Echopolitique

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Zone Interdite : guet-apens pour ministre de l’Intérieur

Posted by echopolitique sur 4 septembre, 2009

Mais quand allez-vous comprendre que c'est de votre faute si les "jeunes" brulent vos voitures!!!

Mais quand allez-vous comprendre que c'est de votre faute si les "jeunes" brulent vos voitures!!!

Dimanche soir était le retour de Mélissa Theuriau à la tête de Zone Interdite après son congé maternité. Le thème de était la Côte d’Azur sous haute surveillance et elle recevait à cette occasion le ministre de l’Intérieur, Brice Hortefeux. Et quelle réception !!!

Après avoir diffusé pendant une heure de reportage embarquée avec les forces de l’ordre, avec les services de secours et une petite introduction gentillette sur des banalités sur la sécurité, voilà que la journaliste embraye en parlant seulement et uniquement des difficultés de la police, des « bavures », de faits divers où la police a été mise en cause. Divers petits reportages étayent l’interview avec toujours plus un parti pris contre la police. Quant aux questions posées au ministre, elles tournent vite, très vite, à l’accusation et à la récitation. Le ministre ne peut même plus répondre et est sommé d’avouer que la police est brutale, que le flashball est dangereux, que les policiers se couvrent entre eux lorsqu’il y a des actes répréhensibles, toujours en s’appuyant sur les petits reportages qui mis bout à bout dressent le portrait souhaité par la journaliste pour coller à son argumentation. On se demande comment B.Hortefeux est resté jusque-là sans se montrer un peu plus viril dans ses réponses.

Et après 10 minutes d’offensive de la journaliste contre la police, il y a eu un tournant dans l’interview. Un tournant quand elle arrive enfin à son objectif réel qui n’est pas que de dénoncer la police. Au détour de questions sur le lien rompu entre la police et la population des quartiers et principalement les jeunes, elle arrive enfin à dire que l’erreur originelle qui a mené à la situation explosive d’aujourd’hui a été faite en 2002 lorsqu’on a arrêté de faire jouer les policiers au foot avec les jeunes. En clair lorsque la police de proximité a été supprimé. Et qui a supprimé cette police de proximité en 2002 ? Suivez mon regard, vous avez tous compris… Et là, le ministre change complètement d’attitude et réagit enfin, comme s’il comprenait enfin que les intentions réelles de la journaliste n’étaient pas de faire une interview un peu poussée mais tout simplement de s’attaquer politiquement à la politique de sécurité et donc au président…

A la suite de cette échange un peu plus vif, nous avons encore le droit à un petit reportage montrant que la police se comporte mal avec les habitants des cités (d’ailleurs, qu’est-ce que c’est bien joué politiquement de choisir une blanche sans emploi dans une cité pour témoigner…) et plus généralement sur l’explication sociale des violences. Et de nouveau à une salve de questions-réponses-récitation faites par la journaliste sur l’abandon de l’Etat envers ces populations et ces territoires, sur les discriminations qui expliqueraient le chômage de ces populations, sur le manquer de services publics, sur  la difficulté d’être jeune d’origine immigré dans ce pays…

Cette interview est un tel symbole de l’aveuglement du parti des médias et de son idéologie qu’elle en devient grotesque avec le recul. La journaliste a tout simplement joué le rôle de porte-parole des « jeunes » de banlieues. Et plus largement, cela en dit long sur l’idéologie du parti des médias qui n’a pas évolué d’un pouce depuis 2002 sur la sécurité et sur les banlieues : culture de l’excuse, mise en cause de la police et de l’autorité, prédominance de la prévention sur la répression, explication sociale de la violence, théorie de la victime-coupable et du coupable-victime, mise en cause généralisée de la France,  volonté de repentance et de médiation à la limite de l‘apaisement…Rien n’a évolué depuis tant d’années alors même que le Messie tient un discours différent à communauté afro-américaine aux Etats-Unis…Si quelque chose a évolué : depuis 2002 et le 21 avril, le parti des médias avait mis quelque peu en veilleuse leur bien-pensance sur le sujet. Aujourd’hui, il n’hésite plus à ressortir les griffes et est reparti à l’attaque sur le sujet…

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5 Réponses to “Zone Interdite : guet-apens pour ministre de l’Intérieur”

  1. Criticus said

    prédominance de la prévention sur la répression

    Il ne faut pas tomber dans le piège de la dissociation de la prévention et de la répression. Car la répression est une prévention. « Qui vole un œuf, vole un bœuf », dit-on. C’est parce que l’on réprime le voleur d’œufs qu’on le dissuadera de voler des bœufs. La prévention n’est crédible – et donc efficace – que si elle est répressive. Comment peut-on dissuader quelqu’un de voler, si les démarches de prévention que l’on met en place ne s’appuient pas sur la menace de la répression?

  2. corto74 said

    En effet, le moins que l on puisse dire c’est que Melissa a su faire preuve d’un manque total d’objectivité et de professionnalisme ! C’est une tendance assez lourde dans les médias en ce moment. n’est-il pas?
    biz

  3. Au moment de la répression, on réclame de la prévention.
    Au moment de la prévention, on parle de paranoïa.

    On oublie que :

    1°/ la répression joue un rôle préventif, donc qu’il est faux d’opposer la prévention à la répression

    2°/ la prévention implique une prévision, donc une grande part d’incertitude, et ne se substitue donc pas à la répression

    3°/ la prévention stigmatise bien davantage que la répression, puisqu’il faut, pour prévenir un mal, s’entendre sur son origine

    4°/ ce qui vaut pour les guerres (préventives) vaut pour les politiques d’ordre public : la prévention divise l’opinion en deux camps, ceux qui la croient justifiée et ceux qui la croient injustifiée, donc injuste. Les partisans de la « prévention » n’acceptent qu’une forme de prévention et rejettent toutes les autres.

    La prévention n’est pas forcément plus intelligente que la répression, sous prétexte qu’elle agit « en amont ». Il est parfois – voire souvent – plus intelligent de dire : « tant que vous ne franchissez pas la limite, vous êtes libres de faire ce que vous voulez, mais si vous la franchissez, la police vous tombe dessus et ça ne fera pas débat ».

  4. lolik11 said

    Salut Criticus ! Oui, mais tout se passe comme si l’efficacité de la prévention n’était pas vraiment recherchée : on prône la prévention pour la prévention, en somme comme un maternage censé suppléer l’éducation déficiente et lorsqu’il s’agit du volet préventif de la répression, là tout le monde pousse de grands cris en réclamant davantage de prévention ! bref, bien peu sont prêts à admettre ce volet préventif de la répression et on en reste joyeusement à « foot toujours ».
    Bonjour Maxime : c’est vrai que la prévention stigmatise mais là, pour une fois, cette stigmatisation tant récusée, est très appréciée : tant par leurs bénéficiaires qui voient leurs budgets associatifs renfloués que par ceux qui en décident dont la cote d’amour monte dans les groupes « stigmatisés » par des subventions généreuses.
    Salut Corto : oui, mais là Melissa n’a pas fait dans la demi mesure ! Son interview, tient la corde pour le 1er prix au concours 2009 de l’it réquisitoire !

  5. Criticus said

    lorsqu’il s’agit du volet préventif de la répression, là tout le monde pousse de grands cris

    Comme lors de l’affaire Edvige, qui avait un caractère préventif puisqu’il surveillait les gens…

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