Echopolitique

Ne pas faire de politique, c'est faire la politique de ceux qui nous imposent la leur.

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L’Islande ou comment un petit peuple gardant sa souveraineté refuse les diktats bancaires et européens

Posted by echopolitique sur 23 avril, 2011

Les islandais ont refusé par 2 fois le diktat des banques, des autres pays européens et de leurs dirigeants...un véritable exemple pour tous ceux qui pensent qu'une Autre Politique est possible !

Nos cousins du Nord sont en train de nous donner une belle leçon de démocratie et de retour du politique dans l’indifférence totale des médias et le silence de nos élites. Et pour cause, ils font preuve d’une indépendance que nous avons volontairement abdiquée et qu’il serait cruel de nous rappeler.  Et ils nous montrent une voie pour la sortie de crise contraire à tous les dogmes européistes.

Mais revenons au commencement, en 2008, l’économie islandaise qui avait basé son développement fulgurant de la dernière décennie sur un secteur bancaire atrophié (les avoirs des banques représentaient 10 fois le PIB), est au bord de la faillite. La crise financière entraine la chute des grandes banques du pays et le pays décide de les nationaliser. Mais contrairement à celui de l’Irlande, le gouvernement choisit de ne pas les renflouer et les laisse faire faillite tout en garantissant les dépôts des seuls islandais. Le pays subit un choc très rude, la couronne se dévalue fortement (au point d’envisager d’entrer dans l’Union Européenne et l’euro), le PIB accuse un fort recul ce qui conduit le gouvernement à formuler une demande d’aide auprès du FMI et de la Russie afin de boucler les fins de mois difficiles. Après avoir passé la phase la plus aigue de la crise, le gouvernement de centre-droit est obligé de démissionner pour laisser place à une alliance de gauche.

Dans cette tourmente bancaire, bon nombre de britanniques et de néerlandais (et plus particulièrement des fonds de pension gérant leur retraite) ont perdu près de 4 milliards dans la faillite d’Icesave. Devant cela, leurs gouvernements respectifs ont garanti les fonds (en clair les ont remboursés sur le budget de l’Etat) et se sont retournés contre le gouvernement de Reykjavik pour obtenir un remboursement de l’Etat islandais. Les gouvernements  – dont le nouveau gouvernement islandais de gauche fraichement élu sur le refus du peuple de payer pour la crise des banques – se mettent d’accord sur un plan de remboursement 3,8 milliards d’euros, ce qui représente tout de même 40% du PIB islandais…pour rembourser les clients britanniques et néerlandais d’une faillite d’une banque en ligne opérant principalement à l’étranger ! Lire le reste de cette entrée »

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Le pétrole et la BCE : un mélange explosif

Posted by lolik11 sur 8 mars, 2011

Jeudi dernier, J-C.Trichet a évoqué en termes assez clairs la possibilité d’une hausse des taux d’intérêt  à partir du 7 avril prochain. « Nous signalons que nous sommes dans une situation de grande vigilance et je crois comprendre que la position du conseil des gouverneurs est qu’une hausse des taux d’intérêt lors de la prochaine réunion est possible ». Son raisonnement habituel est le suivant : en raison de la hausse du pétrole et des matières premières, les prévisions d’inflation pour l’année sont à 2,3% alors qu’il est nécessaire que les anticipations d’inflation de tous les acteurs économiques restent inférieures à 2% afin de ne pas alimenter le risque « d’effet de second tour » qui  conduit à l’augmentation des salaires qui elle, se propage à l’ensemble des prix. Sauf qu’avec 10% de taux de chômage moyen dans la zone euro, ce scenario parait fort peu réaliste. Sauf, que l’augmentation des taux d’intérêt est absolument sans effet sur l’augmentation du prix du pétrole et des matières premières.

