Echopolitique

Ne pas faire de politique, c'est faire la politique de ceux qui nous imposent la leur.

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L’Islande ou comment un petit peuple gardant sa souveraineté refuse les diktats bancaires et européens

Posted by echopolitique sur 23 avril, 2011

Les islandais ont refusé par 2 fois le diktat des banques, des autres pays européens et de leurs dirigeants...un véritable exemple pour tous ceux qui pensent qu'une Autre Politique est possible !

Nos cousins du Nord sont en train de nous donner une belle leçon de démocratie et de retour du politique dans l’indifférence totale des médias et le silence de nos élites. Et pour cause, ils font preuve d’une indépendance que nous avons volontairement abdiquée et qu’il serait cruel de nous rappeler.  Et ils nous montrent une voie pour la sortie de crise contraire à tous les dogmes européistes.

Mais revenons au commencement, en 2008, l’économie islandaise qui avait basé son développement fulgurant de la dernière décennie sur un secteur bancaire atrophié (les avoirs des banques représentaient 10 fois le PIB), est au bord de la faillite. La crise financière entraine la chute des grandes banques du pays et le pays décide de les nationaliser. Mais contrairement à celui de l’Irlande, le gouvernement choisit de ne pas les renflouer et les laisse faire faillite tout en garantissant les dépôts des seuls islandais. Le pays subit un choc très rude, la couronne se dévalue fortement (au point d’envisager d’entrer dans l’Union Européenne et l’euro), le PIB accuse un fort recul ce qui conduit le gouvernement à formuler une demande d’aide auprès du FMI et de la Russie afin de boucler les fins de mois difficiles. Après avoir passé la phase la plus aigue de la crise, le gouvernement de centre-droit est obligé de démissionner pour laisser place à une alliance de gauche.

Dans cette tourmente bancaire, bon nombre de britanniques et de néerlandais (et plus particulièrement des fonds de pension gérant leur retraite) ont perdu près de 4 milliards dans la faillite d’Icesave. Devant cela, leurs gouvernements respectifs ont garanti les fonds (en clair les ont remboursés sur le budget de l’Etat) et se sont retournés contre le gouvernement de Reykjavik pour obtenir un remboursement de l’Etat islandais. Les gouvernements  – dont le nouveau gouvernement islandais de gauche fraichement élu sur le refus du peuple de payer pour la crise des banques – se mettent d’accord sur un plan de remboursement 3,8 milliards d’euros, ce qui représente tout de même 40% du PIB islandais…pour rembourser les clients britanniques et néerlandais d’une faillite d’une banque en ligne opérant principalement à l’étranger ! Lire le reste de cette entrée »

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La classe politique doit être à la hauteur du défi

Posted by lolik11 sur 2 février, 2011

Partant du postulat, que la sortie de la zone euro nous est interdite, car les dégâts seraient trop importants, Jean-Marc Daniel, balaie, de façon fort instructive, l’éventail des fausses analyses et des fausses solutions pour en arriver à dégager trois propositions susceptibles de  nous sortir du pétrin dans lequel nous nous enfonçons.

– Diminuer les dépenses publiques

– Basculer la fiscalité des entreprises vers celle des ménages et pour cela, augmenter la CSG de 5 ou 6 points et alléger d’autant la fiscalité des entreprises

– Renoncer au fédéralisme budgétaire au bénéfice de transferts de main d’œuvre des pays à fort chômage vers les pays en plein emploi.

C’est un résumé un peu lapidaire des 20 mn de cette vidéo dont la conclusion ressemble à une grosse blague : la classe politique doit être à la hauteur du défi !

