Echopolitique

Ne pas faire de politique, c'est faire la politique de ceux qui nous imposent la leur.

Posts Tagged ‘education nationale’

L’enfant au centre du système, le professeur et le savoir à l’extérieur

Posted by echopolitique sur 25 novembre, 2009

Il faudrait relire Platon qui disait que "lorsque les pères s'habituent à laisser faire les enfants ; lorsque les fils ne tiennent plus compte de leurs paroles ; lorsque les maîtres tremblent devant leurs élèves et préfèrent les flatter ; lorsque finalement les jeunes méprisent les lois parce qu'ils ne reconnaissent plus, au-dessus d'eux, l'autorité de rien ni de personne; alors c'est là, en toute beauté et en toute jeunesse, le début de la tyrannie." Mais qui connait Platon désormais ?

Drôle de monde dans lequel nous arrivons désormais. Enfin plutôt inquiétant que drôle. Au motif que l’enseignante ne les laissait pas utiliser leurs portables en cours, les lycéens du lycée Jean-Lurçat dans le 13ème arrondissement de Paris ont mené une véritable vendetta contre leur professeur d’anglais. Ils ont d’abord écrit à au proviseur une lettre lui conseillant « vivement d’opérer un changement de prof ». Après le refus du proviseur, ils écrivent directement à l’enseignante pour la menacer et lui volent sa clé USB. Je vous laisse lire dans l’article du Monde la beauté de ce que peuvent écrire nos chères têtes blondes…

Le plus grave dans ce fait divers est qu’il est grave mais désormais banal. Il fait partie d’une longue liste de violences, menaces, incivilités contre le corps enseignant. Mais surtout il fait partie d’une longue liste d’humiliation pour les enseignants et l’Education Nationale. Les élèves ou plutôt les enfants-rois vont, bien entendu, s’en tirer à bon compte. Il faut dire que 40 ans de pédagogisme acharné à bien réussi son œuvre : voilà que les élèves sont tellement au centre du système que le professeur et la transmission du savoir n’y ont même plus leur place. Réforme après réformes, circulaire après circulaires, non-réponse après non-réponses, nous avons désormais un désastre à la place de l’Education Nationale…

Dans cette affaire, le pire est que la hiérarchie de l’Education Nationale n’a pas réagi et ne réagira pas. Ce sont les mêmes qui n’ont pas réagi pour tous les autres faits divers et surtout ce sont eux qui ont rédigé réformes, circulaires et règlements qui nous ont mené à cette situation. Ils parlent déjà de remplacer le professeur afin d’assurer la continuité du service public. Mais de quel service public parlent-ils ? Dans de telles conditions, on ne peut plus parler de service public ni même d’Education Nationale. Et pour toute réponse, chacun fait ce qu’il sait faire. Le ministre fait de la politique en annonçant que des équipes mobiles de sécurité vont mener une enquête pour sanctionner les auteurs de cette lettre « injurieuse » (sic !). Les profs et leurs syndicats dénoncent les conditions de travail qui se dégradent, accusent le manque de moyens et pour changer, font grève…avec les lycéens qui les ont menacé.

Drôle de monde où chacun continue son petit train-train comme si ce qui se passait n’était pas de plus en plus grave. Où chacun est plus attaché à son combat politique qu’à la réalité du désastre auquel nous assistons. Où les pompiers sont aussi les pyromanes car il ne faut pas occulter le fait que la grande majorité du corps enseignant était favorable aux méthodes d’enseignement qui ont mené à ce désastre et que les politiques qui le dénoncent sont les premiers à reculer devant ces lobbys. Et petit à petit, nous prenons tous conscience que, vu que l’Ecole est le reflet de la société de demain, nous laissons notre monde s’effriter et que demain ne sera pas très joli à voir…

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La mort de l’idée même d’Education

Posted by echopolitique sur 5 octobre, 2009

Billetseuros

Il faut maintenant promettre des espèces sonnantes et trébuchantes pour intéresser les élèves à l'Ecole!!! SI ce n'est pas un désastre éducatif qu'est-ce c'est ?