La BCE serait-elle sous influence allemande ? C’est une explication avancée par J-M.Vittori car en Allemagne en décembre les prix  à l’importation ont augmenté de 11% en glissement annuel et l’indice général des prix de 1,7%. Et au nom de la conjuration de l’inflation allemande, la BCE y ralentirait la reprise (3,6% en 2010) en renchérissant le coût du crédit qui par ricochet ralentirait la consommation ? Pour ma part, je n’y crois pas trop.

En revanche, l’hypothèse de peser plus fermement sur les gouvernements pour les obliger à réduire leurs déficits publics en renchérissant le coût de leurs emprunts me parait plus probable, les banques s’étant refait une santé en 2010 et bénéficiant toujours d’un guichet ouvert à leur refinancement, elles seraient peu pénalisées par cette mesure.

Mais surtout, je crois J-C.Trichet absolument obsédé par sa croisade contre l’inflation, prêt à tout pour terminer son mandat avec une inflation proche de 2% et pour cela il utilise l’arme mortelle pour nos économies, l’appréciation de l’euro. Celle-ci s’obtient mécaniquement en annonçant la hausse probable des taux d’intérêt, comme il vient de le faire : l’euro est passé de 1,37$ à 1,40$ en séance aujourd’hui, son plus haut niveau depuis 4 mois. Et évidemment, l’appréciation de l’euro fait baisser la facture des produits importés, pétrole et matières premières comprises et ceci de façon instantanée, ce qui est une façon simple d’arriver à son objectif, sachant que les conséquences sur notre économie ne sont pas sont pas son problème.

Cet après-midi le baril était à 105$, en augmentation de 15% depuis le début de l’année. Si on en juge par le chaos qui s’installe au Proche-Orient comme une traînée de poudre, on ne peut en exclure une hausse rapide. Faudra-t-il laisser J-C.Trichet augmenter chaque semaine les taux d’intérêt ?

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La Chine ou la Mort !

Posted by lolik11 sur 12 octobre, 2010

Ceci n'est plus le berceau de la civilisation européenne mais la première colonie chinois d'Europe

Il y a un peu plus d’une semaine, nous mettions en garde contre une mondialisation qui ne profiterait qu’à la Chine et sur le fait que l’Europe (ou plutôt les pays européens hors Allemagne) était en train de devenir le dindon de la guerre économique à cause de son refus d’utiliser l’arme monétaire alors que tous les autres pays y ont recours. Et bien, l’actualité vient de nous donner encore raison, la Chine a annoncé la semaine dernière, très intelligemment, qu’elle financerait la Grèce quand celle-ci reviendrait sur les marchés contre le rachat de ses ports et de sa marine marchande.

Cette annonce est très intelligente car la Chine fait par-là d’une pierre deux coups. Tout d’abord, elle fait semblant de vouloir aider la Grèce en lui apportant un financement stable et c’est à ce titre qu’elle a reçu quitus de l’Union Européenne. C’est d’autant plus agréable de faire le mécène que les dettes de la Grèce bénéficient de la garantie des membres de la zone euro (à hauteur de 440 milliards depuis mai 2010). Mais surtout, elle rachète à bon compte les seules activités grecques rentables (qui de surcroit pourraient bien faire de la Grèce, la base de distribution des produits chinois en Europe et des dans les Balkans) et en même temps, donne des garanties aux marchés financiers sur le maillon le plus faible de la zone Euro ; ceci lui assure ainsi que l’Euro va continuer à s’apprécier dans les années à venir. Le yuan restera donc encore sous-évalué par rapport à l’Euro permettant à la Chine de nous vendre ses produits toujours moins chers, de faire tourner leurs usines à plein régime et surtout, de continuer à détruire encore la compétitivité européenne, annonçant ainsi que le flux de délocalisations (avec transfert d’emplois, de richesse, de technologie…) se perpétue. En fait, la Chine, avec cette annonce s’est assurée que les pays européens continueraient leur cercle vicieux qui les mènent dans les bas fonds de l’économie et elle vers le top.

