Echopolitique

Ne pas faire de politique, c'est faire la politique de ceux qui nous imposent la leur.

Posts Tagged ‘Lagarde’

Ne rigolez pas, c’est votre pognon

Posted by lolik11 sur 8 août, 2010

Chaque jour apporte son nouveau scandale, sa nouvelle petite affaire, sa nouvelle révélation sur les pratiques de notre classe dirigeante…Une des dernières en date est assez emblématique du comportement de notre classe politique. Pour résumer la situation, le compagnon de C.Lagarde a dirigé de 2003 à 2005, le centre de promotion de l’emploi par la micro-entreprise (CPEM), une association marseillaise créée en 1994 par le maire UMP de la ville, qui a bénéficié d’un million d’euros d’aide du Fond Social Européen. Les enquêteurs anti-fraude de Bruxelles ont trouvé quelques irrégularités qui auraient du empêcher cette association de toucher cette subvention, à commencer par le fait que la mairie de Marseille soit totalement derrière cette structure ; en effet, c’est elle qui traite les dossiers et met à disposition ses salariés. Ils demandent donc le remboursement de cette subvention.

Alors nombre de commentateurs et toute l’opposition en tireront la conclusion que cela confirme que le gouvernement en place est corrompu, que ces magouilles et compagnie et continueront leur entreprise de délégitimation du Président (qui a toujours été vu comme un usurpateur par la droite chiraquienne et par les socialistes). Tout cela est peut-être vrai mais reste de la politique politicienne. Car qui croit encore que les pratiques de l’opposition sont différentes ? Il suffit de regarder celles de Désirs d’avenir qui était une association qui est devenue un parti politique puis redevenue une association ou encore les nombreuses magouilles avec les associations dans l’agglomération marseillaise. Qu’on n’aille pas nous faire croire que la droite sarkozyenne soit le Vice et que ses opposants, la Vertu.

Non, le vrai scandale dans les affaires qu’on voit actuellement est bien que les politiciens aient la possibilité de magouiller comme cela… Comment se fait-il que la Commission européenne ait des millions d’euros à distribuer par l’intermédiaire d’un fond social dont ni vous ni moi, je parie, n’ont jamais vu la couleur d’un centime ? Et après on nous dit que l’Etat est en faillite ? De l’argent, il y en a des tonnes dans les budgets de l’Etat, des collectivités publiques, de l’Europe. Il faut voir les millions, les milliards d’euros déversés dans des subventions aux associations, pour des projets, des organismes qui ne servent pas l’intérêt général mais ceux du clientélisme. Et la vraie question est de savoir comment cet argent est réellement utilisé. Car il ne faut pas oublier que les millions dont on parle sont des millions pris aux contribuables, donc à vous et moi d’une manière ou d’une autre…

Au moment où on demande des efforts à nos concitoyens, au moment où la France s’enfonce dans une rigueur qui verra des dépenses utiles supprimées mais des inutiles conservées, au moment où les français vont voir leurs impôts augmenter pour sauver un euro qui nous condamne aux délocalisations et à la désindustrialisation, les pratiques de notre classe politique doivent être bien mieux contrôlées. Et  pas seulement dans ces pratiques prétendues affaires. C’est chaque euro mal dépensé qui devrait être une affaire (comme par exemple quand on voit que SOS Racisme reçoit des subventions de l’Education Nationale, du ministère de la Jeunesse et des Sports, de la Ville de Paris, du Conseil régional d’Ile de France…) car, même si notre pays adore les impôts, il ne faut pas oublier que chaque euro dépensé par le secteur public est un euro pris aux français. Et que seul l’intérêt général doit justifier cette contrainte.

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« Si l’Olympique Lyonnais jouait un peu moins bien, les choses seraient plus faciles pour le Bayern Munich »

Posted by lolik11 sur 16 mars, 2010

Il faut tout faire pour conserver Riberi (l'euro)

Il faut tout faire pour conserver Riberi (l'euro)

C’est en ces termes footballistiques qu’a répondu le ministre allemand des Finances W.Schäuble à son homologue français, qui a jeté lundi, dans le Financial Times, un petit pavé dans la mare : « Je ne suis pas sûre que le modèle allemand soit viable à long terme et pour l’ensemble du groupe.  Clairement, l’Allemagne a fait de l’extrêmement bon travail ces dix dernières années, améliorant sa compétitivité, mettant une très forte pression sur ses coûts du travail »

L’argument de dumping social avec le coût du travail est nul et Chr.Lagarde n’a pas peur du ridicule, venant d’un pays qui n’a pas le courage de prendre les mesures qu’il faut prendre.  En somme, elle adresse trois reproches à notre voisin : L’Allemagne exporte trop, ne consomme pas assez et arrive à contenir les coûts du travail ! L’Allemagne, c’est notre Chine européenne ! Sauf que là, il n’y a pas de concurrence déloyale avec une monnaie sous-évaluée, puisque pas de chance, nous avons la même monnaie.

Sur 15 ans la hausse des salaires a été de 15% en Allemagne et de 35% en France : nous sommes les seuls à croire à la relance par consommation qui ne fait que reporter la crise sans jamais la résoudre. L’Allemagne, elle, a misé sur les investissements ; sur la même période, la productivité s’y est accrue de 1,5% l’an contre 1% en France et c’est bien la productivité qui est en cause bien plus que le différentiel de coût du travail. Résultat, la part de marché de la France dans les exportations intra-européennes a chuté de 5 points ces dix dernières années, tandis que l’Allemagne réussit à dégager un excédent commercial de 200 milliards chaque année.

Ceci étant dit, c’est vrai que le modèle mercantiliste allemand n’est pas viable à long terme dans une zone à monnaie unique puisque les excédents de balance commerciale des uns sont des déficits des autres. Mais Chr.Lagarde se trompe de combat ; d’abord parce que celui qu’elle engage n’a aucune chance d’aboutir. Le porte-parole d’A.Merkel a beau jeu de répondre « Nous ne sommes pas un pays qui décrète les salaires ou la consommation » puisque qu’en effet, l’Allemagne ne disposant pas de salaire minimum généralisé, le gouvernement peut difficilement agir sur ce levier. Ensuite parce que l’Allemagne bénéficie de l’euro qui dope ses exportations et qu’on n’imagine pas un pays interrompe ses exportations au motif de faire plaisir à ses voisins. Car c’est bien l’euro qui est en cause dans cette affaire tout comme dans les problèmes de la Grèce.

En effet, la politique monétaire de la zone euro est une politique moyenne ; elle pose donc des problèmes aux extrêmes. Un euro trop fort pour les pays qui manquent de productivité (Espagne, Grèce, Portugal, Irlande et bientôt Italie et France) qui pénalise leurs exportations et un euro trop faible pour l’Allemagne ou la Hollande, au regard  de leur productivité, qui sans l’ajustement nécessaire des changes, leur permet d’accumuler des excédents commerciaux au détriment de leurs partenaires. Bon, vous l’avez compris, pour cette raison et bien d’autres je ne suis pas très europhile. La solution ? Je me risque à donner la mienne : que l’Allemagne sorte de l’euro pour commencer. Ce ne sera pas suffisant : certes, mais ce serait peut-être la moins mauvaise de toutes les solutions.

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