Echopolitique

Ne pas faire de politique, c'est faire la politique de ceux qui nous imposent la leur.

Le mythe sarkozyen des prélèvements obligatoires constants

Posted by echopolitique sur 17 septembre, 2009

Créateur de taxes et d'impôts, un métier d'avenir en Sarkozie...

Créateur de taxes et d'impôts, un métier d'avenir en Sarkozie...

Nous connaissons tous la rengaine sarkozyenne « je n’ai pas été élu pour augmenter les prélèvements obligatoires » qu’il nous ressort chaque fois que les questions fiscales sont sur le tapis. Cependant, malgré le martèlement du message par le président et les différents ministres, les français commencent à se rendre compte que la réalité est bien différente.

Différente car depuis deux années, la création de taxes est une activité qui se porte bien en France ; et encore mieux depuis la rentrée. Le gouvernement est littéralement en train de faire les fonds de tiroir pour gratter des recettes permettant de limiter un tant soit peu les déficits abyssaux : réforme de la taxe professionnelle à la baisse, cotisations sur les retraites chapeau (très bonne mesure d’ailleurs), réforme du bonus retraite pour les mères de famille et les mères célibataires, augmentation du forfait hospitalier, jusqu’au rabotage du crédit d’impôt sur les intérêts d’emprunt (mesure du paquet fiscal voté en 2007 !), imposition des plus-values mobilières au 1er euro, des plus values immobilières au-delà des 15 ans de détention, réforme la taxe d’habitation, future taxe sur les antennes-relais et j’en passe et des meilleures…

E.Woerth, par ailleurs excellent ministre des Finances, semble mener une véritable Revue Générale des Prélèvements Obligatoires inversée où l’objectif n’est pas de débusquer les impôts stupides, ni de simplifier et encore moins d’alléger la fiscalité comme annoncé mais de dégotter tous les impôts et taxes imaginables qui pourraient être créés ou réactualisés à la hausse…tout en maintenant les apparences sarkozyennes de prélèvements obligatoires constants. Vous vous demandez comment le gouvernement arrive à faire ce magnifique tour de passe-passe ? Quel Madoff se cache derrière cela ?

C’est pourtant très simple si l’on regarde les instruments de mesure traditionnellement admis de la pression fiscale : le taux de Prélèvements Obligatoires (PO). Ce taux se calcule en divisant les PO par le PIB. En France le taux de PO était de 43,3% en 2007 (que l’Etat ponctionne 43,3% de la richesse produite est un véritable scandale mais c’est un autre débat). Lors des périodes de crise, les PO baissent beaucoup plus vite que le PIB et donc le taux de PO peut baisser sans réelles baisses d’impôts, juste par une baisse des recettes des impôts ce qui est bien différent. Dans la situation actuelle, cela s’explique tout particulièrement par la baisse des recettes de TVA consécutive à la baisse de la consommation et de celles de l’IS à cause de la chute des bénéfices des entreprises.

Donc pour prendre un exemple français, si le taux était de 43,3% en 2007 et 2008, avec une baisse du PIB de 3% en 2009, une baisse des recettes fiscales de 20% en 2009 (les recettes fiscales représentant environ un tiers des PO) soit 7% de baisse des PO, le taux de PO va passer à 41,5% sans baisse réelles d’impôts. J’entends par réelle, une baisse votée par le Parlement avec diminution des taux appliqués et donc diminution de ce que payent les contribuables et les entreprises en fin d’année à comportements et revenus constants. Comble de la magie fiscale, les 2 points gagnés ne vont pas, bien entendu, être laissés de côté mais vont permettre de créer de nouveaux impôts et taxes, tout en se drapant dans des habits de la défense du contribuable…Magnifique opération de passe-passe de comptabilité publique…

Les français se rendent bien compte que les impôts ne baissent pas mais les grands chiffres de l’INSEE ne le montreront que lorsque la croissance reviendra et les recettes fiscales avec…ce qui fera augmenter mécaniquement le taux de PO. Mais qui osera dire alors que la baisse des impôts devrait être prioritaire alors que le surplus de recettes permettra de combler les déficits que nous creusons actuellement ? En attendant, ce sont les français qui se font matraquer le porte-monnaie en période de crise. Le président Sarkozy est comme ses prédécesseurs un champion de la taxe et de l’impôt…

Publicités

3 Réponses to “Le mythe sarkozyen des prélèvements obligatoires constants”

  1. […] via Le mythe sarkozyen des prélèvements obligatoires constants « Echopolitique. […]

  2. René said

    Magnifique démonstration ! Bravo ! Combien de contribuables sont-ils capables de voir ce phénomène ? Merci pour eux.

    Autre chose : « Pas de hausse des impôts » signifie pour la plupart « Pas de hausse de mon impôt ». Erreur grave : on assiste à des « déplacements d’impôts », et pas toujours dans le bon sens.

    A quand une vraie justice fiscale dans ce pays ? A quand l’équité fiscale ? A quand l’honnêteté des pouvoirs publiques en matière fiscale (comme d’ailleurs en d’autres domaines) ?

  3. lolik said

    @René : Ca fait plaisir de te retrouver !
    Pour ce qui est des déplacements d’impôts, c’est sûr que ça va couiner et j’imagine même que ça va couiner assez fort…

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

 
%d blogueurs aiment cette page :