Et bien sur, la Commission Européenne a approuvé ce rachat. A se demander si les seuls Etats qui aient le droit d’intervenir dans l’économie des pays européens ne seraient pas justement les pays non-européens. La Commission Européenne est en fait tout simplement en train de brader l’Europe et ses Nations sur l’autel des dogmes européens (la Concurrence Pure et Parfaite, l’Euro fort, la Lutte contre l’Inflation, la Non-Monétisation des dettes publiques, le refus de toute Politique Industrielle…). Elle continue de refuser d’intervenir, à cause de sa sujétion à l’Allemagne, à utiliser l’arme monétaire et préfère voir nos usines partir, notre commerce extérieur mis en lambeaux par la Chine et les US mais aussi par les pays européens n’ayant pas l’euro qui laissent filer leur monnaie (Pologne, Suède, Angleterre…) et ne se lasse pas de continuer à voir le chômage augmenter en Europe. Elle refuse de protéger un minimum le marché commun, devenu le marché tout court, alors que la réciprocité n’est même pas accordée à l’Europe en terme d’accès aux marchés.

La Commission Européenne est le faux-nez du renoncement généralisé de nos élites devant l’Allemagne, les oligarchies, les pays émergents, sans même parler des renoncements culturels devant ces mêmes acteurs. Quand on voit le premier ministre chinois parader sur l’Acropole, (brossant dans le sens du poil le premier ministre Papandreou en réclamant le retour des fresques du Parthénon), berceau de la civilisation hellénique et donc européenne, on se dit que le projet européen a bien mal tourné, se résumant désormais à : La Chine ou la mort !

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La guerre de notre temps, la guerre des monnaies

Posted by lolik11 sur 2 octobre, 2010

Le yuan, forme moderne de la torpille

Le yuan, forme moderne de la torpille

Cette semaine, la chambre des représentants américaine a voté une loi destinée à contrer la sous-évaluation du yuan. Ce texte, qui doit, encore être voté par le Sénat puis ratifié par le Président Obama – et je ne doute pas que les tenants du libre-échangisme (FMI, OMC, UE, Wall Street…) le plus débridé vont tout faire pour essayer de torpiller (1) cette loi ouvre la voie à la mise en place de droits de douane compensatoires (et donc d’un protectionnisme) par le Département du commerce qui a le droit de considérer que les « devises fondamentalement sous-évaluées » sont des subventions illégales aux exportations et le devoir d’agir contre elles..

Cette loi est une conséquence directe de la guerre des monnaies que se livrent les grandes puissances. Car dans notre monde où le commerce est censé avoir tout pacifié, les grandes puissances se livrent désormais à une guerre monétaire afin de bénéficier de la monnaie la plus faible possible pour doper aux exportations leur croissance au détriment des appareils industriels des autres puissances. Saluons au passage, le beau retour des théories mercantiliste en vogue sous Colbert. Et les chinois sont ceux qui y réussissent le mieux avec un taux de change fixe par rapport au dollar (2) ; l’avantage d’être une dictature dans la guerre économique moderne.

L’Amérique ne s’agite que maintenant car pendant des années, elle pouvait limiter les dégâts par un endettement des ménages pauvres, une liquidité abondante à Wall Street et un taux de change sous-évalué par rapport à l’Euro, ingrédients qui lui permettait de faire subir à l’Europe sur les produits à plus forte valeur ajoutée ce que les chinois lui faisaient  payer (ainsi qu’à l’Europe) sur les produits basique . Les pays de la zone Euro (3) étant, les dindons de cette sinistre farce…

Mais cette loi est aussi une claque pour Obama qui, contrairement à ce qu’on pense en Europe n’a pas été élu parce qu’il était l’espoir d’un monde apaisé, d’un monde pacifié, d’un monde sorti de l’Histoire mais parce qu’il présentait la meilleure réponse économique à la crise imputée aux républicains et promettait aux américains moyens de leur rendre leur travail (4). Deux ans plus tard, les représentants pensent de moins en moins qu’Obama ait la moindre capacité de faire changer d’avis la Chine par la seule parole et commencent à vouloir se protéger des pratiques déloyales de la Chine qui pèsent principalement sur les ouvriers américains…les mêmes qui promettent de sanctionner durement les démocrates qui sont aux commandes sans avoir réussi à résoudre le problème du chômage depuis deux années…