A mon avis, autant la deuxième proposition commence à avancer dans les esprits et la première entame une amorce conflictuelle mais pas tout à fait désespérée, la perte du triple A pouvant bien aider le mouvement, ceux qui s’aventureraient dans la dernière proposition, suivant en cela Mme Merckel, ruineraient assurément leur avenir et le nôtre par la même occasion et feraient paraître les dégâts promis d’une sortie de l’euro comme d’aimables broutilles…

 

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Ne rigolez pas, c’est votre pognon

Posted by lolik11 sur 8 août, 2010

Chaque jour apporte son nouveau scandale, sa nouvelle petite affaire, sa nouvelle révélation sur les pratiques de notre classe dirigeante…Une des dernières en date est assez emblématique du comportement de notre classe politique. Pour résumer la situation, le compagnon de C.Lagarde a dirigé de 2003 à 2005, le centre de promotion de l’emploi par la micro-entreprise (CPEM), une association marseillaise créée en 1994 par le maire UMP de la ville, qui a bénéficié d’un million d’euros d’aide du Fond Social Européen. Les enquêteurs anti-fraude de Bruxelles ont trouvé quelques irrégularités qui auraient du empêcher cette association de toucher cette subvention, à commencer par le fait que la mairie de Marseille soit totalement derrière cette structure ; en effet, c’est elle qui traite les dossiers et met à disposition ses salariés. Ils demandent donc le remboursement de cette subvention.

Alors nombre de commentateurs et toute l’opposition en tireront la conclusion que cela confirme que le gouvernement en place est corrompu, que ces magouilles et compagnie et continueront leur entreprise de délégitimation du Président (qui a toujours été vu comme un usurpateur par la droite chiraquienne et par les socialistes). Tout cela est peut-être vrai mais reste de la politique politicienne. Car qui croit encore que les pratiques de l’opposition sont différentes ? Il suffit de regarder celles de Désirs d’avenir qui était une association qui est devenue un parti politique puis redevenue une association ou encore les nombreuses magouilles avec les associations dans l’agglomération marseillaise. Qu’on n’aille pas nous faire croire que la droite sarkozyenne soit le Vice et que ses opposants, la Vertu.

Non, le vrai scandale dans les affaires qu’on voit actuellement est bien que les politiciens aient la possibilité de magouiller comme cela… Comment se fait-il que la Commission européenne ait des millions d’euros à distribuer par l’intermédiaire d’un fond social dont ni vous ni moi, je parie, n’ont jamais vu la couleur d’un centime ? Et après on nous dit que l’Etat est en faillite ? De l’argent, il y en a des tonnes dans les budgets de l’Etat, des collectivités publiques, de l’Europe. Il faut voir les millions, les milliards d’euros déversés dans des subventions aux associations, pour des projets, des organismes qui ne servent pas l’intérêt général mais ceux du clientélisme. Et la vraie question est de savoir comment cet argent est réellement utilisé. Car il ne faut pas oublier que les millions dont on parle sont des millions pris aux contribuables, donc à vous et moi d’une manière ou d’une autre…

Au moment où on demande des efforts à nos concitoyens, au moment où la France s’enfonce dans une rigueur qui verra des dépenses utiles supprimées mais des inutiles conservées, au moment où les français vont voir leurs impôts augmenter pour sauver un euro qui nous condamne aux délocalisations et à la désindustrialisation, les pratiques de notre classe politique doivent être bien mieux contrôlées. Et  pas seulement dans ces pratiques prétendues affaires. C’est chaque euro mal dépensé qui devrait être une affaire (comme par exemple quand on voit que SOS Racisme reçoit des subventions de l’Education Nationale, du ministère de la Jeunesse et des Sports, de la Ville de Paris, du Conseil régional d’Ile de France…) car, même si notre pays adore les impôts, il ne faut pas oublier que chaque euro dépensé par le secteur public est un euro pris aux français. Et que seul l’intérêt général doit justifier cette contrainte.

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Grèce : 17 milliards jetés par la fenêtre…

Posted by echopolitique sur 6 mai, 2010

Qui prêtera au Portugal, à l'Espagne et la France pour qu'ils prêtent à la Grèce ? Et à combien ?

Qui prêtera au Portugal, à l'Espagne et la France pour qu'ils prêtent à la Grèce ? Et à combien ?

Le plan de sauvetage de la Grèce a été finalisé le week-end dernier entre l’Union Européenne, le FMI et la Grèce. Les pays européens et le FMI apporteront 110 milliards d’euros dans les 3 ans ce qui permettra à la Grèce de ne pas faire appel aux marchés financiers pendant environ 18 mois. En échange, la Grèce s’engage à mettre en place un plan d’austérité drastique qui permettra d’économiser 11 points de PIB en 3 ans. La partie française de ce plan (17 milliards sur 3 ans à 5%) a été approuvée par la grande majorité des parlementaires dans la nuit de lundi à mardi.

