Echopolitique

Ne pas faire de politique, c'est faire la politique de ceux qui nous imposent la leur.

Archive for mai 2010

Zone euro, suicide assisté par l’UMP-PS

Posted by echopolitique sur 15 mai, 2010

Pour la première fois depuis des années, Nicolas Dupont-Aignan était invité sur le plateau d’une chaine du service public où il débattait avec P.Moscovici et P.Lellouche. Pour la première fois depuis P.Seguin, un responsable politique a osé s’attaquer au mythe absolu de notre système économique : l’euro. Et espérons que cette critique de l’euro ne s’arrêtera plus et que les porteurs de cette parole oseront continuer à franchir le Rubicon. Mais il fallait entendre la violence des attaques contre NDA, raillé pour son argumentation souverainiste, moqué pour sa volonté de revenir aux monnaies nationales, sermonné pour sa supposée irresponsabilité politique, accusé d’être un populiste pour refuser que la France meure sous l’étouffoir de l’euro et enfin lepénisé pour oser s’attaquer aux mythes de l’euro et de la construction européenne. La violence des ces attaques, surtout celles venant de la part du secrétaire d’Etat, signe du zèle européen des nouveaux convertis, montre le mépris des élites pour toute idée divergente de la doxa eurobéate, le même mépris que celui qu’ont du affronter les nonistes de 2005 ou ceux de 1992…

Les deux détaillants UMP-PS du fournisseur européen nous ont joué leur vieille comédie avec les mêmes arguments usés depuis tant d’années. On a eu droit au traditionnel « il faut investir dans la recherche, l’innovation et l’économie de la connaissance » ; soit exactement la stratégie de Lisbonne définie il y a 10 ans au niveau européen qui devait faire de l’Europe la zone économie la plus compétitive du monde. Cela nous a donné 10 années de croissance à 1%.

Ensuite, on a eu droit au fameux « il faut une convergence des politiques économiques européennes et même un gouvernement économique européen ». Les deux épiciers européens oublient que personne n’en veut en Europe : ni les allemands qui ne veulent pas être solidaires des autres pays moins vertueux, trop satisfaits de dépecer l’industrie française et italienne à leur bénéfice, ni les pays qui ont rejoint récemment l’Europe, trop contents de bénéficier d’un coût salarial moins élevé et donc des délocalisations intra-européennes, ni les pays du sud qui n’ont jamais voulu développer un modèle économique basé sur la compétitivité et dont le laxisme est financé par l’UE, ni les pays anglo-saxons qui ne veulent pas entendre parler d’intégration européenne – ce blocus continental qu’ils ont toujours refusé- ni même la France qui ne souhaite pas abandonner ses acquis sociaux et son fameux modèle social…et surtout qui ne veut plus d’une intégration européenne où elle ne serait pas la France en grand.

Pour continuer, on nous a joué le couplet de l’Europe qui protège, de l’euro bouclier et de la situation qui serait pire sans l’euro et l’Europe. Et enfin, nous avons eu droit au « que pourrait la France toute seule contre la Chine, face aux Etats-Unis… ». Comme si l’Angleterre était morte, comme si la Suède, la Norvège, le Danemark, la Pologne, ou plus loin le Canada étaient morts. On nous  a joué aussi le refrain de « c’est impossible de sortir de l’euro », du « ça ne résoudrait rien et ça ferait plus de mal que de bien ». Impossible vraiment ? Alors pourquoi le Président Sarkozy aurait-il menacé la Chancelière de « réétudier la position de la France dans l’euro » si l’Allemagne n’acceptait pas le plan de sauvetage des banques et des contrats d’armements de la Grèce. Dommage qu’Angela ait cédé au bluff du président. On a aussi ressorti les « égoïsmes nationaux » et le nationalisme menant à la guerre pour décrédibiliser toute opposition à la construction européenne actuelle. Comme si la fin de l’euro et une construction européenne respectant la souveraineté des Etats-Nations allaient nous ramener en 1939.