Pendant ce temps-là, de ce côté-ci de l’océan, nous avons toujours une BCE sous contrôle allemand que ne préoccupe pas du tout le taux de change de l’Euro (et donc la croissance et le chômage des autres pays) et ne pense qu’aux plans de sauvetage des banques et de l’Euro (5). Si le Département du Commerce arrive à étayer cette sous-évaluation du yuan et à appliquer des sanctions douanières, la BCE se trouverait alors prise en flagrant délit d’aveuglement et contrainte d’agir sous pression politique. Pendant ce temps là, nous avons toujours une Commission Européenne qui continue de s’en prendre à ce qu’il reste de souveraineté et de spécificités des pays européens, qui poursuit son œuvre de déréglementation et d’ouverture du Marché Commun sous le dogme de la Concurrence Pure et Parfaite pour en faire le Marché Tout Court. Il est grand temps de changer d’Europe …

1 –  Ils vont, comme à leur habitude, dire qu’il vaut mieux discuter avec la Chine pour qu’elle apprécie un peu plus sa monnaie (exactement ce que fait Obama depuis 2 ans sans  aucun résultat). Ils vont également nous répéter que le commerce c’est bon pour tout le monde (enfin je trouve que tout le monde ressemble plus à un banquier de Wall Street, un patron de multinationale ou même à la population chinoise qu’à un ouvrier français, ces temps-ci), que la Chine a besoin des exportations pour se développer (aller donc dire cela à tous les ouvriers en Europe et aux USA qui perdent leur job). Et pour finir ils vont nous sortir l’argument massue habituel : le protectionnisme, c’est la guerre, le protectionnisme, c’est ce qui a amené Hitler au pouvoir.

2 – C’est l’avantage d’être une dictature militaire, vous pouvez toujours imposer des décisions à vos partenaires démocratiques qui n’osent plus rien faire respecter, même pas les règles du jeu du libre échange.

3- En ces temps de crise irlandaise, il serait temps de faire un bilan de l’Euro. On voit bien que les fameux PIGS sont des pays écrasés sous la botte de l’Euro alors que les pays qui redémarrent sont ceux qui n’en font pas partie : Pologne, Royaume-Uni, Suède…La seule bénéficiaire de l’Euro est l’Allemagne, mais cela est une autre histoire….

4- Il suffit de regarder les courbes des intentions de vote de la présidentielle de 2008 pour s’apercevoir que le véritable déclic dans la campagne d’Obama est la chute de Lehmann Brothers en Septembre.

5- Si la BCE ne s’occupe pas du taux de change de l’Euro, c’est que la vérité est ailleurs. La vérité est qu’un taux de change élevé permet à l’Allemagne de dépecer les industries des autres pays de la zone euro, notamment française et italienne, ses deux principaux concurrents, tout en achetant ses matières premières moins cher grâce à l’Euro fort.

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Zone euro, suicide assisté par l’UMP-PS

Posted by echopolitique sur 15 mai, 2010

Pour la première fois depuis des années, Nicolas Dupont-Aignan était invité sur le plateau d’une chaine du service public où il débattait avec P.Moscovici et P.Lellouche. Pour la première fois depuis P.Seguin, un responsable politique a osé s’attaquer au mythe absolu de notre système économique : l’euro. Et espérons que cette critique de l’euro ne s’arrêtera plus et que les porteurs de cette parole oseront continuer à franchir le Rubicon. Mais il fallait entendre la violence des attaques contre NDA, raillé pour son argumentation souverainiste, moqué pour sa volonté de revenir aux monnaies nationales, sermonné pour sa supposée irresponsabilité politique, accusé d’être un populiste pour refuser que la France meure sous l’étouffoir de l’euro et enfin lepénisé pour oser s’attaquer aux mythes de l’euro et de la construction européenne. La violence des ces attaques, surtout celles venant de la part du secrétaire d’Etat, signe du zèle européen des nouveaux convertis, montre le mépris des élites pour toute idée divergente de la doxa eurobéate, le même mépris que celui qu’ont du affronter les nonistes de 2005 ou ceux de 1992…

