Echopolitique

Ne pas faire de politique, c'est faire la politique de ceux qui nous imposent la leur.

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Grèce : 17 milliards jetés par la fenêtre…

Posted by echopolitique sur 6 mai, 2010

Qui prêtera au Portugal, à l'Espagne et la France pour qu'ils prêtent à la Grèce ? Et à combien ?

Qui prêtera au Portugal, à l'Espagne et la France pour qu'ils prêtent à la Grèce ? Et à combien ?

Le plan de sauvetage de la Grèce a été finalisé le week-end dernier entre l’Union Européenne, le FMI et la Grèce. Les pays européens et le FMI apporteront 110 milliards d’euros dans les 3 ans ce qui permettra à la Grèce de ne pas faire appel aux marchés financiers pendant environ 18 mois. En échange, la Grèce s’engage à mettre en place un plan d’austérité drastique qui permettra d’économiser 11 points de PIB en 3 ans. La partie française de ce plan (17 milliards sur 3 ans à 5%) a été approuvée par la grande majorité des parlementaires dans la nuit de lundi à mardi.

Comme d’habitude, dès qu’un sujet concerne l’Europe, la gauche et la droite se retrouvent dans une belle unanimité qui est bien souvent celle du renoncement. Alors bien sûr, la gauche mâtine son soutien de discours sur l’Europe sociale (dont aucun autre pays européen ne veut) tandis que la droite nous vante l’Europe qui crée de la croissance et protège (de quoi, on se le demande…), les deux n’hésitant pas à engager 1% du pib français sur trois années !  Les mêmes arguments ou plutôt les mêmes mensonges qu’en 2005 pour le TCE, qu’en 1992 pour le traité de Maastricht, qu’en 1955 pour Rome…Heureusement qu’il y avait le député Nicolas Dupont-Aignan pour faire entendre une voix dissonante à l’Assemblée Nationale en rappelant que la situation actuelle n’est que la conséquence de deux décennies d’euro, cet aventurisme de la monnaie unique comme le disait déjà Philippe Seguin en mai 1992 dans son discours pour la France, aventurisme qui privilégie l’idéologie fédéraliste sur les réalités européennes.

Le pire est que le plan de sauvetage à la Grèce et le plan d’austérité qui lui est adjoint n’auront aucun effet réel sur l’économie grecque, sauf celui de faire mourir en bonne santé ce pays. D’ailleurs, les marchés ne croient pas au package grec, en témoigne la panique à laquelle nous assistons depuis lundi. En effet, on va peut-être assurer à la Grèce le financement de sa dette pour quelque temps mais en aucun cas la Grèce n’aura la capacité de rembourser sa dette ; il ne sert à rien de vouloir éviter l’inévitable car la charge d’intérêts que devra payer chaque année ce pays sur sa dette publique, sera supérieure à sa croissance économique. Or, pour rembourser, il faut générer des rentrées financières, mais avec le plan d’austérité, on est en train de tuer le moteur interne et sans dévaluation, on ne relance pas le moteur externe. Je ne suis pas en train de dire que la Grèce doive continuer à faire la cigale mais un plan d’austérité sans dévaluation, c’est comme jeter l’argent par les fenêtres. Aucune leçon de l’Histoire n’a été retenue : Argentine dans les années 2000, crise asiatique dans les années 1990 et encore plus loin le plan Laval en 1935. La politique de déflation ne peut pas fonctionner sans dévaluation.

Mais pour qu’il y ait dévaluation, encore faudrait-il que cela soit possible. Or avec l’euro-fort dirigé par l’Allemagne, aucune chance. Les allemands sont obnubilés par la valeur de leur précieux mark devenu euro, qui est la garantie d’un niveau de retraite confortable pour un peuple vieillissant. Sauf à organiser une sortie de la Grèce de l’Euro (ou de l’Allemagne…). En attendant, les européens devront remettre au pot dans deux ans, trois ans et tant qu’une croissance forte et durable ne sera pas assurée, la crise de la dette eurolandaise se prolongera et c’est toute la zone euro qui sera attirée dans le gouffre, entrainant avec elle toute la construction européenne vers un échec historique.

