Echopolitique

Ne pas faire de politique, c'est faire la politique de ceux qui nous imposent la leur.

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La Chine ou la Mort !

Posted by lolik11 sur 12 octobre, 2010

Ceci n'est plus le berceau de la civilisation européenne mais la première colonie chinois d'Europe

Il y a un peu plus d’une semaine, nous mettions en garde contre une mondialisation qui ne profiterait qu’à la Chine et sur le fait que l’Europe (ou plutôt les pays européens hors Allemagne) était en train de devenir le dindon de la guerre économique à cause de son refus d’utiliser l’arme monétaire alors que tous les autres pays y ont recours. Et bien, l’actualité vient de nous donner encore raison, la Chine a annoncé la semaine dernière, très intelligemment, qu’elle financerait la Grèce quand celle-ci reviendrait sur les marchés contre le rachat de ses ports et de sa marine marchande.

Cette annonce est très intelligente car la Chine fait par-là d’une pierre deux coups. Tout d’abord, elle fait semblant de vouloir aider la Grèce en lui apportant un financement stable et c’est à ce titre qu’elle a reçu quitus de l’Union Européenne. C’est d’autant plus agréable de faire le mécène que les dettes de la Grèce bénéficient de la garantie des membres de la zone euro (à hauteur de 440 milliards depuis mai 2010). Mais surtout, elle rachète à bon compte les seules activités grecques rentables (qui de surcroit pourraient bien faire de la Grèce, la base de distribution des produits chinois en Europe et des dans les Balkans) et en même temps, donne des garanties aux marchés financiers sur le maillon le plus faible de la zone Euro ; ceci lui assure ainsi que l’Euro va continuer à s’apprécier dans les années à venir. Le yuan restera donc encore sous-évalué par rapport à l’Euro permettant à la Chine de nous vendre ses produits toujours moins chers, de faire tourner leurs usines à plein régime et surtout, de continuer à détruire encore la compétitivité européenne, annonçant ainsi que le flux de délocalisations (avec transfert d’emplois, de richesse, de technologie…) se perpétue. En fait, la Chine, avec cette annonce s’est assurée que les pays européens continueraient leur cercle vicieux qui les mènent dans les bas fonds de l’économie et elle vers le top.

Et bien sur, la Commission Européenne a approuvé ce rachat. A se demander si les seuls Etats qui aient le droit d’intervenir dans l’économie des pays européens ne seraient pas justement les pays non-européens. La Commission Européenne est en fait tout simplement en train de brader l’Europe et ses Nations sur l’autel des dogmes européens (la Concurrence Pure et Parfaite, l’Euro fort, la Lutte contre l’Inflation, la Non-Monétisation des dettes publiques, le refus de toute Politique Industrielle…). Elle continue de refuser d’intervenir, à cause de sa sujétion à l’Allemagne, à utiliser l’arme monétaire et préfère voir nos usines partir, notre commerce extérieur mis en lambeaux par la Chine et les US mais aussi par les pays européens n’ayant pas l’euro qui laissent filer leur monnaie (Pologne, Suède, Angleterre…) et ne se lasse pas de continuer à voir le chômage augmenter en Europe. Elle refuse de protéger un minimum le marché commun, devenu le marché tout court, alors que la réciprocité n’est même pas accordée à l’Europe en terme d’accès aux marchés.

La Commission Européenne est le faux-nez du renoncement généralisé de nos élites devant l’Allemagne, les oligarchies, les pays émergents, sans même parler des renoncements culturels devant ces mêmes acteurs. Quand on voit le premier ministre chinois parader sur l’Acropole, (brossant dans le sens du poil le premier ministre Papandreou en réclamant le retour des fresques du Parthénon), berceau de la civilisation hellénique et donc européenne, on se dit que le projet européen a bien mal tourné, se résumant désormais à : La Chine ou la mort !

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Grèce : 17 milliards jetés par la fenêtre…

Posted by echopolitique sur 6 mai, 2010

Qui prêtera au Portugal, à l'Espagne et la France pour qu'ils prêtent à la Grèce ? Et à combien ?

Qui prêtera au Portugal, à l'Espagne et la France pour qu'ils prêtent à la Grèce ? Et à combien ?

Le plan de sauvetage de la Grèce a été finalisé le week-end dernier entre l’Union Européenne, le FMI et la Grèce. Les pays européens et le FMI apporteront 110 milliards d’euros dans les 3 ans ce qui permettra à la Grèce de ne pas faire appel aux marchés financiers pendant environ 18 mois. En échange, la Grèce s’engage à mettre en place un plan d’austérité drastique qui permettra d’économiser 11 points de PIB en 3 ans. La partie française de ce plan (17 milliards sur 3 ans à 5%) a été approuvée par la grande majorité des parlementaires dans la nuit de lundi à mardi.

