Echopolitique

Ne pas faire de politique, c'est faire la politique de ceux qui nous imposent la leur.

Sale été pour la Suisse

Posted by lolik11 sur 23 août, 2009

Au moins les journaux suisses ont bien compris le message

Au moins les journaux suisses ont bien compris le message

La Suisse est en train de passer un mauvais été 2009. En effet, après avoir été placé sur la liste grise par l’OCDE des paradis fiscaux non-coopératifs en matière d’échange d’information, à la suite du G20 de Londres, la Suisse a dû signer une douzaine de conventions de double imposition (CDI) afin de satisfaire aux demandes des grandes puissances en échange de la promesse d’être retirée de la liste grise. Alors bien sur, ces CDI ne vont transformer demain la Suisse en une France bénie oui-oui de la finance avec transparence financière et imposition élevée mais une brèche a été ouverte dans le sacro-saint principe du secret bancaire suisse. D’ailleurs, comme une confirmation, un accord a été passé, cet été, entre UBS et les autorités américaines afin que la banque suisse évite un procès et une amende en échange de la fin du secret bancaire, malgré les dénégations de la banque qui parle de …, pour près de 4450 contribuables américains. LA porte semble grande ouverte et le fisc américain ne s’arrêtera pas à UBS et surement que d’autres fisc lui emboiteront le pas…

Mais il n’y a pas que le pilier financier de la Confédération helvétique qui tremble. Un autre pilier, celui de la politique étrangère et cette fameuse neutralité, vacille également. En effet, le président suisse, Hans Rudolf Merz, a dû présenter avant-hier ses excuses à la Lybie : « J’exprime mes excuses au peuple libyen pour l’arrestation injuste de diplomates libyens par la police de Genève ». En fait de diplomates, il s’agissait du fils de Mouammar Kadhafi, Hannibal, et de sa femme, arrêtés le 15 juillet 2008 après avoir été accusés par leurs deux domestiques de les avoir tabassés et séquestrés lors d’un séjour à l’hôtel Président Wilson de Genève (ils avaient été libérés deux jours plus tard contre versement d’une caution). Hannibal n’en est pas à son coup d’essai [1] mais la Suisse semblait avoir adoptée une position courageuse, contrairement à d’autres pays, en voulant que le fils du dictateur libyen soit jugé et en le menaçant d’être arrêté s’il remettait les pieds en Suisse…

Position revue depuis et ce ne sont pas des excuses qui ont été faites par le président suisse mais une véritable capitulation. Et comble de l’humiliation, il l’a fait depuis le territoire lybien sans même rencontrer Khadafi père. Mais il faut dire aussi que depuis, les mesures de rétorsion se sont accumulées : garde à vue des responsables des bureaux en Libye de Nestlé et ABB, relâchés depuis mais toujours empêchés de quitter le territoire libyen, retrait des avoirs libyens des banques suisses (environ 5 milliards de dollars), chute des exportations suisses (70 petits millions contre 282 en 2008), interruption des livraisons de pétrole libyen (1er fournisseur de la Suisse) et interdiction de desservir Tripoli faite à la compagnie aérienne Swiss. Ca commençait à faire beaucoup ! La Suisse est donc passée en mode diplomatique espérant de ses efforts, le rapatriement de ses deux citoyens avant septembre. Rien de gagné d’avance…D’autant que la Suisse, elle, ne dispose pas d’un défilé sur les Champs Elysées ou du château de Versailles pour faire savoir au monde que Kadhafi, ses enfants, sa tente et son bonnet en poil de lapin sont des hôtes respectables. Et la Suisse n’a pas non plus réellement d’alliés capables de la soutenir face à un dictateur ne fonctionnant pas en mode rationnel, un dictateur capable de jouer avec les intérêts de son pays et de son peuple afin d’obtenir des excuses d’une Nation plus encline au compromis, voire la compromission, qu’au bellicisme…Mais en même temps, cette histoire n’est pas une si mauvaise piqure de rappel pour tous les pacifistes, tous les neutralistes : quand l’ennemi ne veut pas jouer selon les règles, seul la réalité des rapports de force compte…

[1] En septembre 2004, Il est arrêté pour rouler à contre-sens à 140km/h, en état de totale ébriété sur les Champs-Elysées ; ses gardes du corps provoquent une bagarre avec la police parisienne : un policier aura des vertèbres et des côtes cassées, et le visage gravement abîmé. Mais là encore, on ne porte pas plainte ; Hannibal est raccompagné à l’ambassade de Libye, d’où il est discrètement rapatrié. En 2007, Hannibal Kadhafi est impliqué dans un réseau de prostituées en Côte d’Azur mais l’affaire est stoppée.

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