Echopolitique

Ne pas faire de politique, c'est faire la politique de ceux qui nous imposent la leur.

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A quand la sortie de la Grèce de l’euro ?

Posted by echopolitique sur 28 avril, 2010

La construction factice de l'euro se révèle à l'occasion de la crise grecque

La construction factice de l'euro se révèle à l'occasion de la crise grecque

La faillite grecque est désormais de plus en plus proche. Mais dans cette affaire, ce sont les différents retournements de l’Europe qui sont le plus inquiétants. Il y a un mois, on nous annonçait un plan de sauvetage UE-FMI qui était plutôt une garantie de dernier recours, crée pour ne pas être utilisée et qui visait seulement à rassurer les marchés sur le fait que la Grèce ne ferait pas faillite et ainsi détendre les taux d’intérêts imposés à la Grèce. Depuis, les taux grecs sont montés chaque jour, malgré les dénégations successives de l’UE (Van Rompuy déclarait encore hier « qu’il n’était pas question de restructurer sa dette » après que J-C. Trichet ait déclaré mardi « qu’il était hors de question que la Grèce ou n’importe quel autre pays de la zone euro fasse défaut sur ces emprunts ») et c’est ainsi que le 10 ans atteignait 11 % ce matin et le 2 ans près de 18% ! après dégradation hier à BB- de Standard and Poor’s de la Grèce et à A- celle du Portugal (ce qui est un racket organisé quand on sait que la BCE prête à 0,5% aux banques mais cela est un autre sujet) repoussant la Grèce dans ses derniers retranchements jusqu’à faire appel d’urgence, à ce plan UE-FMI.

On nous annonçait aussi que lorsque la Grèce y ferait appel, il n’y aurait qu’à appuyer sur un bouton pour que les fonds arrivent. La réalité est bien différente : l’Allemagne, malgré son accord de principe, ne veut toujours pas payer et désormais la France s’aligne sur la position allemande par la voix du ministre de l’Economie, C.Lagarde qui demande à ne pas être trop complaisant avec les grecs. En fait, le sort de la Grèce est suspendu aux élections régionales du 9 mai en Rhénanie et Van Rompuy nous fait un aveu d’impuissance éloquent en convoquant un sommet de l’eurogroupe le 10 mai ! Pendant que la zone euro prend feu (ce matin, l’euro a touché 1,31, le cac perd encore 2% après avoir perdu 4% hier et les banques françaises qui sont les plus exposées en termes de créances grecques perdent encore 6% après en avoir perdu autant hier), N.Sarkozy fait trois jours de tourisme en en Chine ! Il n’y a tout simplement plus de pilote dans la zone euro.

En contrepartie de cette aide, l’Allemagne (et donc désormais la France) veut que les Grecs aillent plus loin dans leurs mesures d’austérité. Ce qui est bien en soi, car le problème de fond de la Grèce est qu’elle a vécu au-dessus de ses moyens, mais cela ne réglera pas le problème. Car aucune cure d’austérité ne peut marcher si elle ne permet pas de rétablir la compétitivité économique du pays en question. La cure d’austérité actuelle permettra de rétablir peut-être un jour les finances publiques, si la rue n’a pas pris le pouvoir avant, mais en aucun cas, la Grèce ne va devenir l’Allemagne en trois mois. Donc après cette cure, les grecs seront toujours dans la même difficulté économique et dans trois mois le même problème se reposera. Dans la situation actuelle, cette mise sous perfusion de la Grèce ne sert strictement à rien et ne fera qu’organiser une aide au développement pour le pays, c’est-à-dire que les autres pays européens lui apporteront des fonds qui ne seront jamais remboursés et qui lui serviront seulement à payer les factures courantes.

