Echopolitique

Ne pas faire de politique, c'est faire la politique de ceux qui nous imposent la leur.

Le retour des emplois jeunes ou les limites de l’ouverture aux modernes

Posted by echopolitique sur 29 octobre, 2009

Il n'est pas beau notre Haut commissaire aux solidarités actives contre la pauvreté et à la Jeunesse...Avec ses mesures dont tout le monde se fout dès qu'elles sont mises en place...L'important est ailleurs, l'important est de faire moderne, social, généreux, de goauuuuche...Allez Sarko, t'inquiètes tu seras tellement de gauche que seuls des électeurs de gauche voteront pour toi bientot (autant dire plus grand monde)

Il n'est pas beau notre Haut commissaire aux solidarités actives contre la pauvreté et à la Jeunesse...Avec ses mesures dont tout le monde se fout dès qu'elles sont mises en place...L'important est ailleurs, l'important est de faire moderne, social, généreux, de goauuuuche...Allez Sarko, tu seras tellement de gauche que seuls des électeurs de gauche voteront pour toi bientot (autant dire plus grand monde)

La nuit dernière, le Sénat a voté une proposition de loi sénatoriale du groupe RDSE (en service commandé pour M.Hirsch, c’est ti pas beau l’ouverture et la politique bipartisane) créant le service civique volontaire. Il s’agit pour toute personne de plus de 16 ans de nationalité française ou résidant en France depuis plus d’un an (on remarquera que de plus en plus la nationalité s’efface au profit du lieu de résidence et ce quelque soit le gouvernement) de s’engager pour «une mission d’intérêt général» au sein d’associations, fondations ou collectivités. Les volontaires bénéficieront d’une couverture sociale, de droits à la retraite, d’un accompagnement, d’une validation des acquis de l’expérience avec une attestation de fin de service ainsi que d’une indemnisation d’environ 600 euros mensuels qui ne sera accordée qu’aux moins de 25 ans.  Alors bien entendu les médias et les politiques nous vendent la petite soupe comme étant un grand pas en avant visant à promouvoir la cohésion sociale, la mixité sociale et la citoyenneté au sein de la jeunesse, que le service civique permettra d’intégrer également les jeunes des quartiers, que cela rétablira l’engagement citoyen d’une jeunesse qui n’attend que ça, de donner à son pays…

Mais ne soyons pas dupes car derrière les beaux discours, il faut voir ce qu’est le nouveau service civique obligatoire et si ce n’est le retour des emplois jeunes déguisés. Première preuve, le service civique volontaire remplace le service civil mis en place en 2006 pour répondre aux besoins d’action sociale dans les quartiers après les émeutes de 2005. Qui étaient déjà présentés comme des emplois jeunes bis. Heureusement que la très forte limitation du dispositif (les effets d’annonce ont des fois du bon) avaient réussi à contenir le retour des grands frères mais avec la nouvelle impulsion de M.Hirsch, on va avoir le bonheur de redécouvrir ces jeunes qui font tant pour leur quartier. D’ailleurs, autre confirmation : le gouvernement et les parlementaires parlent bien de 10 000 postes dans leur proposition de loi… et non pas de 10 000 volontaires. C’est à cause des implications budgétaires qui obligent les parlementaires à appeler un chat un chat et donc un emploi un emploi. Et donc les volontaires sont bien en poste…et quand on sait que cela peut durer de 6 à 24 mois, soit exactement les durées des CDD, comme par hasard…

Et enfin, il suffit de lire un peu entre les lignes. Quand le gouvernement et les parlementaires disent « une mission d’intérêt général au sein d’une ONG ou d’une administration publique ou d’une collectivité territoriale », il faut voir un peu plus loin que ce qu’on nous dit. Sur le terrain, le service civique volontaire sera, dans la grande majorité des cas, un jeune employé par une association ou une collectivité territoriale (mais financé par l’argent de l’Etat) pour des actions sociales dans les quartiers. Certains auront peut-être un vrai rôle social et un vrai bénéfice pour la communauté mais la plupart du temps, cela ne servira qu’à faire diminuer le taux de chômage dans les quartiers, faire un peu de clientélisme…quand ce ne sera pas pour acheter la paix sociale comme à la plus belle époque des années Jospin.