Comme d’habitude, dès qu’un sujet concerne l’Europe, la gauche et la droite se retrouvent dans une belle unanimité qui est bien souvent celle du renoncement. Alors bien sûr, la gauche mâtine son soutien de discours sur l’Europe sociale (dont aucun autre pays européen ne veut) tandis que la droite nous vante l’Europe qui crée de la croissance et protège (de quoi, on se le demande…), les deux n’hésitant pas à engager 1% du pib français sur trois années !  Les mêmes arguments ou plutôt les mêmes mensonges qu’en 2005 pour le TCE, qu’en 1992 pour le traité de Maastricht, qu’en 1955 pour Rome…Heureusement qu’il y avait le député Nicolas Dupont-Aignan pour faire entendre une voix dissonante à l’Assemblée Nationale en rappelant que la situation actuelle n’est que la conséquence de deux décennies d’euro, cet aventurisme de la monnaie unique comme le disait déjà Philippe Seguin en mai 1992 dans son discours pour la France, aventurisme qui privilégie l’idéologie fédéraliste sur les réalités européennes.

Le pire est que le plan de sauvetage à la Grèce et le plan d’austérité qui lui est adjoint n’auront aucun effet réel sur l’économie grecque, sauf celui de faire mourir en bonne santé ce pays. D’ailleurs, les marchés ne croient pas au package grec, en témoigne la panique à laquelle nous assistons depuis lundi. En effet, on va peut-être assurer à la Grèce le financement de sa dette pour quelque temps mais en aucun cas la Grèce n’aura la capacité de rembourser sa dette ; il ne sert à rien de vouloir éviter l’inévitable car la charge d’intérêts que devra payer chaque année ce pays sur sa dette publique, sera supérieure à sa croissance économique. Or, pour rembourser, il faut générer des rentrées financières, mais avec le plan d’austérité, on est en train de tuer le moteur interne et sans dévaluation, on ne relance pas le moteur externe. Je ne suis pas en train de dire que la Grèce doive continuer à faire la cigale mais un plan d’austérité sans dévaluation, c’est comme jeter l’argent par les fenêtres. Aucune leçon de l’Histoire n’a été retenue : Argentine dans les années 2000, crise asiatique dans les années 1990 et encore plus loin le plan Laval en 1935. La politique de déflation ne peut pas fonctionner sans dévaluation.

Mais pour qu’il y ait dévaluation, encore faudrait-il que cela soit possible. Or avec l’euro-fort dirigé par l’Allemagne, aucune chance. Les allemands sont obnubilés par la valeur de leur précieux mark devenu euro, qui est la garantie d’un niveau de retraite confortable pour un peuple vieillissant. Sauf à organiser une sortie de la Grèce de l’Euro (ou de l’Allemagne…). En attendant, les européens devront remettre au pot dans deux ans, trois ans et tant qu’une croissance forte et durable ne sera pas assurée, la crise de la dette eurolandaise se prolongera et c’est toute la zone euro qui sera attirée dans le gouffre, entrainant avec elle toute la construction européenne vers un échec historique.

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Le virage libéral de Sarkozy (2)

Posted by lolik11 sur 1 avril, 2010

Hier soir nous étions tous fatigués et Lomig le premier, nous a livré ce matin, l’extrait essentiel du discours de N.Sarkozy devant les députés de la majorité. Mais notre Président avait en introduction brossé un tableau assez terrifiant de la situation de la France avant d’en arriver au morceau de bravoure du bouclier fiscal qu’il nous a retranscrit. A mon tour, de vous livrer, les quelques mesures urgentes qu’il prévoit d’insérer dans le collectif budgétaire qui sera présenté avant l’été.