Comme d’habitude, dès qu’un sujet concerne l’Europe, la gauche et la droite se retrouvent dans une belle unanimité qui est bien souvent celle du renoncement. Alors bien sûr, la gauche mâtine son soutien de discours sur l’Europe sociale (dont aucun autre pays européen ne veut) tandis que la droite nous vante l’Europe qui crée de la croissance et protège (de quoi, on se le demande…), les deux n’hésitant pas à engager 1% du pib français sur trois années !  Les mêmes arguments ou plutôt les mêmes mensonges qu’en 2005 pour le TCE, qu’en 1992 pour le traité de Maastricht, qu’en 1955 pour Rome…Heureusement qu’il y avait le député Nicolas Dupont-Aignan pour faire entendre une voix dissonante à l’Assemblée Nationale en rappelant que la situation actuelle n’est que la conséquence de deux décennies d’euro, cet aventurisme de la monnaie unique comme le disait déjà Philippe Seguin en mai 1992 dans son discours pour la France, aventurisme qui privilégie l’idéologie fédéraliste sur les réalités européennes.

Le pire est que le plan de sauvetage à la Grèce et le plan d’austérité qui lui est adjoint n’auront aucun effet réel sur l’économie grecque, sauf celui de faire mourir en bonne santé ce pays. D’ailleurs, les marchés ne croient pas au package grec, en témoigne la panique à laquelle nous assistons depuis lundi. En effet, on va peut-être assurer à la Grèce le financement de sa dette pour quelque temps mais en aucun cas la Grèce n’aura la capacité de rembourser sa dette ; il ne sert à rien de vouloir éviter l’inévitable car la charge d’intérêts que devra payer chaque année ce pays sur sa dette publique, sera supérieure à sa croissance économique. Or, pour rembourser, il faut générer des rentrées financières, mais avec le plan d’austérité, on est en train de tuer le moteur interne et sans dévaluation, on ne relance pas le moteur externe. Je ne suis pas en train de dire que la Grèce doive continuer à faire la cigale mais un plan d’austérité sans dévaluation, c’est comme jeter l’argent par les fenêtres. Aucune leçon de l’Histoire n’a été retenue : Argentine dans les années 2000, crise asiatique dans les années 1990 et encore plus loin le plan Laval en 1935. La politique de déflation ne peut pas fonctionner sans dévaluation.

Mais pour qu’il y ait dévaluation, encore faudrait-il que cela soit possible. Or avec l’euro-fort dirigé par l’Allemagne, aucune chance. Les allemands sont obnubilés par la valeur de leur précieux mark devenu euro, qui est la garantie d’un niveau de retraite confortable pour un peuple vieillissant. Sauf à organiser une sortie de la Grèce de l’Euro (ou de l’Allemagne…). En attendant, les européens devront remettre au pot dans deux ans, trois ans et tant qu’une croissance forte et durable ne sera pas assurée, la crise de la dette eurolandaise se prolongera et c’est toute la zone euro qui sera attirée dans le gouffre, entrainant avec elle toute la construction européenne vers un échec historique.

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A quand la sortie de la Grèce de l’euro ?

Posted by echopolitique sur 28 avril, 2010

La construction factice de l'euro se révèle à l'occasion de la crise grecque

La construction factice de l'euro se révèle à l'occasion de la crise grecque

La faillite grecque est désormais de plus en plus proche. Mais dans cette affaire, ce sont les différents retournements de l’Europe qui sont le plus inquiétants. Il y a un mois, on nous annonçait un plan de sauvetage UE-FMI qui était plutôt une garantie de dernier recours, crée pour ne pas être utilisée et qui visait seulement à rassurer les marchés sur le fait que la Grèce ne ferait pas faillite et ainsi détendre les taux d’intérêts imposés à la Grèce. Depuis, les taux grecs sont montés chaque jour, malgré les dénégations successives de l’UE (Van Rompuy déclarait encore hier « qu’il n’était pas question de restructurer sa dette » après que J-C. Trichet ait déclaré mardi « qu’il était hors de question que la Grèce ou n’importe quel autre pays de la zone euro fasse défaut sur ces emprunts ») et c’est ainsi que le 10 ans atteignait 11 % ce matin et le 2 ans près de 18% ! après dégradation hier à BB- de Standard and Poor’s de la Grèce et à A- celle du Portugal (ce qui est un racket organisé quand on sait que la BCE prête à 0,5% aux banques mais cela est un autre sujet) repoussant la Grèce dans ses derniers retranchements jusqu’à faire appel d’urgence, à ce plan UE-FMI.

