Echopolitique

Ne pas faire de politique, c'est faire la politique de ceux qui nous imposent la leur.

Les maîtres-censeurs sont à pied d’œuvre

Posted by echopolitique sur 9 septembre, 2010

Et maintenant ils retaillent l'Histoire à leur image

Et maintenant ils retaillent l'Histoire à leur image

En cette rentrée scolaire et derrière les fausses polémiques sur les 1500 professeurs sans formation, les manuels scolaires, les rythmes de travail, nous sommes en train de vivre un véritable drame sans que personne (1) ne s’en offusque. Suite à la refonte des programmes scolaires, Louis XIV et Napoléon vont tout simplement en être dégagés au profit « l’ouverture aux autres civilisations de notre monde ».

Ou plus précisément, Louis  XIV sera étudié en toute fin d’année de 4ème dans un ensemble dédié à la montée de l’absolutisme et donc survolé pour ne résumer son règne qu’à « l’Etat c’est moi ». Et le traitement est encore pire pour Napoléon qui ne sera abordé que dans le chapitre sur la Révolution et l’Empire sur le thème« la construction d’une France moderne », réduisant ainsi son œuvre, au code civil et aux lycées. Autant dire que c’est par le petit bout de la lorgnette que ces deux monuments de notre histoire seront enseignés aux élèves. Ou plutôt par le petit bout de l’idéologie, en réduisant l’Histoire de France  à la Révolution et à la construction du fameux modèle-français-que-tout-le-monde-nous-envie, tout le reste n’étant que vieille France passéiste et ne méritant donc pas d’être enseigné, sinon que pour être combattu (2).

Pour justifier ces nouveaux programmes et l’idéologie qui les sous-tend, il suffit d’écouter  Jean-Michel Blanquer, Directeur général de l’enseignement scolaire nous annoncer que « l’histoire ne s’arrête pas à la France, même si cette dernière doit rester centrale. Aujourd’hui le programme est simplement plus complet. » Ou encore le Secrétaire général de l’Association des professeurs d’histoire-géographie, Hubert Tison, pour qui «aujourd’hui, on ne peut faire l’impasse sur la Chine ou sur l’Inde, superpuissances économiques» et pour lequel «beaucoup de jeunes sont d’origine africaine: il faut aussi qu’ils se reconnaissent un peu dans les programmes» (3).

Après s’être attaqué à la littérature, comme symbole de la domination bourgeoise dans les années 70, à la transmission des savoirs au nom de l’égalitarisme dans les 80-90, les voilà maintenant qui veulent mettre à bas l’Histoire, un des derniers vestiges de l’Instruction Publique (avec les mathématiques, ça sera la prochaine étape) au nom de l’ouverture sur le monde. A chaque époque son idéologie et ses mythes et donc ses ennemis à abattre. En lieu et place de connaissances claires et précises sur l’Histoire de France, les nouveaux programmes ne dispenseront plus qu’un saupoudrage de culture mondiale aux élèves qui ainsi n’auront plus aucun repère réel sur l’Histoire de France et les grands mouvements  idéologiques, politiques, sociétaux qui ont construit ce pays (4). Ou comment organiser la déculturation des futurs citoyens.

Mais en plus de cette smicardisation intellectuelle de toute une génération, (qui n’est pas nouvelle puisqu’en matière d’enseignement, l’objectif des 80% d’une classe d’âge au bac ou des 50% diplômés de l’Université relevait du même processus), les nouveaux programmes sont aussi la traduction de la bien-pensance  de nos classes dominantes. Depuis Mai 68, les progressistes nous disent que l’Histoire de France, c’est ringard, c’est raciste, c’est la guerre, c’est le monde d’avant, surtout que pour eux, cette Histoire de France se limite à la collaboration, l’esclavage, la colonisation et c’est à peu près tout. Ces mêmes « progressistes » nous disent que l’Etat, ce n’est que subventions et droits oubliant devoirs et lois, que la France doit s’ouvrir à tout et se fondre dans le totalitarisme mou européen. Ces nouveaux programmes ne sont que la traduction dans les faits de l’idéologie de ces progressistes qui détestent la France pour qui la vieille France doit disparaitre et faire de la place à ses nouveaux maîtres intérieurs (les jeunes d’origine africaine) et extérieurs (l’Inde et la Chine). Et quoi de mieux pour cela que de rééduquer le peuple en lui mettant dans la tête, dès son plus jeune âge, ces nouvelles « vérités » (5).

Parallèlement à cela ou plutôt à cause de cette déculturation, personne ne comprend plus rien à rien ; la fonctionnaire du Conseil Régional d’Aquitaine a été exclue pour 4 mois de la fonction publique pour avoir écrit le livre Absolument dé-bor-dée ! Comme quoi dans ce pays on peut critiquer Sarkozy quand on est un fonctionnaire soumis au devoir de réserve, on peut dire que la France de 2010, c’est comme Vichy quand on est chercheur au CNRS, on peut nazifier Besson quand on est salarié de France Inter, on peut défiler en dénonçant le racisme d’Etat, Sarkozy fasciste ou la France raciste quand on est une Association subventionnée par l’Etat ou un immigré clandestin… mais on ne peut pas dire que les fonctionnaires des collectivités locales ne travaillent pas beaucoup, on ne peut pas non plus diffuser un reportage sur le rapport homme-femme dans les banlieues, on ne peut pas organiser un apéro avec du saucisson et du pinard dans un quartier multiethnique de la capitale. Les maitres-censeurs sont à pied d’œuvre pour défendre leurs « vérités » et ainsi protéger le vrai pouvoir dominant.