Tous ces arguments des Dupont et Dupont pro-européens sont juste la mise en parole des renoncements d’hommes politiques incapables de penser un destin national pour le pays. Ils utilisent l’idée européenne pour accompagner leur incapacité à être autre chose que des gestionnaires du déclin français. Ils se servent de l’alibi européen pour justifier leur soumission aux lobbys et surtout pour masquer leur acceptation de voir la France se dissoudre dans ce totalitarisme mou où les politiciens ne s’embarrassent plus de ce que pense (et vit) le peuple. Alors pour remettre un peu d’opposition entre la droite et la gauche, les deux Pierre ont fait semblant de s’affronter sur les sujets sociaux et sur la rigueur. La droite voulant une Europe qui protège, la gauche souhaitant une Europe plus sociale. Les deux souhaitant aller plus loin dans l’intégration européenne qui, dans tous les cas, leur impose de mener une politique de rigueur afin de rassurer les marchés financiers, sans possibilité de développement. Après 10 ans de parenthèse, la réalité reprend ses droits et on s’aperçoit que l’euro est un étouffoir de croissance, que les économies des pays de la zone euro sont de plus en plus divergentes, qu’aucun pays ne veut réellement d’intégration européenne et que la zone euro ne sera pas une zone économique optimale (avec mobilité des travailleurs et solidarité fiscale). Ni la gauche européiste, ni la droite euroralliée n’ont pu penser cette réalité. Il est temps que des hommes nouveaux le fassent…

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Eurobéats, les idiots utiles du lobby bancaire

Posted by echopolitique sur 11 mai, 2010

Trichet, Merkel tout à leur bonheur de sauver l'euro

Trichet, Merkel tout à leur bonheur de sauver l'euro

Tirant les conclusions de l’exemple grec et de la situation budgétaire catastrophique des autres pays de la zone euro, les pays européens ont négocié, dimanche, la mise en place d’un plan de secours pouvant atteindre 750 milliards d’euros. Dans un premier temps, la Commission pourra lever 60 milliards sur les marchés avec la garantie des Etats, puis consentir des prêts aux Etats européens qui le demanderaient. Dans un deuxième temps, les Etats membres de la zone euro vont créer une société chargée d’emprunter sur les marchés et lui apporter leur garantie (88 milliards pour la France !) fin qu’elle puisse emprunter jusqu’à 440 milliards et les prêter ensuite aux pays en difficulté afin « préserver la stabilité financière de l’Europe » comme ils disent. Et le FMI pourra faire de même pour 250 milliards. Au passage, on notera que, sans que cela ne choque personne, la Commission européenne aura désormais le droit d’emprunter sur les marchés avec la garantie des Etats…Pour l’instant, la Commission européenne gérait des fonds apportés par les Etats membres mais grâce au traité de Lisbonne (article 122.2), elle peut emprunter directement en son nom. Pour faire bonne mesure, les dirigeants européens ont accepté l’idée de faire tourner la planche à billets et ont fait avaler la couleuvre à J-C.Trichet (l’indépendant qui déclarait il y a encore quatre jours, qu’une telle mesure était hors de question…), c’est-à-dire que la Banque centrale européenne achètera de la dette grecque ou espagnole et créera en contrepartie de la monnaie. En gros, tout sera fait et même au-delà pour sauver l’euro…mais malgré ça, les déficits restent et la dette continuera d’augmenter.

Ce plan gigantesque est à vrai dire, un nouvel épisode de la « privatisation des profits, socialisation des pertes ». En effet, les dirigeants européens, en mettant en place ce plan, ont assuré aux banques et autres créanciers des Etats qu’ils seront remboursés in fine par les contribuables qui se substitueront en dernier ressort aux banques. Sans oublier, bien entendu, que les banques toucheront des intérêts plus élevés pour les pays risqués…sans qu’elles n’aient à assumer le risque. Ce mécanisme est un simple racket des contribuables par le lobby bancaire puisque les banques empruntent à la BCE à 0,5%, prêtent aux Etats à 3% minimum et désormais ne supportent plus aucun risque de voir leurs créances non remboursées. D’ailleurs, les marchés ont salué, comme il se doit, ce sauvetage organisé des banques du risque souverain avec des augmentations faramineuses des bourses et plus particulièrement des valeurs bancaires (+20% minimum pour les bancaires françaises qui étaient les plus exposées).

Cela repose la question des emprunts d’Etat et de l’interdiction faite aux banques centrales d’acheter les dettes d’Etat sans taux d’intérêt, depuis 1973 par Giscard. Il faut savoir que depuis 1981, la France a payé plus d’intérêts sur la dette aux banques que l’augmentation de la dette elle-même, ce qui veut dire que si comme avant 1973, la France ne remboursait que le capital de sa dette et ne payait pas ces intérêts aux banques, nous aurions réduit notre dette ces 30 dernières années. Je connais les objections des économistes sur la monétisation des dettes et les effets inflationnistes encourus mais avec une gestion rigoureuse du budget et des taux d’intérêt, il est possible d’éviter ce risque inflationniste sans payer des milliards aux banques pour rien. Mais cela est un autre débat…qu’il faudra bien un jour rouvrir tant ce qui se passe actuellement est scandaleux.