Les deux détaillants UMP-PS du fournisseur européen nous ont joué leur vieille comédie avec les mêmes arguments usés depuis tant d’années. On a eu droit au traditionnel « il faut investir dans la recherche, l’innovation et l’économie de la connaissance » ; soit exactement la stratégie de Lisbonne définie il y a 10 ans au niveau européen qui devait faire de l’Europe la zone économie la plus compétitive du monde. Cela nous a donné 10 années de croissance à 1%.

Ensuite, on a eu droit au fameux « il faut une convergence des politiques économiques européennes et même un gouvernement économique européen ». Les deux épiciers européens oublient que personne n’en veut en Europe : ni les allemands qui ne veulent pas être solidaires des autres pays moins vertueux, trop satisfaits de dépecer l’industrie française et italienne à leur bénéfice, ni les pays qui ont rejoint récemment l’Europe, trop contents de bénéficier d’un coût salarial moins élevé et donc des délocalisations intra-européennes, ni les pays du sud qui n’ont jamais voulu développer un modèle économique basé sur la compétitivité et dont le laxisme est financé par l’UE, ni les pays anglo-saxons qui ne veulent pas entendre parler d’intégration européenne – ce blocus continental qu’ils ont toujours refusé- ni même la France qui ne souhaite pas abandonner ses acquis sociaux et son fameux modèle social…et surtout qui ne veut plus d’une intégration européenne où elle ne serait pas la France en grand.

Pour continuer, on nous a joué le couplet de l’Europe qui protège, de l’euro bouclier et de la situation qui serait pire sans l’euro et l’Europe. Et enfin, nous avons eu droit au « que pourrait la France toute seule contre la Chine, face aux Etats-Unis… ». Comme si l’Angleterre était morte, comme si la Suède, la Norvège, le Danemark, la Pologne, ou plus loin le Canada étaient morts. On nous  a joué aussi le refrain de « c’est impossible de sortir de l’euro », du « ça ne résoudrait rien et ça ferait plus de mal que de bien ». Impossible vraiment ? Alors pourquoi le Président Sarkozy aurait-il menacé la Chancelière de « réétudier la position de la France dans l’euro » si l’Allemagne n’acceptait pas le plan de sauvetage des banques et des contrats d’armements de la Grèce. Dommage qu’Angela ait cédé au bluff du président. On a aussi ressorti les « égoïsmes nationaux » et le nationalisme menant à la guerre pour décrédibiliser toute opposition à la construction européenne actuelle. Comme si la fin de l’euro et une construction européenne respectant la souveraineté des Etats-Nations allaient nous ramener en 1939.

Tous ces arguments des Dupont et Dupont pro-européens sont juste la mise en parole des renoncements d’hommes politiques incapables de penser un destin national pour le pays. Ils utilisent l’idée européenne pour accompagner leur incapacité à être autre chose que des gestionnaires du déclin français. Ils se servent de l’alibi européen pour justifier leur soumission aux lobbys et surtout pour masquer leur acceptation de voir la France se dissoudre dans ce totalitarisme mou où les politiciens ne s’embarrassent plus de ce que pense (et vit) le peuple. Alors pour remettre un peu d’opposition entre la droite et la gauche, les deux Pierre ont fait semblant de s’affronter sur les sujets sociaux et sur la rigueur. La droite voulant une Europe qui protège, la gauche souhaitant une Europe plus sociale. Les deux souhaitant aller plus loin dans l’intégration européenne qui, dans tous les cas, leur impose de mener une politique de rigueur afin de rassurer les marchés financiers, sans possibilité de développement. Après 10 ans de parenthèse, la réalité reprend ses droits et on s’aperçoit que l’euro est un étouffoir de croissance, que les économies des pays de la zone euro sont de plus en plus divergentes, qu’aucun pays ne veut réellement d’intégration européenne et que la zone euro ne sera pas une zone économique optimale (avec mobilité des travailleurs et solidarité fiscale). Ni la gauche européiste, ni la droite euroralliée n’ont pu penser cette réalité. Il est temps que des hommes nouveaux le fassent…