Et pour conclure cette belle semaine, revenons vers le papy Galinier est toujours en prison et pour lequel il n’y a pas de libération en vue. En revanche, le juge des libertés et de la détention a décidé de remettre en liberté, après avoir été traqué pendant un mois par les policiers, le 2ème suspect braqueur du casino d’Urriage (il faut dire que lui, avec 7 condamnations à son actif, ne risquait pas d’inquiéter « pour trouble à l’ordre public ») . Et les syndicats de magistrats de se retrancher derrière la séparation des pouvoirs et l’indépendance de la Justice, après les réactions des policiers et de l’exécutif, pour justifier cette forfaiture. Comme d’habitude, ils mélangent tout, mais plus personne ne prend la peine de leur dire que déjà la Justice n’est pas un pouvoir dans ce pays mais une autorité, qu’être indépendant du gouvernement ne veut pas dire être contre le gouvernement et ses représentants, et surtout que la Justice n’est pas rendue pour les syndicats politiciens des magistrats mais au nom du peuple français…

1- Enfin presque. Il y a eu quelques interventions dans les médias dont une remarquable de simplicité de Max Gallo et surtout une pétition (que je vous invite à signer) de la part du collectif « Notre Histoire forge notre avenir ».

2- On peut d’ailleurs remarquer que dans les nouveaux manuels scolaires les heures sombres, comme ils adorent dire, sont particulièrement mises à l’honneur avec l’esclavage en 4ème et en 3ème et surtout avec la collaboration et la colonisation qui figureront au programme chaque année ou presque. C’est qu’il ne faudrait pas toucher au point de consensus entre libéraux et gauchistes qui permet de déconsidérer la France en tant qu’entité politique et donc de servir les causes antinationales comme l’Europe fédéraliste ou l’altermondialisme, les deux faces du mondialisme.

3- Cette phrase mériterait des heures de discussion tant elle a des implications sociétales et politiques profondes, à commencer par la vision du cycle immigration/intégration ou encore sur la question de l’appartenance à la Nation des derniers arrivants.

4- La vraie question serait de savoir si tout cela est fait intentionnellement ou si ce sont juste, des apprentis sorciers. Poser la question revient à y répondre et même si on ne peut pas exclure quelques idiots utiles qui pensent réellement que des programmes plus ouverts aux autres cultures permettront de faire progresser nos chères têtes blondes, il ne faut pas perdre de vue que l’Histoire est bien souvent la clef de compréhension du monde actuel et donc qu’en s’attaquant à l’Histoire, les pédagogues soixante-huitards visent surtout à cela. Orwell disait dans 1984 « Qui contrôle le passé, contrôle le futur ; qui contrôle le présent, contrôle le passé ». Je crois que tout est dit…

5- Et quand on entend ce que pensent les ministres de droite tel qu’Eric Besson qui déclarait que « La France n’est ni un peuple, ni une langue, ni un territoire, ni une religion, c’est un conglomérat de peuples qui veulent vivre ensemble. Il n’y a pas de Français de souche, il n’y a qu’une France du métissage », on ne peut que comprendre qu’une telle réforme des programmes soit passée sous un gouvernement de droite.

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4 Réponses to “Les maîtres-censeurs sont à pied d’œuvre”

  1. LOmiG said

    Merci,
    j’ai vu passer pas mal de choses là-dessus, notamment la vidéo de Max Gallo, et un extrait de C dans l’air. C’est tout simplement révoltant.
    Mais je crois que c’est une adaptation très incohérente au niveau pitoyable des écoliers : j’ai discuté avec un professeur de sciences qui m’a expliqué qu’en sciences le programme avait été transformé pour 1) multiplier les sujets d’études 2) les traiter de manière superficielle. Tout est survolé, rien n’est approfondi. C’est la même logique avec l’histoire.

    Je suis très inquiet pour notre pays.

  2. […] This post was mentioned on Twitter by leprivilegie, Claudine Tissier. Claudine Tissier said: RT @leprivilegie: Echopolitique » Les maîtres-censeurs sont à pied d’œuvre – Les maîtres-censeurs sont à pied d’œuvre http://bit.ly/a5SmP1 […]

  3. lolik said

    Tu peux t’inquiéter ! Outre le déficit d’instruction dont tu donnes un bon exemple en sciences, on constate, aussi et c’est plus grave me semble-t-il, l’insuffisance de formation de l’esprit scientifique et la faiblesse du raisonnement. Ce qui permet l’irruption au pays de Descartes, de l’obscurantisme et l’approbation de toutes les âneries, avec pour seule réponse le fameux « je ne vois pas pourquoi, on ne pourrait pas… » qui sert de viatique à tous nos dérangés et faibles d’esprit.

  4. Higgins said

    Bonjour,

    Je suis toujours aussi réservé quant aux dossiers de Justice que vous mentionnez mais là n’est pas l’objet de mon commentaire. Je vous suis par contre à 100% en ce qui concerne le scandale du bradage de notre système éducatif. Qui décide de quoi et au nom de qui: certainement pas le peuple français. Je suis en train de lire avec bonheur les entretiens que Philippe Muray a eus avec Elizabeth Levy (Festivus festivus, Champ essai chez Flammarion). Je crois qu’il avait tout deviné et sa peinture de notre société n’en est que plus cruelle. Il avait, entre autres, bien diagnostiqué l’alliance destructive et implicite existante entre le PS de droite et l’UMP de gauche.
    En bon disciple d’Hari Seldon et de sa psychohistoire, je prédis que nous allons rentrer prochainement dans une période grand chaos. Je suis volontaire pour établir une Fondation qui sauvegardera notre culture et limitera dans le temps cette période incertaine.

    Bonne journée

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