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A quand la sortie de la Grèce de l’euro ?

Posted by echopolitique sur 28 avril, 2010

La construction factice de l'euro se révèle à l'occasion de la crise grecque

La construction factice de l'euro se révèle à l'occasion de la crise grecque

La faillite grecque est désormais de plus en plus proche. Mais dans cette affaire, ce sont les différents retournements de l’Europe qui sont le plus inquiétants. Il y a un mois, on nous annonçait un plan de sauvetage UE-FMI qui était plutôt une garantie de dernier recours, crée pour ne pas être utilisée et qui visait seulement à rassurer les marchés sur le fait que la Grèce ne ferait pas faillite et ainsi détendre les taux d’intérêts imposés à la Grèce. Depuis, les taux grecs sont montés chaque jour, malgré les dénégations successives de l’UE (Van Rompuy déclarait encore hier « qu’il n’était pas question de restructurer sa dette » après que J-C. Trichet ait déclaré mardi « qu’il était hors de question que la Grèce ou n’importe quel autre pays de la zone euro fasse défaut sur ces emprunts ») et c’est ainsi que le 10 ans atteignait 11 % ce matin et le 2 ans près de 18% ! après dégradation hier à BB- de Standard and Poor’s de la Grèce et à A- celle du Portugal (ce qui est un racket organisé quand on sait que la BCE prête à 0,5% aux banques mais cela est un autre sujet) repoussant la Grèce dans ses derniers retranchements jusqu’à faire appel d’urgence, à ce plan UE-FMI.

On nous annonçait aussi que lorsque la Grèce y ferait appel, il n’y aurait qu’à appuyer sur un bouton pour que les fonds arrivent. La réalité est bien différente : l’Allemagne, malgré son accord de principe, ne veut toujours pas payer et désormais la France s’aligne sur la position allemande par la voix du ministre de l’Economie, C.Lagarde qui demande à ne pas être trop complaisant avec les grecs. En fait, le sort de la Grèce est suspendu aux élections régionales du 9 mai en Rhénanie et Van Rompuy nous fait un aveu d’impuissance éloquent en convoquant un sommet de l’eurogroupe le 10 mai ! Pendant que la zone euro prend feu (ce matin, l’euro a touché 1,31, le cac perd encore 2% après avoir perdu 4% hier et les banques françaises qui sont les plus exposées en termes de créances grecques perdent encore 6% après en avoir perdu autant hier), N.Sarkozy fait trois jours de tourisme en en Chine ! Il n’y a tout simplement plus de pilote dans la zone euro.

En contrepartie de cette aide, l’Allemagne (et donc désormais la France) veut que les Grecs aillent plus loin dans leurs mesures d’austérité. Ce qui est bien en soi, car le problème de fond de la Grèce est qu’elle a vécu au-dessus de ses moyens, mais cela ne réglera pas le problème. Car aucune cure d’austérité ne peut marcher si elle ne permet pas de rétablir la compétitivité économique du pays en question. La cure d’austérité actuelle permettra de rétablir peut-être un jour les finances publiques, si la rue n’a pas pris le pouvoir avant, mais en aucun cas, la Grèce ne va devenir l’Allemagne en trois mois. Donc après cette cure, les grecs seront toujours dans la même difficulté économique et dans trois mois le même problème se reposera. Dans la situation actuelle, cette mise sous perfusion de la Grèce ne sert strictement à rien et ne fera qu’organiser une aide au développement pour le pays, c’est-à-dire que les autres pays européens lui apporteront des fonds qui ne seront jamais remboursés et qui lui serviront seulement à payer les factures courantes.