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Grèce : 17 milliards jetés par la fenêtre…

Posted by echopolitique sur 6 mai, 2010

Qui prêtera au Portugal, à l'Espagne et la France pour qu'ils prêtent à la Grèce ? Et à combien ?

Qui prêtera au Portugal, à l'Espagne et la France pour qu'ils prêtent à la Grèce ? Et à combien ?

Le plan de sauvetage de la Grèce a été finalisé le week-end dernier entre l’Union Européenne, le FMI et la Grèce. Les pays européens et le FMI apporteront 110 milliards d’euros dans les 3 ans ce qui permettra à la Grèce de ne pas faire appel aux marchés financiers pendant environ 18 mois. En échange, la Grèce s’engage à mettre en place un plan d’austérité drastique qui permettra d’économiser 11 points de PIB en 3 ans. La partie française de ce plan (17 milliards sur 3 ans à 5%) a été approuvée par la grande majorité des parlementaires dans la nuit de lundi à mardi.

Comme d’habitude, dès qu’un sujet concerne l’Europe, la gauche et la droite se retrouvent dans une belle unanimité qui est bien souvent celle du renoncement. Alors bien sûr, la gauche mâtine son soutien de discours sur l’Europe sociale (dont aucun autre pays européen ne veut) tandis que la droite nous vante l’Europe qui crée de la croissance et protège (de quoi, on se le demande…), les deux n’hésitant pas à engager 1% du pib français sur trois années !  Les mêmes arguments ou plutôt les mêmes mensonges qu’en 2005 pour le TCE, qu’en 1992 pour le traité de Maastricht, qu’en 1955 pour Rome…Heureusement qu’il y avait le député Nicolas Dupont-Aignan pour faire entendre une voix dissonante à l’Assemblée Nationale en rappelant que la situation actuelle n’est que la conséquence de deux décennies d’euro, cet aventurisme de la monnaie unique comme le disait déjà Philippe Seguin en mai 1992 dans son discours pour la France, aventurisme qui privilégie l’idéologie fédéraliste sur les réalités européennes.

Le pire est que le plan de sauvetage à la Grèce et le plan d’austérité qui lui est adjoint n’auront aucun effet réel sur l’économie grecque, sauf celui de faire mourir en bonne santé ce pays. D’ailleurs, les marchés ne croient pas au package grec, en témoigne la panique à laquelle nous assistons depuis lundi. En effet, on va peut-être assurer à la Grèce le financement de sa dette pour quelque temps mais en aucun cas la Grèce n’aura la capacité de rembourser sa dette ; il ne sert à rien de vouloir éviter l’inévitable car la charge d’intérêts que devra payer chaque année ce pays sur sa dette publique, sera supérieure à sa croissance économique. Or, pour rembourser, il faut générer des rentrées financières, mais avec le plan d’austérité, on est en train de tuer le moteur interne et sans dévaluation, on ne relance pas le moteur externe. Je ne suis pas en train de dire que la Grèce doive continuer à faire la cigale mais un plan d’austérité sans dévaluation, c’est comme jeter l’argent par les fenêtres. Aucune leçon de l’Histoire n’a été retenue : Argentine dans les années 2000, crise asiatique dans les années 1990 et encore plus loin le plan Laval en 1935. La politique de déflation ne peut pas fonctionner sans dévaluation.

