Echopolitique

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Pédagogie de l’autoentreprise

Posted by lolik11 sur 24 janvier, 2010

C’est Criticus qui revient sur son expérience d’autoentrepreneur et nous invite à partager nos retours d’expérience sur le sujet. Pour ma part, lorsque j’ai été entrepreneur ce statut n’existait pas encore ; je ne pourrai donc pas en parler d’expérience. En revanche, j’y vois un rôle très pédagogique, puisque la création d’entreprise ne s’est jamais si bien portée : en 2009, un peu plus de 580 000 entreprises ont été crées, chiffre en augmentation de 75% par rapport à 2008,  dont 320.000 auto entreprises. C’est dire que ce statut à décidé un peu plus de 245.000 personnes à franchir le pas. C’est autant de personnes qui auront une expérience de chef d’entreprise et qui pourront donc désormais participer en connaissance de cause aux débats et choix autour de l’entreprise.

Dans cette expérience, la pédagogie aura aussi irrigué l’administration qui aura dû, pour assurer le succès de ce statut, mettre en place des procédures simplifiées dont il est permis d’espérer que les autres entreprises bénéficieront. D’autant que les entrepreneurs qui devront rejoindre le droit commun ne goûteront que fort modestement le tombereau de charges et formalités qui vont alors les rattraper. Il est permis d’espérer qu’ils rejoindront ceux qui depuis des années, plaident en vain, en faveur de la suppression d’une bonne moitié des taxes, déclarations et imprimés divers.

Enfin, il aura été reconnu, (avec la preuve par 245 000 créations d’entreprises supplémentaires) et ce n’est pas rien, que la lourdeur des formalités administratives des entreprises est à elle seule, un frein puissant à leur création ; que les ponctions en tout genre découragent le travail lorsqu’elles ne laissent qu’une partie minime de bénéfice à celui qui le fournit. Si donc, l’autoentreprise pouvait permettre à l’administration et aux français de cesser de considérer les chefs d’entreprise comme du gibier à poursuivre et à éreinter, H.Novelli n’aurait pas perdu son temps. Car la France manque toujours d’entreprises ; à titre de comparaison, on compte 41 entreprises pour 1000 français, quand les suisses en alignent 69 ! Et la réconciliation d’un pays avec ses entreprises, ça n’a pas de prix, vu que ce sont les entreprises qui elles seules, produisent la richesse d’un pays et non le nombre de fonctionnaires  comme semble encore le penser, une bonne partie de la population dont justement ses 5 millions de fonctionnaires !

J’invite Ma liberté, Ed’s log, Sulfure et contre culture et Tatamis à nous faire part de leurs idées sur le sujet.

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8 Réponses to “Pédagogie de l’autoentreprise”

  1. Criticus said

    Et à qui transmets-tu la chaîne ? 😉

  2. Bonjour,
    Votre texte est très intéressant. Aussi, avez-vous entendu parler des Réussites de l’Auto-Entrepreneurs ?
    http://www.union-auto-entrepreneurs.com/premieranniversaire
    Ce sera une excellente occasion de tester les vertus pédagogiques dont vous parlez.
    A bientôt
    Cathy

  3. lolik11 said

    @ Criticus Voila, voila

    @ Cathy Merci du lien, je regarde ça

  4. Z.Z. said

    « à titre de comparaison, on compte 41 entreprises pour 1000 français, quand les suisses en alignent 69 »
    Je ne vois pas bien ce que ce chiffre veut dire, à part que les entreprises suisses sont plus petites que les entreprises françaises, ce qui doit correspondre à une orientation sectorielle différente.

    « ce sont les entreprises qui elles seules, produisent la richesse d’un pays et non le nombre de fonctionnaires »
    Vous pouvez dire que, pour la production d’un bien ou d’un service de même type, il est plus efficace d’avoir recours au secteur privé qu’au secteur public, mais dire que le secteur publique ne produit pas de richesse, c’est un peu court.
    La richesse, ce sont les biens et les services produits. A ce que je sache, un enseignant produit un service qu’on appelle enseignement ou éducation, un juge produit un service (rendre la justice), un militaire produit un service, un policier produit un service, etc.
    On peut débattre de l’efficacité relative du secteur public par rapport au secteur privé, dans la mesure où certains services qui sont en France produits par le public pourraient être fournis par le privé, mais affirmer que les fonctionnaires ne produisent pas de richesses, ce que j’entends souvent, c’est tout simplement faux.

    P.S.: je suis moi-même fonctionnaire, bien sûr.

