Echopolitique

Ne pas faire de politique, c'est faire la politique de ceux qui nous imposent la leur.

Le virage libéral de Sarkozy (2)

Posted by lolik11 sur 1 avril, 2010

Hier soir nous étions tous fatigués et Lomig le premier, nous a livré ce matin, l’extrait essentiel du discours de N.Sarkozy devant les députés de la majorité. Mais notre Président avait en introduction brossé un tableau assez terrifiant de la situation de la France avant d’en arriver au morceau de bravoure du bouclier fiscal qu’il nous a retranscrit. A mon tour, de vous livrer, les quelques mesures urgentes qu’il prévoit d’insérer dans le collectif budgétaire qui sera présenté avant l’été.

« Notre croissance est atone depuis des années et ce n’est pas faute d’avoir essayé par tous les moyens de relancer l’activité et de soutenir le pouvoir d’achat ; ceci se traduit aujourd’hui par un endettement de la France de 1.489 milliards d’€, résultat cumulé de 30 années de déficit de l’Etat, des collectivités territoriales et de la Sécurité sociale. Il est temps d’ouvrir les yeux et de parler de moralité ; quel homme responsable pourrait accepter de laisser ce fardeau à nos enfants ? Le temps est venu de la responsabilité et de jeter les bases d’un redressement que nos citoyens appellent de leurs vœux.

L’Etat, même entouré des meilleurs experts, ne peut se substituer aux décisions responsables exercées par chacun d’entre vous et le passé nous rappelle que les tentatives planificatrices prétendant prévoir l’avenir, qu’elles prennent le nom de Concorde ou Plan calcul, ont toujours mené à des gouffres budgétaires. C’est pourquoi je vous propose de remettre entre les mains de chacun le choix des investissements d’avenir, en gelant le grand emprunt dont le remboursement priverait chaque contribuable d’une ressource qu’il aurait pu, à son choix et selon ses besoins, orienter vers l’investissement ou la consommation. Puisque nous parlons d’avenir et que nous voulons tous des entreprises à la hauteur de nos capacités d’innovation, je veux que l’investissement soit désormais encouragé ; c’est pourquoi je proposerai que l’ISF (vieille relique mitterrandienne dont le triste surnom est lncitation à Sortir de France) soit définitivement abrogé ainsi que tous les droits de succession tandis que les intérêts d’emprunt des entreprises, eux, ne seraient plus déductibles.

L’avenir nous rappelle aussi que pour tous la retraite doit être financée. Je dois avoir le courage de dire que notre système actuel s’apparente plus au système Madoff qu’à un financement responsable de l’avenir de chacun. Déjà aujourd’hui, 10% des retraites sont financées par l’emprunt et la CRDS (contribution au remboursement de la dette sociale) est prévue jusqu’en 2021 ! La transition entre un système de répartition et celui de la capitalisation sera longue mais n’est pas impossible. C’est ce chantier qui sera ouvert à l’automne et non celui de réformes paramétriques, comme certains vous l’avaient peut-être laissé croire, qui ne vous laisseraient le choix que de travailler jusqu’à 70 ans ou de vivre avec 500 € par mois.

Enfin, le courage nous obligera à affronter bien des résistances ; en effet il existe aujourd’hui environ 480 niches sociales et fiscales (elles sont si nombreuses que personne ne peut les compter) et devant chacune d’entre elles les gardiens sont nombreux ; le dernier rapport de la Cour des Comptes en évaluait le coût à 70 milliards d’€ (voire 140 puisque certaines ne sont même plus répertoriées comme niches fiscales). Ceci devra disparaitre pour laisser place à une fiscalité neutre, encourageant l’épargne et laissant à chacun la responsabilité d’investir ou de consommer selon des choix dans lesquels l’Etat n’a pas à favoriser une partie de la population plutôt qu’une autre. »

J’ai certainement oublié beaucoup de mesures annoncées tant celles-ci étaient nombreuses et entrecoupées d’applaudissements qui ne m’ont pas permis de tout entendre mais d’autres peuvent prendre la suite.

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7 Réponses to “Le virage libéral de Sarkozy (2)”

  1. volna said

    Poisson d’avril …sarkosy proposer la flat tax , la responsabilité libérale de l’individu , la transposition des retraites de répartition en capitalisation ( à la chilienne , donc) , la capacité d’initiative , la limitation du rôle de l’état …

    I HAVE A DREAM , but …

  2. lolik11 said

    but quoi ? come on ! et bienvenue parmi nous
    Vous pouvez ici, vous exprimer et nous dire tout ce que vous auriez souhaité entendre hier.
    A bientôt

  3. argone said

    la retraite par capitalisation est du Madoff aussi, de même soumise au problème démographique. +0,5% sur les cotisations retraite avec suppression des niches fiscales pourraient libérer des dizaines de milliards pour alimenter un fond de réserve utilisable pour le financement des retraites.

    Au fait a-t-on des chiffres sur une baisse de l’évasion fiscale suite à l’instauration du bouclier fiscal (c’était bien çà le but de ce bouclier il me semble : agir sur l’évasion fiscale) ?

  4. argone said

    Selon un rapport de la Cour des comptes, le cout en 2006 des 843 départs de France est de seulement 17,6 millions d’euros. Donc pas grand chose surtout mis en regard du cout du bouclier.
    Et conclut ainsi :
    « L’ISF est rarement la raison exclusive d’un départ à l’étranger ».

  5. lolik said

    @Argone
    Vous avez raison, 17,6 millions € ce n’est pas grand chose pas rapport au coût du bouclier ; mais ces 843 exilés fiscaux 2006 ne se pas partis seulement avec leur économie d’impôt ! Il sont aussi partis avec leurs capitaux : 2,8 milliards €. Et ces capitaux sont partis rejoindre ceux qui sont partis avant eux (la dernière estimation des capitaux exilés est de 200 milliards depuis la création de l’ISF). Ils sont partis avec quelques points de pib, pas mal d’emplois, des impôts sur les successions, de la TVA (l’ISF coute 2 fois en TVA non perçue ce qu’il rapporte) pour le plus grand bonheur de la Belgique, de la Suisse…Et ils ne sont pas près de revenir en raison même de notre instabilité fiscale et des rêves de taxation démagogiques de nos politiques. Parait-il, qu’ils partent un peu moins (j’ai vu une stat de -15% sur 2007 mais ça demande à etre confirmé)

  6. argone said

    pour info :

    « Les exils fiscaux évoluent peu : 846 en 2006, 740 en 2007 et 800 en 2008. Quant aux retours, il y en a eu 246 en 2007 et 312 en 2008. Rien de significatif pour une mesure dont l’impact budgétaire total était, début février, de 585,5 millions. »

    http://www.lemonde.fr/politique/article/2010/04/07/francois-baroin-ne-convainc-pas-la-commission-des-finances_1329839_823448.html

  7. lolik said

    C’est sur que tant qu’il n’y aura pas de consensus sur l’ensemble du régime fiscal, ils ne sont pas près de revenir ! Revenir pour bénéficier de 2 années de bouclier fiscal, puis du tout, puis une nouvelle tranche d’IR, la sortie de la csg du bouclier…Bien trop d’instabilité a appris la méfiance…
    De tout cela, tout ce que je vois c’est que chaque année 800 nouvelles personnes fuient notre pays emportant avec elles leurs capitaux qui iront s’investir chez nos voisins. Le cout de 586 millions est ridicule par rapport à tout ce que nous perdons du fait de leur départ ce qui constitue un véritable appauvrissement du pays.

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