Mais pour qu’il y ait dévaluation, encore faudrait-il que cela soit possible. Or avec l’euro-fort dirigé par l’Allemagne, aucune chance. Les allemands sont obnubilés par la valeur de leur précieux mark devenu euro, qui est la garantie d’un niveau de retraite confortable pour un peuple vieillissant. Sauf à organiser une sortie de la Grèce de l’Euro (ou de l’Allemagne…). En attendant, les européens devront remettre au pot dans deux ans, trois ans et tant qu’une croissance forte et durable ne sera pas assurée, la crise de la dette eurolandaise se prolongera et c’est toute la zone euro qui sera attirée dans le gouffre, entrainant avec elle toute la construction européenne vers un échec historique.

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L’Euro a profité aux pays européens ? Vraiment ?

Posted by echopolitique sur 30 mars, 2010

Alors c'est qui le patron en Europe ?

Alors c'est qui le patron en Europe ?

Le Figaro nous fait un petit article sur Comment la monnaie unique a profité aux pays européens. Au-delà de  la pauvreté de l’analyse économique, ce qui est dérangeant pour le journal de référence de la droite libérale, l’article montre bien justement comment l’euro a été une catastrophe pour les pays européens et pour la constitution d’une zone économique intégrée.

En effet, pour chacun des pays, c’est l’inverse d’un progrès que l’euro a apporté, aussi bien individuellement que collectivement. Grâce à l’Euro, l’Irlande a pu baisser son taux d’impôt sur les sociétés et devenir la tête de pont des sociétés anglo-saxonnes voulant accéder au marché unique. En clair, devenir un cheval de Troie américain fonctionnant sur un dumping fiscal sans rien apporter en retour à la zone euro, si ce n’est un risque systémique quand la crise fut venue. Pour la France, l’Irlande et dans une moindre mesure la Belgique, l’Euro a permis aux gouvernements d’emprunter pas cher à tel point que les budgets n’ont jamais été en équilibre. « Grâce à l’Euro », la Grèce est au bord de la faillite, la France est dans une situation budgétaire catastrophique…et pour la Belgique, je ne reviendrai pas sur les bénéfices de l’euro mais aussi de l’Europe pour ce pays, tant la dislocation avancée de celui-ci nous montre que ce pays n’en est plus un sous la pression séparatiste européenne.

Et enfin il reste les cas de l’Espagne et de l’Allemagne. Pour l’Espagne, l’euro a permis aux espagnols d’emprunter à taux négatif et d’investir dans l’immobilier. Résultat une gigantesque crise immobilière qui plonge le pays dans une dépression qui sera très longue car il n’y a pas d’autre pilier de croissance dans le pays de Cervantès. Et pour l’Allemagne, l’avantage de l’euro est qu’il a permis à ce pays d’accroitre son avantage compétitif CONTRE les autres pays européens (petit argument pour les bisounours européens) et d’empêcher les pays de rétablir l’équilibre de leur commerce extérieur par des dévaluations. Résultat l’Allemagne est hyper-excédentaire dans une zone euro sinistrée et est en train de dépecer à vif notre industrie comme le dit Christian Saint Etienne. L’Allemagne a joliment manœuvré dans une perspective nationale, pas dans une perspective européenne. Et le pire est que nous continuons à laisser les allemands piloter la zone euro au lieu de choisir l’affrontement afin de répondre à l’agression allemande et l’extension de sa domination sur tout le continent (comme quoi l’Histoire semble simplement s’être déplacée d’un terrain à un autre).