Deux initiatives pour lutter contre l’absentéisme des élèves cette semaine : à Créteil, le rectorat propose d’offrir 10 000 euros par an à six classes de lycées professionnels pour le financement de projets de groupe (permis auto et voyage culturel) s’ils respectent collectivement des objectifs d’assiduité et de sérieux fixés en début d’année ; à Marseille, un lycée professionnel récompense tous les mois la classe ayant le taux d’absentéisme le plus faible en lui offrant des places pour aller voir jouer l’OM. Autant la deuxième initiative ne me semble pas trop choquante et peut même faire partie d’un folklore local choisi par l’établissement pour lutter contre l’absentéisme, autant la première est un véritable scandale.

Véritable scandale car tout d’abord cela récompense les collèges, lycées où les élèves sont absents. Il ne viendrait à l’esprit de personne de donner de l’argent à une classe où il n’y a actuellement aucun problème d’absentéisme. En clair, on récompensera des élèves qui se comportent mal simplement parce qu’ils feront le magnifique progrès de respecter le minimum qu’on attend d’eux. A ce titre-là (raisonnement par l’absurde), nous devrions peut-être, tous demander une prime à notre boite pour venir travailler tous les jours en plus de notre salaire, ou à l’Etat un chèque pour ne pas tuer notre voisin et payer nos impôts. C’est comme d’habitude dans ce pays, ceux qui ne respectent pas les règles communes qui sont le plus récompensés et ceux qui jouent le jeu qui se font avoir. …

Ensuite et on arrive au cœur du problème, c’est une expérimentation à vocation nationale soutenue par le Haut commissariat à la Jeunesse (suivez mon regard pour comprendre quel gauchiste a encore décidé d’une telle ânerie) qui, si elle montre des résultats, sera étendue à d’autres lycées professionnels en difficulté. C’est-à-dire que l’Etat fait le choix dans sa politique de lutte contre l’absentéisme de payer pour que les élèves respectent simplement leurs devoirs. Autant dire qu’aller à l’Ecole pour apprendre, comprendre, se former n’existe plus ; l’Ecole doit rapporter pour qu’on daigne y aller ! Le coût de cette mesure, si elle devait être étendue à l’ensemble des lycées professionnels, a été chiffré à 34 millions d’euros. Au lieu de sanctionner ceux  qui ne respectent pas l’obligation de scolarisation, c’est donc encore une fois l’Etat (donc nous contribuables) qui devrait maintenant payer pour motiver ceux là à un peu plus d’assiduité ! Lire le reste de cette entrée »

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Vers une nouvelle nuit du 4 août…

Posted by echopolitique sur 5 août, 2009

4aout-odt_-_OpenOffice-org_Writer_cle8aed81Il y a 220 ans, l’Assemblée constituante décidait d’abolir les privilèges. Enfin ça, c’est l’Histoire qui nous est contée à tous. Dans la réalité, les évènements ont été quelques peu différents et il est assez amusant de lire le récit dans le Monde. On apprend par exemple que ce sont des nobles et détenteurs de privilèges qui ont demandé les premiers leur abolition. On y apprend également que ce sont succédé à la tribune de l’Assemblée des détenteurs de privilèges de tout type, pas seulement seigneuriaux, venus y renoncer. La nuit du 4 aout 1789 met fin également aux « libertés » des provinces et aux privilèges de certaines catégories du tiers Etat (même s’il faudra attendre la loi Le Chapelier supprimant les corporations pour que cela soit réellement effectif) afin d’assurer à chaque français « l’égalité sacrée qu’on appelle l’égalité devant la loi », selon la formule d’Adolphe Tiers. Et voici comment est né l’égalitarisme à la française…

Enfin pas tout à fait, car comme le dit l’universitaire Patrick Savidan dans un interview associée au récit, la philosophie de cette nuit du 4 août est que « D’un côté, certes, ils combattaient les privilèges au prétexte que ceux-ci figeaient les rapports sociaux autour d’« inégalités factices « , fondées sur la naissance ou le rang mais, de l’autre, ils considéraient certaines inégalités comme acceptables : celles dont ils disaient qu’elles étaient « naturelles » parce qu’indexées sur le talent ou la compétence ». En clair, ils étaient bien loin de la vision désormais prônée de lutte contre les inégalités réelles où ce n’est plus l’égalité devant la loi qui est recherchée, ni la fin des privilèges institués mais la fin des inégalités tout court, c’est-à-dire l’égalitarisme…quitte à déroger au principe d’égalité devant la loi et quitte à en passe par un nivellement par le bas. Lire le reste de cette entrée »

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