La seule solution pour que la Grèce retrouve un peu d’air est qu’elle dévalue sa monnaie pour rembourser sa dette en monnaie de singe et que ses produits retrouvent leur compétitivité. C’est ce que font tous les pays du monde lorsqu’ils rencontrent de grandes difficultés…sauf ceux de la zone euro qui sont empêchés de le faire car leur monnaie est justement l’euro, enfin l’euro fort sous contrôle allemand. La seule solution pour la Grèce est qu’elle sorte de l’euro et réimprime ses drachmes pour enfin sortir de cet enfer ; cette solution ne fera pas l’économie des plans de rigueur pour la Grèce. Mais sans la dévaluation et donc la sortie de l’euro, la Grèce mourra rapidement et deviendra une province allemande qui ne vivra que des subventions et des touristes allemands si les allemands font le choix de garder la Grèce dans l’euro ou sera expulsée de la monnaie unique si les allemands ne veulent pas faire prendre le moindre risque à leur politique du Mark fort, pardon de l’euro fort…

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La force des intérêts composés

Posted by lolik11 sur 23 avril, 2010

Charles Gave nous rappelle cette évidence : si l’endettement d’un pays est voisin  de 100% de son pib et a une croissance durablement limitée à x%, alors dès que les taux d’intérêt sur sa dette dépassent ce même taux, la banqueroute est assurée.

Après un mois de crise, les emprunts d’état de la Grèce hier se rémunéraient à 8,5% et ce midi, le 1er ministre G.Papandréou a demandé l’activation du plan d’aide FMI/UE d’environ 45 milliards qui seraient prêtés à 3 ans à 5%. La dette grecque, selon les dernières estimations, s’établit à 113% du pib et pour 2010, le FMI prévoit que le pays resterait en récession, tandis que la zone euro est gratifiée d’une petite croissance de 1%. Avec un score de 5/0, ou même 5/-1, ce plan d’aide la Grèce a-t-il la moindre chance de tirer ce pays de l’ornière ? La réponse est à 14’30 de la vidéo.
Si vous voulez savoir pourquoi l’euro explosera ou pourquoi nous allons nous retrouver avec une Europe totalement dominée et asservie par l’Allemagne, poursuivez jusqu’à la fin, à peine 2 minutes et mieux, écoutez là en entier pour suivre le raisonnement limpide.

Le dernier bouquin de Charles Gave « Libéral mais pas coupable » est d’une lecture simple mais édifiante, n’hésitez pas sortez votre chaise longue au soleil et lancez-vous !

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L’Euro a profité aux pays européens ? Vraiment ?

Posted by echopolitique sur 30 mars, 2010

Alors c'est qui le patron en Europe ?

Alors c'est qui le patron en Europe ?

Le Figaro nous fait un petit article sur Comment la monnaie unique a profité aux pays européens. Au-delà de  la pauvreté de l’analyse économique, ce qui est dérangeant pour le journal de référence de la droite libérale, l’article montre bien justement comment l’euro a été une catastrophe pour les pays européens et pour la constitution d’une zone économique intégrée.

En effet, pour chacun des pays, c’est l’inverse d’un progrès que l’euro a apporté, aussi bien individuellement que collectivement. Grâce à l’Euro, l’Irlande a pu baisser son taux d’impôt sur les sociétés et devenir la tête de pont des sociétés anglo-saxonnes voulant accéder au marché unique. En clair, devenir un cheval de Troie américain fonctionnant sur un dumping fiscal sans rien apporter en retour à la zone euro, si ce n’est un risque systémique quand la crise fut venue. Pour la France, l’Irlande et dans une moindre mesure la Belgique, l’Euro a permis aux gouvernements d’emprunter pas cher à tel point que les budgets n’ont jamais été en équilibre. « Grâce à l’Euro », la Grèce est au bord de la faillite, la France est dans une situation budgétaire catastrophique…et pour la Belgique, je ne reviendrai pas sur les bénéfices de l’euro mais aussi de l’Europe pour ce pays, tant la dislocation avancée de celui-ci nous montre que ce pays n’en est plus un sous la pression séparatiste européenne.