On nous annonçait aussi que lorsque la Grèce y ferait appel, il n’y aurait qu’à appuyer sur un bouton pour que les fonds arrivent. La réalité est bien différente : l’Allemagne, malgré son accord de principe, ne veut toujours pas payer et désormais la France s’aligne sur la position allemande par la voix du ministre de l’Economie, C.Lagarde qui demande à ne pas être trop complaisant avec les grecs. En fait, le sort de la Grèce est suspendu aux élections régionales du 9 mai en Rhénanie et Van Rompuy nous fait un aveu d’impuissance éloquent en convoquant un sommet de l’eurogroupe le 10 mai ! Pendant que la zone euro prend feu (ce matin, l’euro a touché 1,31, le cac perd encore 2% après avoir perdu 4% hier et les banques françaises qui sont les plus exposées en termes de créances grecques perdent encore 6% après en avoir perdu autant hier), N.Sarkozy fait trois jours de tourisme en en Chine ! Il n’y a tout simplement plus de pilote dans la zone euro.

En contrepartie de cette aide, l’Allemagne (et donc désormais la France) veut que les Grecs aillent plus loin dans leurs mesures d’austérité. Ce qui est bien en soi, car le problème de fond de la Grèce est qu’elle a vécu au-dessus de ses moyens, mais cela ne réglera pas le problème. Car aucune cure d’austérité ne peut marcher si elle ne permet pas de rétablir la compétitivité économique du pays en question. La cure d’austérité actuelle permettra de rétablir peut-être un jour les finances publiques, si la rue n’a pas pris le pouvoir avant, mais en aucun cas, la Grèce ne va devenir l’Allemagne en trois mois. Donc après cette cure, les grecs seront toujours dans la même difficulté économique et dans trois mois le même problème se reposera. Dans la situation actuelle, cette mise sous perfusion de la Grèce ne sert strictement à rien et ne fera qu’organiser une aide au développement pour le pays, c’est-à-dire que les autres pays européens lui apporteront des fonds qui ne seront jamais remboursés et qui lui serviront seulement à payer les factures courantes.

La seule solution pour que la Grèce retrouve un peu d’air est qu’elle dévalue sa monnaie pour rembourser sa dette en monnaie de singe et que ses produits retrouvent leur compétitivité. C’est ce que font tous les pays du monde lorsqu’ils rencontrent de grandes difficultés…sauf ceux de la zone euro qui sont empêchés de le faire car leur monnaie est justement l’euro, enfin l’euro fort sous contrôle allemand. La seule solution pour la Grèce est qu’elle sorte de l’euro et réimprime ses drachmes pour enfin sortir de cet enfer ; cette solution ne fera pas l’économie des plans de rigueur pour la Grèce. Mais sans la dévaluation et donc la sortie de l’euro, la Grèce mourra rapidement et deviendra une province allemande qui ne vivra que des subventions et des touristes allemands si les allemands font le choix de garder la Grèce dans l’euro ou sera expulsée de la monnaie unique si les allemands ne veulent pas faire prendre le moindre risque à leur politique du Mark fort, pardon de l’euro fort…

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La force des intérêts composés

Posted by lolik11 sur 23 avril, 2010

Charles Gave nous rappelle cette évidence : si l’endettement d’un pays est voisin  de 100% de son pib et a une croissance durablement limitée à x%, alors dès que les taux d’intérêt sur sa dette dépassent ce même taux, la banqueroute est assurée.

Après un mois de crise, les emprunts d’état de la Grèce hier se rémunéraient à 8,5% et ce midi, le 1er ministre G.Papandréou a demandé l’activation du plan d’aide FMI/UE d’environ 45 milliards qui seraient prêtés à 3 ans à 5%. La dette grecque, selon les dernières estimations, s’établit à 113% du pib et pour 2010, le FMI prévoit que le pays resterait en récession, tandis que la zone euro est gratifiée d’une petite croissance de 1%. Avec un score de 5/0, ou même 5/-1, ce plan d’aide la Grèce a-t-il la moindre chance de tirer ce pays de l’ornière ? La réponse est à 14’30 de la vidéo.
Si vous voulez savoir pourquoi l’euro explosera ou pourquoi nous allons nous retrouver avec une Europe totalement dominée et asservie par l’Allemagne, poursuivez jusqu’à la fin, à peine 2 minutes et mieux, écoutez là en entier pour suivre le raisonnement limpide.

Le dernier bouquin de Charles Gave « Libéral mais pas coupable » est d’une lecture simple mais édifiante, n’hésitez pas sortez votre chaise longue au soleil et lancez-vous !

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