  5. lolik11 said

    @ Z.Z.
    Il semble que nous ne nous comprenions pas sur le terme « richesses ». Bien sûr, que les services « justice », « police », « défense » sont des services produits qui ont de la valeur. Enfin auxquels on peut en attribuer une, car justement, il n’y a pas de marché pour ces biens et d’ailleurs en comptabilité nationale, ils sont évalués au coût de revient ! Le noeud de l’affaire est qu’ils sont financés par l’impôt, enfin les impôts, les taxes, les contributions…qui sont des prélèvements sur les revenus d’activité marchande.
    Si l’on pousse le bouchon, et que chacun d’entre nous renonce à toute activité marchande pour devenir policier, juge, enseignant ou militaire et qu’il ne reste donc plus une seule entreprise, je doute que la production de ces « richesses » permette de nourrir qui que ce soit en très peu de temps ! D’où mon raccourci « ce sont les entreprises qui elles seules, produisent la richesse d’un pays…. » qui ne s’applique que dans les pays à économie de marché (dans les pays socialistes, on a vu où ça menait !).Car évidemment, ces activités en propre ne génèrent aucune accumulation de capital, ni investissement par définition puisqu’elles sont payées par l’impôt à leur prix de revient.
    Ce n’est donc pas une question d’efficacité relative du public/privé qui est en cause mais plutôt le périmètre de l’activité marchande.

    Au sujet du nombre d’entreprises en Suisse vous avez raison, elles sont en moyenne de taille plus modestes. Mais comme ce sont justement les entreprises de petite taille qui fournissent le plus d’emplois, là bas comme ici, la croissance du nombre d’entreprises est aussi est un indicateur raccourci du potentiel du nombre d’emplois crées (pm en France, 2,3 millions nouveaux emplois sont créés dans les PME ses vingt dernières années sur un total de 2,8 millions, les grandes entreprises, elles, ayant plutot diminué leur nombre total d’emplois.

  6. Z.Z. said

    « Si l’on pousse le bouchon, et que chacun d’entre nous renonce à toute activité marchande pour devenir policier, juge, enseignant ou militaire et qu’il ne reste donc plus une seule entreprise, je doute que la production de ces « richesses » permette de nourrir qui que ce soit en très peu de temps ! »
    Mais si tout le monde renonçait à son activité pour devenir fabriquant de meubles, on mourrait de faim. Mais si tout le monde devenait agriculteur, il n’y aurait plus de médecins, ni de fabricants de meubles!

    Encore une fois, je ne remets pas en cause l’idée qu’on puisse considérer les entreprises publiques comme moins performantes que les entreprises privées pour des raisons d’incitations, mais la dichotomie privé ou on fabrique des richesses/ public ou on consomme ses richesses ne me parait pas pertinente pour comprendre et/ou essayer d’améliorer les choses.

    On pourrait faire une expérience de pensée et imaginer une société dans laquelle la production de biens de première nécessité (nourriture, médicaments, vêtements) serait entièrement publique et la production de tous les autres biens et services, y compris justice, éducation et sécurité, serait privée. Dans ce cas là, l’argument « tous ces parasites du privé feraient mieux de devenir fonctionnaires, car ce sont les fonctionnaires qui produisent les vraies richesses », vous êtes d’accord, ne tiendrait pas.

  7. lolik said

    Bonsoir Z.Z.

    Si tout le monde renonçait à son activité pour devenir…producteur de pétrole, (dans un pays où il y ait du pétrole, évidemment) tout le monde mangerait à sa faim et même au delà. Le Qatar et la Russie en sont de très bon exemple. Simplement ils situent leur activité principale dans la zone marchande.
    Dans votre expérience de pensée, très intéressante d’ailleurs, les biens de « première nécessité » seraient financés par l’impôt et leurs prix seraient donc le reflet de leurs coûts de production. C’est à dire qu’ils se situeraient hors marché et tout cas leurs prix ne seraient pas déterminés par le libre jeu de la rencontre de l’offre et de la demande.Vous rappelez vous, c’était encore le cas avant le 1er décembre 1986, dans notre pays.
    Que croyez-vous qu’il se passerait dans cette hypothèse ? Hors bénéfice, pas d’investissement ce qui signifie que les « biens de 1ere nécessité » ou tout autre d’ailleurs continueraient à être produit de la même façon pendant vingt ans (j’exagère ? regardez comment sont encore traités nos feuilles de soins à la Sécu ?, le même imprimé, la saisie etc…il a fallu l’invention de la carte à puce pour que la carte vitale et la télétransmission voient le jour et encore avec 20 ans de retard).
    Hors concurrence, pas de progrès ; je pense donc qu’en très peu de temps nos compatriotes préfèreraient acheter des produits importés, moins chers et plus à leur goût avec les revenus qu’ils tireraient de leurs métiers de juges, enseignants et policiers privés.
    Pour leur faire acheter les biens produits par la production « publique », il ne resterait que la contrainte (comme aujourd’hui pour l’enseignement,ou la retraite).
    En un mot, je ne vois pas comment, les entreprises publiques peuvent produire des richesses ! (Les fonctionnaires, eux, en tant que personnes, n’y sont pour rien sauf quand ils défendent une organisation et leurs emplois qui coutent les yeux de la tête aux contribuables.

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