Et enfin il reste les cas de l’Espagne et de l’Allemagne. Pour l’Espagne, l’euro a permis aux espagnols d’emprunter à taux négatif et d’investir dans l’immobilier. Résultat une gigantesque crise immobilière qui plonge le pays dans une dépression qui sera très longue car il n’y a pas d’autre pilier de croissance dans le pays de Cervantès. Et pour l’Allemagne, l’avantage de l’euro est qu’il a permis à ce pays d’accroitre son avantage compétitif CONTRE les autres pays européens (petit argument pour les bisounours européens) et d’empêcher les pays de rétablir l’équilibre de leur commerce extérieur par des dévaluations. Résultat l’Allemagne est hyper-excédentaire dans une zone euro sinistrée et est en train de dépecer à vif notre industrie comme le dit Christian Saint Etienne. L’Allemagne a joliment manœuvré dans une perspective nationale, pas dans une perspective européenne. Et le pire est que nous continuons à laisser les allemands piloter la zone euro au lieu de choisir l’affrontement afin de répondre à l’agression allemande et l’extension de sa domination sur tout le continent (comme quoi l’Histoire semble simplement s’être déplacée d’un terrain à un autre).

Donc la vraie question est désormais : quel avantage réel la France a-t-elle à rester dans l’eurozone hormis la lâcheté de nos gouvernants et le bien-être des élites mondialisées qui ne veulent pas changer leurs euros quand ils vont faire leur course à Milan…? L’euro a été une prime au laxisme, un accélérateur d’endettement, un ralentisseur des réformes (avec l’euro le tournant de la rigueur de 83 n’aurait surement pas eu lieu) et surtout le fossoyeur de nos industries. Il est temps que la France ouvre les yeux sur cette réalité malgré ce que peuvent nous dire les médias et les gouvernants…

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« Si l’Olympique Lyonnais jouait un peu moins bien, les choses seraient plus faciles pour le Bayern Munich »

Posted by lolik11 sur 16 mars, 2010

Il faut tout faire pour conserver Riberi (l'euro)

Il faut tout faire pour conserver Riberi (l'euro)

C’est en ces termes footballistiques qu’a répondu le ministre allemand des Finances W.Schäuble à son homologue français, qui a jeté lundi, dans le Financial Times, un petit pavé dans la mare : « Je ne suis pas sûre que le modèle allemand soit viable à long terme et pour l’ensemble du groupe.  Clairement, l’Allemagne a fait de l’extrêmement bon travail ces dix dernières années, améliorant sa compétitivité, mettant une très forte pression sur ses coûts du travail »

L’argument de dumping social avec le coût du travail est nul et Chr.Lagarde n’a pas peur du ridicule, venant d’un pays qui n’a pas le courage de prendre les mesures qu’il faut prendre.  En somme, elle adresse trois reproches à notre voisin : L’Allemagne exporte trop, ne consomme pas assez et arrive à contenir les coûts du travail ! L’Allemagne, c’est notre Chine européenne ! Sauf que là, il n’y a pas de concurrence déloyale avec une monnaie sous-évaluée, puisque pas de chance, nous avons la même monnaie.

Sur 15 ans la hausse des salaires a été de 15% en Allemagne et de 35% en France : nous sommes les seuls à croire à la relance par consommation qui ne fait que reporter la crise sans jamais la résoudre. L’Allemagne, elle, a misé sur les investissements ; sur la même période, la productivité s’y est accrue de 1,5% l’an contre 1% en France et c’est bien la productivité qui est en cause bien plus que le différentiel de coût du travail. Résultat, la part de marché de la France dans les exportations intra-européennes a chuté de 5 points ces dix dernières années, tandis que l’Allemagne réussit à dégager un excédent commercial de 200 milliards chaque année.

