Echopolitique

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Subventions aux agriculteurs : la France contre l’Europe

Posted by lolik11 sur 7 août, 2009

agriculteurs_en_colere_432La Commission demande aux agriculteurs de la filière fruits et légumes de rembourser 338 millions d’aides versées indument par l’Etat entre 1992 et 2002 aux producteurs français de fruits et légumes plus quelques 200 millions versés par les organisations professionnelles auxquels s’ajoutent des intérêts pour arriver à près de 700 millions d’euros. La Commission est-elle tombée sur la tête ? Réclamer 17 ans après les faits que les bénéficiaires desdites subventions remboursent à l’Etat, en pleine crise (en gros leur revenu a baissé de 20% en 2008) une somme qui suffirait à faire couler la moitié des entreprises…Le père Ubu ne renierait pas ces méthodes. Au nom de la sainte concurrence pure et parfaite, faire rembourser aujourd’hui, ne fera pas revivre les entreprises qui ont disparu ni ne rétablira pas une concurrence non-faussée sur le marché intérieur de l’époque mais à coup sûr entrainera à la faillite celles qui y seront astreintes. A moins que ce soit cela l’Europe, au nom d’un dogme être prêt à sacrifier les emplois actuels et les paysans français… et laisser les Etats membres gérer les situations explosives que l’absence de sens politique de la Commission engendrent car un paysan ce n’est un con(-)tribuable des classes moyennes, un paysan ça descend dans la rue, ça manifeste, ça n’a pas peur de bloquer des routes, d’affronter les gendarmes et de saccager des sous-préfectures… Et dire qu’on a voté il y a moins de 2 mois pour les députés européens en nous promettant que l’Europe s’était l’avenir de la France…

Et puis, quel aveu de technocratie échevelée ! C’est sur la plainte d’un producteur français, qui lui ne bénéficiait pas de ces subventions, déposée en juillet 2002, que Bruxelles a été informée de ces pratiques. Pas de plainte,  pas d’enquête…pas vu pas pris : en dix années, nos technocrates ne s’étaient aperçus de rien, ont donné de l’argent par million, notre argent sans en contrôler la bonne utilisation. Conclusion : l’Europe ne contrôle pas comment ses ressources (donc nos impôts) sont dépensées. Et en plus d’être incompétente, la Commission en est fière et ne recule devant rien en exigeant que ce soit les bénéficiaires qui remboursent ; combien de temps faudra-t-il pour identifier les milliers de bénéficiaires de subventions accordées il y a plus de 10 ans ? Doit-on déposer des plaintes pour chaque subvention versé afin d’être sur que l’Europe contrôle son budget ? On va bien rire quand dans 15 ans la Commission va se pencher sur les subventions accordées aux banques, elle va peut-être leur demander 500 milliards et demander à ce que la BCE soit fermée (ce qui serait une très bonne nouvelle  par ailleurs), vu tout ce qui a été injecté depuis 1 an dans le secteur bancaire…

Et bien malgré tout ça, la Commission se montre particulièrement habile dans ce dossier. Car en janvier 2010, on renégocie la PAC. Et là ce ne sont pas 500 ou 700 millions mais les 10 milliards de subventions européennes que touche la France qui sont en jeu. Et cette histoire de distorsion de concurrence ressortie du placard tombe à pic pour mettre la France en position de faiblesse dans les négociations ; elle est le premier bénéficiaire de la PAC et en plus, elle ne respecte pas le dogme de la concurrence libre et non faussée ! C’est l’Espagne et l’Italie qui vont être contentes ! Mais B.Le Maire lui non plus n’est pas né de la dernière pluie et plutôt que de se battre pour des queues de cerises, qui risquent de devoir être payées à prix d’or, il négocie avec la Commission des délais pour instruire le dossier, le montant des remboursements pour en exclure les 200 millions versés par les organisations professionnelles et en tout cas, joue la bonne foi pour faire admettre que dans cette affaire, l’abandon du recouvrement sera la seule solution réaliste (c’est l’Etat qui reversera les sommes au travers d’un ajustement sur les sommes à recevoir du budget européen). Pendant que les producteurs hurlent, il met en place un plan de soutien « eurocompatible » à la filière fruits et légumes victime de la baisse des prix, à base d’allègements de charges sociales et de prise en charge d’intérêts d’emprunts (à la louche 15 millions). En gros, une compensation pour les ennuis que vont subir les producteurs qui vont devoir manifester, bruler des pneus, faire des barrages, peut-être incendier des préfectures et même qui sait, tirer à la carabine [1], tout ça en plein mois d’août ! Jusqu’à ce que tout le monde admette, Commission comprise, que c’est bien à l’Etat et donc au contribuable de régler la note, car ce sont bien les gouvernements qui se sont succédés entre 1992 et 2002 qui ont, en toute connaissance de leur illégalité, versé ces subventions…Attitude certes malhonnête pour des gestionnaires du bien public mais qui n’est que le pendant des politiques de taux d’imposition ultra-bas pour les nouveaux entrants, politique financée par les subventions européennes détournées de leur objectif premier…

[1] En s’inspirant des actions de l’USTKE de Nouvelle Calédonie qui viennent de déboucher un sur accord avec Aircal qui acte l’absence de poursuite judiciaires et le paiement des jours de grève !

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