Encore une fois, les gadgets bien-pensants de M.Hirsch passent à côté des vrais sujets (le RSA au fait, a-t-il fait reculer spectaculairement la pauvreté comme on nous l’avait annoncé ?). Le problème des quartiers ne se résoudra pas à coup de service civique volontaire mais lorsque l’Ecole refera son travail de transmettre le savoir et rejouera son rôle de creuset de l’assimilation, lorsque la Police y fera respecter les lois et que les Juges se décideront enfin à l’appliquer, que les parents réapprendront à leurs enfants à respecter les règles communes, que la République y fera respecter ses valeurs, lorsque les habitants se rebelleront vraiment contre les dealers et feront le choix de l’assimilation à la société française plutôt que d’attendre tout de l’Etat et de parler de discrimination pour tout et rien. Quant au problème du creuset républicain favorisant la mixité, l’assimilation, la citoyenneté, le gouvernement devrait plutôt réfléchir à rétablir le service militaire obligatoire pour tous les jeunes français de 18 ans (c’était dur mais ça marchait au moins) et non pas mettre en place des gadgets bien-pensants qui n’auront aucun effet réel.

Mais il faut reconnaître qu’il y a quand même une différence par rapport aux emplois jeunes version Jospin : le coût. Alors que Jospin les payait au SMIC, ici M.Hirsch ne les payera que 600 euros par mois. C’est peut-être cela être un moderne. Sur le fond, cette affaire est très intéressante car elle montre les limites de l’ouverture et du phagocytage de la droite par la deuxième gauche après qu’elle ait tué la première. Et il arrivera le même sort à la droite qu’à la gauche. Elle perdra son électorat au profit d’un parti osant encore dire la vérité au peuple et lui parler de ses problèmes réels.

Car avec l’ouverture à cette seconde gauche, la seule différence désormais entre la droite et la gauche est le coût des politiques. La droite fait la même politique vouée à l’échec que la gauche mais elle le fait pour moins cher. Ça doit être ça les joies de l’ouverture  : on fait de l’assistanat mais low-cost. On n’ose se rappeler le candidat Sarkozy qui nous faisait des discours sur le retour de la politique, sur des choix de société qui doivent être faits, sur les différences entre la droite et la gauche. Quand Sarkozy comprendra-t-il que l’ouverture est la plus grande bêtise de son quinquennat dès lorsqu’elle n’est pas limitée aux hommes mais aussi aux idées ? Il croyait piéger le PS mais il est en train de se piéger lui-même et de perdre sa base électorale. C’est contre l’assistanat que son électorat a voté. C’est contre l’idée que l’Etat allait faire les efforts à la place des gens qu’il a voté. C’est pour une politique de droite fondée sur le travail, le mérite, sur l’effort qu’il a voté. Et surtout c’est contre cette gauche caviar, héritière des soixante-huitards qui peuple les ministères, les médias, les lieux de pouvoir et qui sont les seules prises de l’ouverture… Son élection s’est faite sur un retour des valeurs traditionnelles, d’une vraie politique de droite à l’ancienne, comme elle était faite sous De Gaulle…Mais N.Sarkozy est-il prêt à assumer une politique de droite ?

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2 Réponses to “Le retour des emplois jeunes ou les limites de l’ouverture aux modernes”

  1. René said

    Quand j’ai entendu la nouvelle, ce sont les Ateliers Nationaux qui me sont revenus en mémoire, plus encore que les emplois jeunes.
    Mais l’idée de base est la même : comme on se sait pas (que l’on n’ose pas) redynamiser une économie que l’on a asphyxiée durablement à coup de taxes et de charges, et comme les chômeurs sont aussi des électeurs qu’il faut ramener, si ce n’est conserver, dans son giron, alors on les paie pour les calmer.
    Mais ça ne durera pas plus qu’en 1848 : les mêmes causes produiront les mêmes effets, et quand ceux qui paient en auront vraiment assez de payer, il faudra bien tirer les conséquences d’une politique anti-économique et anti-sociale qu’ils ne cautionnent pas.
    Le problème, c’est que ce jour-là, le balancier n’ira sans doute pas du bon côté, et que le remède dans les urnes risquera bien d’être pire que le mal. Car si N. Sarkozy fait une politique de gauche, il le fait avec des méthodes de droite, c’est à dire à coûts plus ou moins maîtrisés (même si c’est plutôt moins que plus), alors que la gauche n’a que faire de la gestion budgétaire, encore bien moins que la droite. Elle l’a suffisamment prouvé dans le passé, mais les Français ont la mémoire courte, c’est bien connu…

  2. […] pays et il serait intelligent de commencer à s’en occuper au lieu de continuer à gaspiller l‘argent […]

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