« Notre croissance est atone depuis des années et ce n’est pas faute d’avoir essayé par tous les moyens de relancer l’activité et de soutenir le pouvoir d’achat ; ceci se traduit aujourd’hui par un endettement de la France de 1.489 milliards d’€, résultat cumulé de 30 années de déficit de l’Etat, des collectivités territoriales et de la Sécurité sociale. Il est temps d’ouvrir les yeux et de parler de moralité ; quel homme responsable pourrait accepter de laisser ce fardeau à nos enfants ? Le temps est venu de la responsabilité et de jeter les bases d’un redressement que nos citoyens appellent de leurs vœux.

L’Etat, même entouré des meilleurs experts, ne peut se substituer aux décisions responsables exercées par chacun d’entre vous et le passé nous rappelle que les tentatives planificatrices prétendant prévoir l’avenir, qu’elles prennent le nom de Concorde ou Plan calcul, ont toujours mené à des gouffres budgétaires. C’est pourquoi je vous propose de remettre entre les mains de chacun le choix des investissements d’avenir, en gelant le grand emprunt dont le remboursement priverait chaque contribuable d’une ressource qu’il aurait pu, à son choix et selon ses besoins, orienter vers l’investissement ou la consommation. Puisque nous parlons d’avenir et que nous voulons tous des entreprises à la hauteur de nos capacités d’innovation, je veux que l’investissement soit désormais encouragé ; c’est pourquoi je proposerai que l’ISF (vieille relique mitterrandienne dont le triste surnom est lncitation à Sortir de France) soit définitivement abrogé ainsi que tous les droits de succession tandis que les intérêts d’emprunt des entreprises, eux, ne seraient plus déductibles.

L’avenir nous rappelle aussi que pour tous la retraite doit être financée. Je dois avoir le courage de dire que notre système actuel s’apparente plus au système Madoff qu’à un financement responsable de l’avenir de chacun. Déjà aujourd’hui, 10% des retraites sont financées par l’emprunt et la CRDS (contribution au remboursement de la dette sociale) est prévue jusqu’en 2021 ! La transition entre un système de répartition et celui de la capitalisation sera longue mais n’est pas impossible. C’est ce chantier qui sera ouvert à l’automne et non celui de réformes paramétriques, comme certains vous l’avaient peut-être laissé croire, qui ne vous laisseraient le choix que de travailler jusqu’à 70 ans ou de vivre avec 500 € par mois.

Enfin, le courage nous obligera à affronter bien des résistances ; en effet il existe aujourd’hui environ 480 niches sociales et fiscales (elles sont si nombreuses que personne ne peut les compter) et devant chacune d’entre elles les gardiens sont nombreux ; le dernier rapport de la Cour des Comptes en évaluait le coût à 70 milliards d’€ (voire 140 puisque certaines ne sont même plus répertoriées comme niches fiscales). Ceci devra disparaitre pour laisser place à une fiscalité neutre, encourageant l’épargne et laissant à chacun la responsabilité d’investir ou de consommer selon des choix dans lesquels l’Etat n’a pas à favoriser une partie de la population plutôt qu’une autre. »

J’ai certainement oublié beaucoup de mesures annoncées tant celles-ci étaient nombreuses et entrecoupées d’applaudissements qui ne m’ont pas permis de tout entendre mais d’autres peuvent prendre la suite.

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L’Allemagne paiera pour les PIGS

Posted by echopolitique sur 16 février, 2010

Depuis 10 ans, l’Allemagne a mené une politique de désinflation compétitive. Cette politique a comprimé les salaires allemands et la protection sociale pour permettre à l’Allemagne d’améliorer sa compétitivité, au détriment de la France et de l’Italie principalement. La place de premier exportateur mondial a été la récompense de cette politique et lui a permis d’amasser d’importants excédents commerciaux. La France et l’Italie se sont vues dans l’impossibilité de dévaluer leur monnaie, solution classique suite à une perte de compétitivité, car nous partageons la même monnaie.