Donc la vraie question est désormais : quel avantage réel la France a-t-elle à rester dans l’eurozone hormis la lâcheté de nos gouvernants et le bien-être des élites mondialisées qui ne veulent pas changer leurs euros quand ils vont faire leur course à Milan…? L’euro a été une prime au laxisme, un accélérateur d’endettement, un ralentisseur des réformes (avec l’euro le tournant de la rigueur de 83 n’aurait surement pas eu lieu) et surtout le fossoyeur de nos industries. Il est temps que la France ouvre les yeux sur cette réalité malgré ce que peuvent nous dire les médias et les gouvernants…

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« Si l’Olympique Lyonnais jouait un peu moins bien, les choses seraient plus faciles pour le Bayern Munich »

Posted by lolik11 sur 16 mars, 2010

Il faut tout faire pour conserver Riberi (l'euro)

Il faut tout faire pour conserver Riberi (l'euro)

C’est en ces termes footballistiques qu’a répondu le ministre allemand des Finances W.Schäuble à son homologue français, qui a jeté lundi, dans le Financial Times, un petit pavé dans la mare : « Je ne suis pas sûre que le modèle allemand soit viable à long terme et pour l’ensemble du groupe.  Clairement, l’Allemagne a fait de l’extrêmement bon travail ces dix dernières années, améliorant sa compétitivité, mettant une très forte pression sur ses coûts du travail »

L’argument de dumping social avec le coût du travail est nul et Chr.Lagarde n’a pas peur du ridicule, venant d’un pays qui n’a pas le courage de prendre les mesures qu’il faut prendre.  En somme, elle adresse trois reproches à notre voisin : L’Allemagne exporte trop, ne consomme pas assez et arrive à contenir les coûts du travail ! L’Allemagne, c’est notre Chine européenne ! Sauf que là, il n’y a pas de concurrence déloyale avec une monnaie sous-évaluée, puisque pas de chance, nous avons la même monnaie.

Sur 15 ans la hausse des salaires a été de 15% en Allemagne et de 35% en France : nous sommes les seuls à croire à la relance par consommation qui ne fait que reporter la crise sans jamais la résoudre. L’Allemagne, elle, a misé sur les investissements ; sur la même période, la productivité s’y est accrue de 1,5% l’an contre 1% en France et c’est bien la productivité qui est en cause bien plus que le différentiel de coût du travail. Résultat, la part de marché de la France dans les exportations intra-européennes a chuté de 5 points ces dix dernières années, tandis que l’Allemagne réussit à dégager un excédent commercial de 200 milliards chaque année.

Ceci étant dit, c’est vrai que le modèle mercantiliste allemand n’est pas viable à long terme dans une zone à monnaie unique puisque les excédents de balance commerciale des uns sont des déficits des autres. Mais Chr.Lagarde se trompe de combat ; d’abord parce que celui qu’elle engage n’a aucune chance d’aboutir. Le porte-parole d’A.Merkel a beau jeu de répondre « Nous ne sommes pas un pays qui décrète les salaires ou la consommation » puisque qu’en effet, l’Allemagne ne disposant pas de salaire minimum généralisé, le gouvernement peut difficilement agir sur ce levier. Ensuite parce que l’Allemagne bénéficie de l’euro qui dope ses exportations et qu’on n’imagine pas un pays interrompe ses exportations au motif de faire plaisir à ses voisins. Car c’est bien l’euro qui est en cause dans cette affaire tout comme dans les problèmes de la Grèce.

En effet, la politique monétaire de la zone euro est une politique moyenne ; elle pose donc des problèmes aux extrêmes. Un euro trop fort pour les pays qui manquent de productivité (Espagne, Grèce, Portugal, Irlande et bientôt Italie et France) qui pénalise leurs exportations et un euro trop faible pour l’Allemagne ou la Hollande, au regard  de leur productivité, qui sans l’ajustement nécessaire des changes, leur permet d’accumuler des excédents commerciaux au détriment de leurs partenaires. Bon, vous l’avez compris, pour cette raison et bien d’autres je ne suis pas très europhile. La solution ? Je me risque à donner la mienne : que l’Allemagne sorte de l’euro pour commencer. Ce ne sera pas suffisant : certes, mais ce serait peut-être la moins mauvaise de toutes les solutions.

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