Echopolitique

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On comprend pourquoi l’Education Nationale ne veut pas de l’évaluation des élèves…sauf au Bac

Posted by echopolitique sur 7 juillet, 2009

Diplome du Bac en solde

Diplome du Bac en solde

Les évaluations voulues par Xavier Darcos commencent à produire leurs résultats. Après les élèves de CM2 en janvier [1], ce sont ceux de CE1 qui ont été évalués à la fin du mois de mai. Et les résultats de ces évaluations, comme ceux des premières, montrent que le niveau est en chute libre et qu’il atteint des niveaux catastrophiques. Imaginez qu’un quart des élèves de CE1 ont des difficultés en français et en mathématiques et que 10% se trouvent en grande difficulté.

On comprend désormais pourquoi les syndicats d’enseignants et plus largement toute la communauté enseignante s’opposaient fermement à ces évaluations. Moi non plus je n’aimerais pas qu’on évalue mon travail alors que je sais que les résultats sont catastrophiques et montrent une très visible dégradation. Dans ce cas, quoi de mieux que d’essayer de casser le thermomètre quand on ne veut pas voir que la température monte inexorablement ? Surtout si on a le pouvoir…

Mais ces évaluations révèlent, en plus de la chute libre dans le niveau, la faillite générale de l’Education Nationale et donc de l’idéologie antiélitiste, anti-autorité et on peut même dire, anti-savoir qui la gangrène depuis les années 70. Et encore plus largement, elle montre la faillite de la cogestion du ministère de la rue de Grenelle avec les syndicats depuis ces 40 dernières années basée sur l’idée que « toujours plus de moyens » permettrait d’avoir de meilleurs résultats.

Après de tels résultats dans les classes de CM2 et CE1, on serait curieux des résultats d’évaluation similaires qui seraient menées au collège ! Et encore plus curieux de voir comment se manifeste la progression fulgurante des élèves au lycée, puisqu’au Bac le taux de réussite s’accroit chaque année ! Comme si les élèves rattrapaient leur retard dans les années de lycée. Vaste plaisanterie…

En réalité, nous savons tous que si les programmes n’avaient pas été allégés régulièrement, que si le système de notation n’était pas revu en permanence afin de trouver des points à donner (exemple simple mais parlant si le raisonnement est bon en math mais le résultat faux, l’élève a la moitié des points…), que si les professeurs-correcteurs n’avaient pas des consignes officielles pour noter gentiment, que si les notes n’étaient réévaluées en commission en fonction du bulletin annuel (et de l’objectif ministériel) et que si les évaluateurs des rattrapages n’appliquaient pas le slogan de la Française des Jeux « une chance au grattage, une chance au tirage », le pourcentage de réussite au Bac serait beaucoup plus faible et retrouverait le niveau des années 60-70 avant la stupide politique de « 80% d’une classe d’âge au Bac ».

En clair si le Bac était encore le Bac c’est-à-dire un diplôme sanctionnant l’acquisition de connaissances réelles et nécessaires aux élèves pour poursuivre leurs études dans le secondaire, le taux de réussite serait bien plus proche des 30% que des 80% et cela résoudra un très grand nombre de problèmes de nos universités. D’ailleurs, le fait qu’on donne désormais une médaille au bachelier montre bien que le Bac est devenu une vaste foutaise et surtout que le diplôme ne vaut plus rien…sinon pourquoi donner autre chose que le diplôme ?

Le bac est devenu une foutaise telle que 50% des étudiants échouent en première année d’université, 30% en sortent sans diplôme, une majorité s’engage sur des voies de garage sans débouchés professionnels et je ne parle même pas de tous ceux qui ne montrent jamais leur nez à l’université sauf quand il y a une grève ou quand il faut remplir les papiers permettant de toucher les allocations étudiantes et avoir la sécu pour pas cher… En clair, si le Bac était un vrai diplôme, l’Université redeviendrait un lieu d’apprentissage et de découverte du Savoir…
[1] Selon une « note d’alerte » émanant des services statistiques du ministère de l’Education nationale, le niveau général des élèves en fin d’école primaire entre 1987 et 2007 est en « « chute libre » : sur une dictée de 85 mots, la proportion d’élèves faisant plus de 15 erreurs, qui était de 26 % en 1987, est passée à 46 % en 2007. Et c’est le ministère qui écrit : « On constate sur vingt ans, une baisse significative des performances des élèves dans les trois compétences qui font l’objet de cette enquête ».

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