En parallèle et pour faire passer cette politique auprès des allemands, l’Allemagne qui contrôle totalement la BCE malgré son président français (qui en fait prend ses ordres auprès du ministre allemand des finances), a fait le choix d’un Euro fort depuis la création de la monnaie unique. Cet Euro fort permet à l’Allemagne et aux allemands de payer moins cher leurs importations, biens produits en Chine et pétrole en premier lieu, et de limiter l’inflation à son strict minimum. Comment ne pas voir que la politique monétaire de la zone Euro n’est rien que le prolongement de la politique monétaire allemande (mark fort et peu d’inflation). Et beauté de la chose, cet Euro fort handicape encore plus la France et l’Italie, ses principaux concurrents économiques. En fait, toute la stratégie économique allemande est basée sur une compétitivité retrouvée et l’impossibilité pour ses concurrents français et italiens de dévaluer, ce qui fait dore à Chirstian St Etienne que l’Allemagne est en train de dépecer à vif l’industrie française…(ce qui pose la question de la sortie de l’euro pour la France mais cela est un autre débat).

Tout cela me fait dire que l’Allemagne est obligée de sauver la Grèce ou tout autre pays de la zone Euro en difficulté…jusqu’à un certain point. En fait, tant que le coût du sauvetage sera moins élevé que le coût de la faillite de l’Euro, l’Allemagne interviendra. Car il ne faut pas oublier que l’Allemagne serait l’économie européenne qui aurait le plus à perdre avec la fin de l’Euro. Le Deustche Mark retrouvé s’apprécierait très fortement vis-à-vis de toutes les monnaies du monde et plus particulièrement du Franc, du Lire, du dollar et du yuan, ce qui dégraderait la compétitivité exportatrice allemande. Et comme il n’y a que très peu de moteur de consommation intérieure, l’Allemagne se retrouverait fort dépourvue quand la fin de l’Euro fut venue. Les pays du club Med peuvent être tranquilles pour un moment, l’Allemagne paiera…pour le moment.

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Fermer une ligne TGV ? Vous n’y songez pas, elle a été financée par les collectivités !

Posted by lolik11 sur 18 janvier, 2010

Pour autant, Bernard Aubin, secrétaire général de la CFTC- Cheminots, ne s’inquiète pas outre mesure de suppressions pures et simples de dessertes TGV. « On va assister à ce qui s’est passé pour les trains Intercités. Face à des menaces de suppression, des élus locaux se sont mobilisés. L’État a semblé faire pression sur la SNCF et tout est rentré dans l’ordre.

Pour autant, Bernard Aubin, secrétaire général de la CFTC- Cheminots, ne s’inquiète pas outre mesure de suppressions pures et simples de dessertes TGV. « On va assister à ce qui s’est passé pour les trains Intercités. Face à des menaces de suppression, des élus locaux se sont mobilisés. L’État a semblé faire pression sur la SNCF et tout est rentré dans l’ordre.

C’est Fabienne Keller, qui signe ce raisonnement magistral.

La Sncf, elle fait ses comptes : la branche TGV (dite SNCF Voyages) a vu son CA baisser de 1,4% en 2009 et entre la crise et la hausse des péages (payés à RFF), environ 20% des TGV génèrent des pertes et cette proportion pourrait passer à 30 en 2010 ! Le nombre de trains a déjà été réduit mais le taux d’occupation a déjà chuté de 77 à 75% en 2009 et pour 2010, une nouvelle baisse de 3,6% est anticipée.

Mais qu’importe ! Les axes, Nantes-Strasbourg et Bordeaux-Strasbourg sont sacrés puisque « la construction de la ligne TGV a été largement financée par les collectivités ». La Sncf perd des clients ? « Cette question renvoie à la tarification qui ne doit pas devenir un prétexte à la réduction du nombre de trains ». En gros, les voyageurs voyagent moins mais il faudrait maintenir le même nombre de trains et la tarification ne devrait pas s’encombrer de calculs mesquins de hausse des péages ! Et si l’argument n’avait pas convaincu, F.Keller dispose de l’argument fatal ! « Le train est d’ailleurs la manière la plus écologique de se déplacer »fermez le ban. Etre sénatrice, ouvre tous les possibles…

Pour éviter de paraître chipoter, rappelons quand même qu’au 1er semestre 2009, la marge opérationnelle était en baisse de 56% et que le résultat net s’affichait quand même en pertes de 496 millions [1]. Et que si RFF augmente ses coûts de péage, c’est que le gestionnaire délégué de l’entretien du réseau facture ses services à des coûts impressionnants (environ 3 M€). Le gestionnaire délégué, vous l’avez compris, n’étant autre que la Sncf ! Et dont le PDG, Guillaume Pépy, claironnait cet été, devant la recrudescence des accidents de caténaires : « Nous n’allons pas lésiner sur les moyens ! ».