Ceci étant dit, c’est vrai que le modèle mercantiliste allemand n’est pas viable à long terme dans une zone à monnaie unique puisque les excédents de balance commerciale des uns sont des déficits des autres. Mais Chr.Lagarde se trompe de combat ; d’abord parce que celui qu’elle engage n’a aucune chance d’aboutir. Le porte-parole d’A.Merkel a beau jeu de répondre « Nous ne sommes pas un pays qui décrète les salaires ou la consommation » puisque qu’en effet, l’Allemagne ne disposant pas de salaire minimum généralisé, le gouvernement peut difficilement agir sur ce levier. Ensuite parce que l’Allemagne bénéficie de l’euro qui dope ses exportations et qu’on n’imagine pas un pays interrompe ses exportations au motif de faire plaisir à ses voisins. Car c’est bien l’euro qui est en cause dans cette affaire tout comme dans les problèmes de la Grèce.

En effet, la politique monétaire de la zone euro est une politique moyenne ; elle pose donc des problèmes aux extrêmes. Un euro trop fort pour les pays qui manquent de productivité (Espagne, Grèce, Portugal, Irlande et bientôt Italie et France) qui pénalise leurs exportations et un euro trop faible pour l’Allemagne ou la Hollande, au regard  de leur productivité, qui sans l’ajustement nécessaire des changes, leur permet d’accumuler des excédents commerciaux au détriment de leurs partenaires. Bon, vous l’avez compris, pour cette raison et bien d’autres je ne suis pas très europhile. La solution ? Je me risque à donner la mienne : que l’Allemagne sorte de l’euro pour commencer. Ce ne sera pas suffisant : certes, mais ce serait peut-être la moins mauvaise de toutes les solutions.

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L’Allemagne paiera pour les PIGS

Posted by echopolitique sur 16 février, 2010

Depuis 10 ans, l’Allemagne a mené une politique de désinflation compétitive. Cette politique a comprimé les salaires allemands et la protection sociale pour permettre à l’Allemagne d’améliorer sa compétitivité, au détriment de la France et de l’Italie principalement. La place de premier exportateur mondial a été la récompense de cette politique et lui a permis d’amasser d’importants excédents commerciaux. La France et l’Italie se sont vues dans l’impossibilité de dévaluer leur monnaie, solution classique suite à une perte de compétitivité, car nous partageons la même monnaie.

En parallèle et pour faire passer cette politique auprès des allemands, l’Allemagne qui contrôle totalement la BCE malgré son président français (qui en fait prend ses ordres auprès du ministre allemand des finances), a fait le choix d’un Euro fort depuis la création de la monnaie unique. Cet Euro fort permet à l’Allemagne et aux allemands de payer moins cher leurs importations, biens produits en Chine et pétrole en premier lieu, et de limiter l’inflation à son strict minimum. Comment ne pas voir que la politique monétaire de la zone Euro n’est rien que le prolongement de la politique monétaire allemande (mark fort et peu d’inflation). Et beauté de la chose, cet Euro fort handicape encore plus la France et l’Italie, ses principaux concurrents économiques. En fait, toute la stratégie économique allemande est basée sur une compétitivité retrouvée et l’impossibilité pour ses concurrents français et italiens de dévaluer, ce qui fait dore à Chirstian St Etienne que l’Allemagne est en train de dépecer à vif l’industrie française…(ce qui pose la question de la sortie de l’euro pour la France mais cela est un autre débat).

Tout cela me fait dire que l’Allemagne est obligée de sauver la Grèce ou tout autre pays de la zone Euro en difficulté…jusqu’à un certain point. En fait, tant que le coût du sauvetage sera moins élevé que le coût de la faillite de l’Euro, l’Allemagne interviendra. Car il ne faut pas oublier que l’Allemagne serait l’économie européenne qui aurait le plus à perdre avec la fin de l’Euro. Le Deustche Mark retrouvé s’apprécierait très fortement vis-à-vis de toutes les monnaies du monde et plus particulièrement du Franc, du Lire, du dollar et du yuan, ce qui dégraderait la compétitivité exportatrice allemande. Et comme il n’y a que très peu de moteur de consommation intérieure, l’Allemagne se retrouverait fort dépourvue quand la fin de l’Euro fut venue. Les pays du club Med peuvent être tranquilles pour un moment, l’Allemagne paiera…pour le moment.

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