyait à l’économie de marché et à la concurrence comme moyen le plus efficace de produire des richesses mais qu’en aucun le libéralisme ne devait être un laisser-faire. Il prônait la libéralisation des échanges, seulement entre des pays à niveau de salaires comparables et donc à l’instauration d’un protectionnisme avec les autres pays (européens compris). Il s’opposait également à la libéralisation financière des années 90 qui a amené les banques à faire tout et à peu près n’importe quoi (surtout n’importe quoi) avec la bénédiction de tous les gouvernements. Pour lui, les banques doivent être strictement contrôlées et les pays doivent reprendre aux banques privées le droit de création monétaire. Il pensait également nécessaire d’instaurer une préférence communautaire et de revenir à l’instauration du marché commun européen avec des délais de plusieurs années pour les nouveaux venus avant de libéraliser totalement les échanges. En clair, M. Allais souhaitait un libéralisme à l’intérieur et un protectionnisme à l’extérieur, ce qui, on s’en souvient peu, était la base de la construction européenne à six avant que les britanniques et leurs idiots utiles ne transforment le marché commun en marché tout court…

Posted in Europe, le mur se rapproche | Tagué: , , , , , | Leave a Comment »

Grèce : 17 milliards jetés par la fenêtre…

Posted by echopolitique sur 6 mai, 2010

Qui prêtera au Portugal, à l'Espagne et la France pour qu'ils prêtent à la Grèce ? Et à combien ?

Qui prêtera au Portugal, à l'Espagne et la France pour qu'ils prêtent à la Grèce ? Et à combien ?

Le plan de sauvetage de la Grèce a été finalisé le week-end dernier entre l’Union Européenne, le FMI et la Grèce. Les pays européens et le FMI apporteront 110 milliards d’euros dans les 3 ans ce qui permettra à la Grèce de ne pas faire appel aux marchés financiers pendant environ 18 mois. En échange, la Grèce s’engage à mettre en place un plan d’austérité drastique qui permettra d’économiser 11 points de PIB en 3 ans. La partie française de ce plan (17 milliards sur 3 ans à 5%) a été approuvée par la grande majorité des parlementaires dans la nuit de lundi à mardi.

Comme d’habitude, dès qu’un sujet concerne l’Europe, la gauche et la droite se retrouvent dans une belle unanimité qui est bien souvent celle du renoncement. Alors bien sûr, la gauche mâtine son soutien de discours sur l’Europe sociale (dont aucun autre pays européen ne veut) tandis que la droite nous vante l’Europe qui crée de la croissance et protège (de quoi, on se le demande…), les deux n’hésitant pas à engager 1% du pib français sur trois années !  Les mêmes arguments ou plutôt les mêmes mensonges qu’en 2005 pour le TCE, qu’en 1992 pour le traité de Maastricht, qu’en 1955 pour Rome…Heureusement qu’il y avait le député Nicolas Dupont-Aignan pour faire entendre une voix dissonante à l’Assemblée Nationale en rappelant que la situation actuelle n’est que la conséquence de deux décennies d’euro, cet aventurisme de la monnaie unique comme le disait déjà Philippe Seguin en mai 1992 dans son discours pour la France, aventurisme qui privilégie l’idéologie fédéraliste sur les réalités européennes.

Le pire est que le plan de sauvetage à la Grèce et le plan d’austérité qui lui est adjoint n’auront aucun effet réel sur l’économie grecque, sauf celui de faire mourir en bonne santé ce pays. D’ailleurs, les marchés ne croient pas au package grec, en témoigne la panique à laquelle nous assistons depuis lundi. En effet, on va peut-être assurer à la Grèce le financement de sa dette pour quelque temps mais en aucun cas la Grèce n’aura la capacité de rembourser sa dette ; il ne sert à rien de vouloir éviter l’inévitable car la charge d’intérêts que devra payer chaque année ce pays sur sa dette publique, sera supérieure à sa croissance économique. Or, pour rembourser, il faut générer des rentrées financières, mais avec le plan d’austérité, on est en train de tuer le moteur interne et sans dévaluation, on ne relance pas le moteur externe. Je ne suis pas en train de dire que la Grèce doive continuer à faire la cigale mais un plan d’austérité sans dévaluation, c’est comme jeter l’argent par les fenêtres. Aucune leçon de l’Histoire n’a été retenue : Argentine dans les années 2000, crise asiatique dans les années 1990 et encore plus loin le plan Laval en 1935. La politique de déflation ne peut pas fonctionner sans dévaluation.

Mais pour qu’il y ait dévaluation, encore faudrait-il que cela soit possible. Or avec l’euro-fort dirigé par l’Allemagne, aucune chance. Les allemands sont obnubilés par la valeur de leur précieux mark devenu euro, qui est la garantie d’un niveau de retraite confortable pour un peuple vieillissant. Sauf à organiser une sortie de la Grèce de l’Euro (ou de l’Allemagne…). En attendant, les européens devront remettre au pot dans deux ans, trois ans et tant qu’une croissance forte et durable ne sera pas assurée, la crise de la dette eurolandaise se prolongera et c’est toute la zone euro qui sera attirée dans le gouffre, entrainant avec elle toute la construction européenne vers un échec historique.

Posted in Déficits, dettes publiques et faillite des Etats, Europe, le mur se rapproche | Tagué: , , , , , , , | 2 Comments »