De fait, les moyens sont là, conséquence de la réglementation archaïque réglementant le travail des cheminots et de la menace sociale qui pèse en permanence sur l’entreprise. Les avantages acquis ont été maintenus et réforme ou pas, les cheminots peuvent toujours prendre leur retraite entre 50 et 55 ans. Et économiquement, l’entreprise ne peut pas équilibrer ses comptes (grandes lignes ou fret) tant que son organisation ne sera pas sortie de son immobilisme syndical.  Pour faire bouger, l’ankylosé, ne reste qu’à attendre l’ouverture à la concurrence du trafic voyageurs international, heureusement prévu en  2010 ; ça tombe bien car un projet Veolia pourrait même ouvrir pur la plus grande joie de F.Keller et de Rachida, sur Paris-Strasbourg  dès 2012 !

[1] Sans parler de 7 Milliards € d »endettement malgré les subventions reçues (estimation 12 Milliards € annuels)

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Dubaï : alors les faillites d’Etat n’existent toujours pas…

Posted by echopolitique sur 27 novembre, 2009

Dubaï vient à peine d'achever la construction de la Tour la plus haute du monde que le pays est en faillite...

Mercredi dernier, Dubaï annonçait un moratoire sur le remboursement de la dette de son holding public Dubaï World. Ce moratoire, qui dit que jusqu’au 31 mai 2010, rien ne sera remboursé, doit permettre à Dubaï de réorganiser sa dette qui s’élève à 80 à 90 milliards de dollars (dont 59 milliards pour son holding public) et représente 70% du PIB . En clair, Dubaï a annoncé hier qu’il était en quasi-faillite. Cette annonce a provoqué une onde de choc importante sur les marchés financiers avec de fortes pertes et surtout des dégradations de notation des entreprises et les dettes des pays de la région mais heureusement (hasard ou coïncidence), Wall Street était fermé jeudi.

La vraie question que tout le monde se pose est désormais de savoir quel sera l’ampleur du jeu de dominos et si cela va déstabiliser l’économie mondiale...encore. Les premières inquiétudes portent tout d’abord sur les Etats voisins du Golfe tels qu’Abu Dhabi car Dubaï était leur centre financier et toutes les banques et grandes entreprises de la région sont étroitement associées au petit émirat dépourvu de pétrole. La faillite de l’émirat affaiblit ses voisins mais jusqu’à quel point ?  Ensuite, beaucoup d’établissements bancaires ont fortement investi depuis 10 ans à Dubaï et plus encore depuis la crise des subprimes, Dubaï étant devenu une espèce de destination refuge. Les dépréciations et pertes qui vont venir seront moins importantes que pour les subprimes (on parle tout de même de 1,1 milliard pour BNP, 11 milliards pour HSBC…) mais le mécanisme est le même et tout le monde redoute que le système bancaire soit de nouveau touché surtout si la contamination devait atteint les autres pays du Golfe. Et enfin, il y a de grands risques qui viennent du fait que Dubaï et les autres pays du Golfe possèdent des participations dans de nombreuses entreprises européennes, américaines ou asiatiques. Si ces participations devaient être vendues pour faire face aux créances, ce sont des actionnaires de référence (et souvent stabilisateur comme dans le cas d’EADS ou Daimler) qui partiraient, laissant la porte ouverte à un futur incertain…Pour le moment, pour régler ce petit problème, Dubaï a émis une nouvelle tranche de 5 milliards d’obligations souscrites par Abu Dhabi (on voit Ponzi poindre le bout de son nez). Il ne manquerait plus que le FMI se porte au secours des finances des îles en forme de palmier ! Aussitôt la nouvelle connue Moodys’ et Fitch ont abaissé note de la holding à BBB- , confirmant au passage que les agences de surveillance ne surveillent rien du tout et ne sont que des caisses enregistreuses des défauts de paiement avérés.Pour faire sérieux, elles ont quand même annoncé qu’elles allaient réviser la position de 17 banques et de 5 sociétés d’investissement des Emirats Arabes Unis dans les semaines à venir !