La seule solution pour que la Grèce retrouve un peu d’air est qu’elle dévalue sa monnaie pour rembourser sa dette en monnaie de singe et que ses produits retrouvent leur compétitivité. C’est ce que font tous les pays du monde lorsqu’ils rencontrent de grandes difficultés…sauf ceux de la zone euro qui sont empêchés de le faire car leur monnaie est justement l’euro, enfin l’euro fort sous contrôle allemand. La seule solution pour la Grèce est qu’elle sorte de l’euro et réimprime ses drachmes pour enfin sortir de cet enfer ; cette solution ne fera pas l’économie des plans de rigueur pour la Grèce. Mais sans la dévaluation et donc la sortie de l’euro, la Grèce mourra rapidement et deviendra une province allemande qui ne vivra que des subventions et des touristes allemands si les allemands font le choix de garder la Grèce dans l’euro ou sera expulsée de la monnaie unique si les allemands ne veulent pas faire prendre le moindre risque à leur politique du Mark fort, pardon de l’euro fort…

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Domino balte ?

Posted by lolik11 sur 17 octobre, 2009

Air froid en vue sur l'UE

Air froid en vue sur l'UE

La Lettonie est à l’arrêt : alors que la croissance de son pib flirtait avec les 10% annuels depuis les années 2000, celle-ci s’est brutalement retournée en 2008 (-5%) et les prévisions 2009 s’effondrent à -19% ! Devant l’urgence, en janvier, le pays a bénéficié d’un plan de soutien de 7,5 milliards d’euros de la part du FMI et de l’UE (part UE 3,1 milliards) contre l’engagement de limiter de déficit public à 10% en 2009 et de soulager celui-ci de 2,75% par an pour le ramener sous les 3% d’ici 2012. Une 1ère tranche de prêt a été débloquée pour 1,6 milliards mais les transferts de fonds suivants sont liés à la réalisation des engagements : or pour le moment, bien que le gouvernement letton ait déjà coupé 10% dans les dépenses budgétaires, le déficit, lui continue de courir après la baisse du pib et aux dernières nouvelles ce serait presque 12% qui s’afficherait.

Pour le gouvernement letton, les marges de manœuvre ne sont pas bien épaisses ; le salaire des fonctionnaires a été réduit de 5%, le chômage s’atteint 13% et le recul du marché immobilier s’établit à -70% ! par rapport à son plus haut de mars 2007.  Les ménages sont étranglés et du coup, le 1er ministre propose de limiter le remboursement des prêts immobiliers à la valeur de marché des biens et n’a pas l’air décidé à augmenter les impôts ni réduire les budgets (prochaines élections législatives en octobre 2008). Les spécialistes y voient le signal d’une dévaluation prochaine qui permettrait de relancer l’économie en panne, rendant l’économie plus compétitive, au moins pour les exportations. Mais les banques suédoises (Swedbank, SEB et Nordea), qui ont une position dominante en Lettonie (les encours de prêts y sont estimés à plus de 40 milliards d’euros) pour avoir nourri le boom économique de ces dernières années, commencent à s’inquiéter car 80% des prêts sont libellés en euros, prêts que les ménages, eux payés en lats déprécié, ne pourront rembourser.

Sans de nouvelles réductions de dépenses, la poursuite de l’aide internationale pourrait être stoppée et les banques suédoises pourraient connaitre une année 2010 catastrophique, d’autant qu’elles sont aussi engagées dans les pays voisins (certes, à un moindre degré), Estonie et Lituanie dont les économies suivent le rythme de la Lettonie (prévision 2009 de pib respectivement à -19% et -22%). L’économie lettone est bien imbriquée aussi avec la Pologne qui est un de ses principaux fournisseurs, dont le zloty, lui a pu se déprécier vis-à-vis de l’euro. Sauf miracle économique d’ici la fin de l’année, la Lettonie se trouve donc au centre d’une situation complexe entre le FMI qui renonce à arrimer le lats à l’euro penche pour la dévaluation, option qui entrainerait la dévaluation des monnaies des autres pays baltes, et son 1er partenaire, la Suède, membre de l’UE qui tente de soutenir ce pays et fait pression, via la commission de Bruxelles, pour obtenir la réduction des déficits et de la dette.  Il n’est donc pas exclu, que l’on assiste en 2010 à un effet domino balte de belle ampleur sauf si la visite du 13 octobre de J. Almunia et celles prévues en novembre du FMI et de l’UE parviennent à un accord. A défaut, ne resterait à la Lettonie que son bois et sa parade des blondes pour sortir de la dépression.

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