Pour revenir à notre sujet, encore une fois les eurobéats sont les idiots utiles des lobbys qui jouent contre l’intérêt général européen. Comme au tournant de la construction européenne, marqué par l’entrée de l’Angleterre, où les eurobéats nous disaient que cela permettrait de faire une Europe puissance alors que cela était la fin même de cette idée ; comme au moment de la création de la Commission européenne qui devait permettre de mettre en place une politique européenne alors qu’elle a simplement permis au marché d’imposer sa logique à tout le Continent ; comme au moment de Maastricht et de la monnaie unique qui devait permettre d’obtenir croissance et stabilité en zone euro alors que l’expérience nous prouve que c’est la mort économique à petit feu qui nous guette ; comme au moment des élargissements successifs faits à la va-comme-je-te-pousse pour des fins strictement politiques qui empêchent tout approfondissement sérieux (manque d’approfondissement qu’ils estiment aujourd’hui, cause de la crise européenne). Pendant ce temps-là, on attend toujours la réglementation bancaire qui permettrait d’assainir le système financier, de séparer les activités de banque de détail et de banque d’investissement, de casser le « too big to fail », de limiter la spéculation sur les marchés dérivés et le marché des matières premières, d’empêcher la spéculation pour compte propre des banques (80% des résultats de Goldman Sachs), d’organiser la faillite des banques… Plutôt que de s’intéresser à ces bricoles, on va donc emprunter pour prêter et quant à ceux qui ont déjà prêté, on les remboursera en créant de la monnaie tout exprès, ce qui leur permettra, qui sait de prêter à nouveau aux mêmes en empochant au passage les intérêts ! Madoff, petit bras !

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Grèce : 17 milliards jetés par la fenêtre…

Posted by echopolitique sur 6 mai, 2010

Qui prêtera au Portugal, à l'Espagne et la France pour qu'ils prêtent à la Grèce ? Et à combien ?

Qui prêtera au Portugal, à l'Espagne et la France pour qu'ils prêtent à la Grèce ? Et à combien ?

Le plan de sauvetage de la Grèce a été finalisé le week-end dernier entre l’Union Européenne, le FMI et la Grèce. Les pays européens et le FMI apporteront 110 milliards d’euros dans les 3 ans ce qui permettra à la Grèce de ne pas faire appel aux marchés financiers pendant environ 18 mois. En échange, la Grèce s’engage à mettre en place un plan d’austérité drastique qui permettra d’économiser 11 points de PIB en 3 ans. La partie française de ce plan (17 milliards sur 3 ans à 5%) a été approuvée par la grande majorité des parlementaires dans la nuit de lundi à mardi.

Comme d’habitude, dès qu’un sujet concerne l’Europe, la gauche et la droite se retrouvent dans une belle unanimité qui est bien souvent celle du renoncement. Alors bien sûr, la gauche mâtine son soutien de discours sur l’Europe sociale (dont aucun autre pays européen ne veut) tandis que la droite nous vante l’Europe qui crée de la croissance et protège (de quoi, on se le demande…), les deux n’hésitant pas à engager 1% du pib français sur trois années !  Les mêmes arguments ou plutôt les mêmes mensonges qu’en 2005 pour le TCE, qu’en 1992 pour le traité de Maastricht, qu’en 1955 pour Rome…Heureusement qu’il y avait le député Nicolas Dupont-Aignan pour faire entendre une voix dissonante à l’Assemblée Nationale en rappelant que la situation actuelle n’est que la conséquence de deux décennies d’euro, cet aventurisme de la monnaie unique comme le disait déjà Philippe Seguin en mai 1992 dans son discours pour la France, aventurisme qui privilégie l’idéologie fédéraliste sur les réalités européennes.

Le pire est que le plan de sauvetage à la Grèce et le plan d’austérité qui lui est adjoint n’auront aucun effet réel sur l’économie grecque, sauf celui de faire mourir en bonne santé ce pays. D’ailleurs, les marchés ne croient pas au package grec, en témoigne la panique à laquelle nous assistons depuis lundi. En effet, on va peut-être assurer à la Grèce le financement de sa dette pour quelque temps mais en aucun cas la Grèce n’aura la capacité de rembourser sa dette ; il ne sert à rien de vouloir éviter l’inévitable car la charge d’intérêts que devra payer chaque année ce pays sur sa dette publique, sera supérieure à sa croissance économique. Or, pour rembourser, il faut générer des rentrées financières, mais avec le plan d’austérité, on est en train de tuer le moteur interne et sans dévaluation, on ne relance pas le moteur externe. Je ne suis pas en train de dire que la Grèce doive continuer à faire la cigale mais un plan d’austérité sans dévaluation, c’est comme jeter l’argent par les fenêtres. Aucune leçon de l’Histoire n’a été retenue : Argentine dans les années 2000, crise asiatique dans les années 1990 et encore plus loin le plan Laval en 1935. La politique de déflation ne peut pas fonctionner sans dévaluation.

