Echopolitique

Ne pas faire de politique, c'est faire la politique de ceux qui nous imposent la leur.

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L’Allemagne paiera pour les PIGS

Posted by echopolitique sur 16 février, 2010

Depuis 10 ans, l’Allemagne a mené une politique de désinflation compétitive. Cette politique a comprimé les salaires allemands et la protection sociale pour permettre à l’Allemagne d’améliorer sa compétitivité, au détriment de la France et de l’Italie principalement. La place de premier exportateur mondial a été la récompense de cette politique et lui a permis d’amasser d’importants excédents commerciaux. La France et l’Italie se sont vues dans l’impossibilité de dévaluer leur monnaie, solution classique suite à une perte de compétitivité, car nous partageons la même monnaie.

En parallèle et pour faire passer cette politique auprès des allemands, l’Allemagne qui contrôle totalement la BCE malgré son président français (qui en fait prend ses ordres auprès du ministre allemand des finances), a fait le choix d’un Euro fort depuis la création de la monnaie unique. Cet Euro fort permet à l’Allemagne et aux allemands de payer moins cher leurs importations, biens produits en Chine et pétrole en premier lieu, et de limiter l’inflation à son strict minimum. Comment ne pas voir que la politique monétaire de la zone Euro n’est rien que le prolongement de la politique monétaire allemande (mark fort et peu d’inflation). Et beauté de la chose, cet Euro fort handicape encore plus la France et l’Italie, ses principaux concurrents économiques. En fait, toute la stratégie économique allemande est basée sur une compétitivité retrouvée et l’impossibilité pour ses concurrents français et italiens de dévaluer, ce qui fait dore à Chirstian St Etienne que l’Allemagne est en train de dépecer à vif l’industrie française…(ce qui pose la question de la sortie de l’euro pour la France mais cela est un autre débat).

Tout cela me fait dire que l’Allemagne est obligée de sauver la Grèce ou tout autre pays de la zone Euro en difficulté…jusqu’à un certain point. En fait, tant que le coût du sauvetage sera moins élevé que le coût de la faillite de l’Euro, l’Allemagne interviendra. Car il ne faut pas oublier que l’Allemagne serait l’économie européenne qui aurait le plus à perdre avec la fin de l’Euro. Le Deustche Mark retrouvé s’apprécierait très fortement vis-à-vis de toutes les monnaies du monde et plus particulièrement du Franc, du Lire, du dollar et du yuan, ce qui dégraderait la compétitivité exportatrice allemande. Et comme il n’y a que très peu de moteur de consommation intérieure, l’Allemagne se retrouverait fort dépourvue quand la fin de l’Euro fut venue. Les pays du club Med peuvent être tranquilles pour un moment, l’Allemagne paiera…pour le moment.

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Posted in Déficits, dettes publiques et faillite des Etats, Europe, le mur se rapproche | Tagué: , , , | 1 Comment »

Il y a un an Lehman Brothers: business worth than usual but we have Obama now

Posted by echopolitique sur 20 septembre, 2009

Voici la meilleure opération financière de la crise pour les banquiers de Wall Street...

Voici la meilleure opération financière de la crise pour les banquiers de Wall Street...

Il y a un an Lehman Brothers chutait. La faillite de la banque d’affaires centenaire de Wall Street donnait le signal qui allait mettait le système bancaire et financier au bord de l’implosion et plonger l’économie dans la crise la plus dure depuis 1929. Petit à petit, le monde d’en bas a découvert les pratiques opaques d’une partie des élites qui dirigent et décident où la mystification est appelée innovation (titrisation et mélange des titres, produits évalués par les agences de notation payées par les émetteurs de titres), où la responsabilité n’est valable que pour l’emprunteur ne remboursant pas son crédit, où la connivence avec le pouvoir n’a rien à envier aux plus beaux régimes socialistes…sans même parler des révélations sur les gouvernements qui ont soutenu et encouragé ce monde tant que cela allait dans leurs intérêts.

A la suite de cette faillite, beaucoup, et parmi les premiers à avoir péché, nous annonçaient la fin du monde ancien, la fin de la parenthèse néolibérale ouverte par l’élection de M. Thatcher en 1979 et de R. Reagan en 1980, clamant qui une moralisation du capitalisme financier et une plus grande supervision (pour ceux que nous appelleront la droite), qui un retour de l’interventionnisme, de la régulation et des théories keynésiennes (pour la gauche). On nous annonçait à renfort de promesses (et en période d’élections présidentielles, le démocrate Obama nous en a promis des choses) qu’on allait changer tout ça, qu’on mettrait fin aux agissements des « greedies » de Wall Street, qu’on ferait en sorte qu’on revienne aux fondamentaux du métier de banquiers, c’est-à-dire transformer des avoirs court-terme (les dépôts des épargnants) et en financements long-terme (les prêts) et non emprunter et bénéficier d’effets de levier pour spéculer avec l’argent de la veuve de Carpentras.

Cela fait un an, c’est-à-dire une éternité et il est temps tirer un premier bilan de cette crise et de ce qui a changé ou aurait dû changer. Et le premier constat : au cœur des salles de marché et dans le monde de la finance rien n’a changé et sur certains points c’est même pire. Derrière les beaux discours des patrons de banque qui promettent de prêter aux entreprises et aux ménages, les mêmes comportements se répètent et les mêmes logiques sont toujours en cours. La situation a même empiré sur certains points car le comportement des pouvoirs publics a permis aux banquiers de vérifier qu’ils étaient au-dessus du business normal et avaient des droits magiques, ceux de ne pas pouvoir faire faillite et de pouvoir faire éponger leurs pertes par le contribuable (à condition qu’elles soient énormes). Lire le reste de cette entrée »

Posted in L'incurie de ceux qui nous dirigent, Obamania : les dessous de la réalité | Tagué: , , , , | Leave a Comment »