Les accros de la dépense publique et les archéo-keynésiens qui nous serinaient que les Etats ne pouvaient pas faire faillite en sont pour leurs frais. Il y avait bien eu des alertes un peu avant mais tout le monde avait lié cela à la crise financière et à des excès dans les modèles de développement économique non-supportables (substenable growth). Ils feront probablement de même avec Dubaï en expliquant que l’émirat avait tout misé sur l’économie financière (comme l’Islande et la Grande-Bretagne), la spéculation immobilière (comme les Etats-Unis ou l’Espagne) et le tourisme de luxe, 3 secteurs en crise. Ceci est vrai mais n’efface pas le fait qu’un Etat peut faire faillite et que la faillite arrive par la dette et son fardeau.  Au final, peu importe comment la dette a été contractée, que ce soit pour construire des tours ou des îles artificielles ou pour payer des fonctionnaires et offrir des allocations, le fardeau reste le même ainsi que le risque de faillite.

Cela nous ramène donc à la situation de la France et à sa gigantesque dette. Je ne rappellerai pas l’urgence du désendettement que personne ne veut entendre. Par contre, peut-être que les gens commenceront à comprendre ce qui se joue quand la France perdra sa notation AAA qui lui permet de continuer à se shooter à la dette à bon prix. D’ailleurs, nous n’en sommes pas si loin que ça, comme l’a montré la polémique WoerthGuaino sur le grand emprunt (le premier annonçant un faible montant quand le deuxième disait qu’il n’y avait pas de limite car c’était une décision politique) qui a obligé F.Fillon à intervenir fortement contre « les conseillers de l’Elysée » qui ne font pas partie de l’exécutif. Il faut dire que Fillon savait de quoi il retournait et pas seulement de politique politicienne : si la France ne mettait pas de limites à son grand emprunt, les agences de notation menaçaient de déclasser la note de la France, il fallait donc rassurer tout le monde. Ce qui a été fait et puisque Guaino n’est pas revenu à la charge, cela montre que la situation devait être très difficile… Conclusion : la France est loin d’être à l’abri d’une faillite, la dette représente un risque réel sur notre pays et il serait intelligent de commencer à s’en occuper au lieu de continuer à gaspiller l‘argent public.

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G20 pour rien, G20 parisien

Posted by lolik11 sur 28 septembre, 2009

"Nos pays avaient décidé de faire tout ce qui était nécessaire pour assurer la reprise, remettre en état nos systèmes financiers. Cela a marché" article 5 du communiqué final

"Nos pays avaient décidé de faire tout ce qui était nécessaire pour assurer la reprise, remettre en état nos systèmes financiers. Cela a marché" article 5 du communiqué final

Le communiqué final du sommet des chefs d’Etat de Pittsburgh, quoique s’étalant sur 23 pages, est un satisfecit à la gloire du G20, dont la décision la plus précise est le calendrier des futurs G20…Canada en juin 2010, Corée en novembre et France en 2011.

A part ça, tous sont d’accord pour écrire que nous sommes entre la crise et la reprise ! (article 1, il fallait bien trois jours de réunion pour en arriver là) et qu’ils ne cesseront leurs efforts (article 9) « tant que les travailleurs, partout dans le monde, n’auront pas trouvé un emploi décent » ; nous voila rassurés, ils s’occupent de nous.

Voila, comment ils vont s’en occuper : article 10 « Ils éviteront toute suppression prématurée des incitations » ; comprendre que les dépenses vont continuer à galoper. Tant mieux, on était inquiet et on se demandait si on serait enfin à la hauteur des enjeux et enfin capable de dépasser les 130 milliards de déficit de 2009. Ca, s’est fait on sera à 140 en 2010 ; et comme en matière de prévision, il faut corriger par un facteur multiplicateur d’au moins 1,40, on peut peut-être atteindre les 200 (un petit coup de RSA pour les moins de 25 ans et on y sera).

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