Mais pour qu’il y ait dévaluation, encore faudrait-il que cela soit possible. Or avec l’euro-fort dirigé par l’Allemagne, aucune chance. Les allemands sont obnubilés par la valeur de leur précieux mark devenu euro, qui est la garantie d’un niveau de retraite confortable pour un peuple vieillissant. Sauf à organiser une sortie de la Grèce de l’Euro (ou de l’Allemagne…). En attendant, les européens devront remettre au pot dans deux ans, trois ans et tant qu’une croissance forte et durable ne sera pas assurée, la crise de la dette eurolandaise se prolongera et c’est toute la zone euro qui sera attirée dans le gouffre, entrainant avec elle toute la construction européenne vers un échec historique.

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Où sont passés les républicains de gauche ?

Posted by echopolitique sur 1 mai, 2010

Excellent débat comme toujours entre E.Zemmour et J.L.Mélenchon, les deux ayant des positions et un franc-parler que j’apprécie. Mais surtout ils ont une cohérence générale et ne cherchent pas seulement à faire plaisir à l’interlocuteur en face. Le débat en vient au voile et à la burqa (à partir de la 5’30) et J.L.Mélenchon exprime enfin une parole de la « vieille » gauche, celle qui est laïque, qui défend l’émancipation des femmes par rapport aux hommes, qui ose défendre la République et ses valeurs contre le politiquement correct de la non-discrimination, de la non-stigmatisation et du droit à la différence. J.L.Mélenchon dit quand même que les femmes en burqa sont des « fantômes qui se baladent dans la rue et qui ne veulent pas qu’on les regarde», que la République ne stigmatise pas des gens qui se stigmatisent tout seuls, Au final, J.L.Mélenchon a des paroles et des positions plus dures sur la burqa que la plupart des dirigeants de droite (y compris E.Besson qui est nazifié par le politiquement correct sur ces sujets).

Et pourtant, pas un membre du public, pas un invité sur le plateau ne pousse de cris d’orfraie ! Ce qui n’aurait pas manqué d’être le cas si les mêmes propos avaient été tenus par un homme de droite. Pourquoi ? Parce que simplement, J.L.Mélenchon est un homme de gauche. Comme si le label « de gauche » était le seul qui permette d’échapper à l’inquisition antiraciste. Il suffit de voir l’embarras de Charles Berling pour répondre à J.L.Mélenchon alors que juste avant il n’hésitait pas à s’opposer frontalement contre E.Zemmour, en l’accusant à mots couverts de racisme.

D’ailleurs, E.Zemmour met le doigt exactement là où cela fait mal en pointant les habits de la Vertu dont la gauche se pare systématiquement. La gauche peut être contre la burqa comme la droite mais elle ne doit pas être mise dans le même sac car la gauche a toujours de bonnes arrière-pensées et même une politique juste sur ces sujets, pas comme la droite. En somme, la gauche a toujours raison quelque soit la position qu’elle choisisse car elle le fait pour de bonnes raisons. Mais comme le dit E.Zemmour, si Jospin était là, la gauche se coucherait devant la burqa de peur de stigmatiser, comme elle l’avait fait devant le voile en 1989. C’est la droite, en 2004, qui a eu le courage d’interdire le voile à l’Ecole. Ce renoncement face à la religion de la République laïque nous le payons encore, les islamistes y ont vu une faiblesse de notre pays et une faille dans le paysage politique et font désormais de l’entrisme à gauche afin de renforcer leurs thèses, ce qui jusqu’à présent leur réussissait fort bien.

Le problème de la gauche est d’ailleurs superbement résumé par Ch. Berling, l’invité bien-pensant du jour, quand il dit que « tout démocrate est emmerdé avec ça  (en parlant de la burqa), qu’on soit de droite ou de gauche ». Le problème est que nous ne sommes pas seulement une démocratie, système politique où le peuple est souverain et détient le pouvoir collectivement, où les démocrates se soumettent à la loi de la majorité. Nous sommes avant tout des républicains dans une République, c’est-à-dire un régime défendant des valeurs fondamentales,  inscrites dans sa Constitution, qui ne sont pas négociables, même s’il y a un mouvement d’opinion pour les contourner, dans une circonstance particulière. Hors un remaniement de la Constitution, le principe de laïcité s’oppose fermement  aux démonstrations religieuses publiques. Le problème fondamental de la gauche sur tous ces sujets est qu’elle ne sait plus où doit être son allégeance : à la République et ses valeurs ou à la Démocratie et ses renoncements républicains ?

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